DIFFICULTES RENCONTREES PAR LES OPERATEURS

Lundi 06.11.2017 : 10h40

LES DIFFICULTES RENCONTREES PAR LES OPERATEURS ECONOMIQUES DU SECTEUR FORMEL DE LA RCA BLOQUANT LEUR EMERGENCE

Les difficultés rencontrées par les opérateurs économiques du secteur formel de la RCA bloquant leur émergence sont de plusieurs ordres. D’une manière générale, l’on peut noter que le problème de la prédominance du secteur informel qui représente au moins 70 % de la masse échappe quasi-totalement à l’administration fiscale et pousse celle-ci à accentuer la pression fiscale sur les entreprises du secteur formel qui représentent difficilement 30 % de la masse (documents du séminaire de renforcement des capacités des opérateurs économiques nationaux d’octobre 2017). Il faille ajouter à cela, l’inadéquation du cadre institutionnel qui complique l’exercice aisée de cette profession économique. Et d’une manière spécifique, l’on peut noter :

Les difficultés liées au cadre institutionnel de la RCA en matière de promotion du secteur privé

En effet, la non opérationnalité du CAPMEA, du Centre Agréé de Gestion (CAG) et du Code du Commerce d’une part, et l’absence d’un code spécifique aux PME/PMI d’autre part, compliquent beaucoup la tâche des opérateurs économiques centrafricains qui sont obligés d’œuvrer dans un environnement des affaires quasi-malsain. Ceci a comme conséquence directe le découragement de l’initiative privée, principal levier de la croissance économique d’un pays. Cependant, on note depuis quelques temps, une volonté politique manifeste pour solutionner ce problème. Volonté qui se matérialise à travers la mise en place progressive du CAPMEA, du CAG, du Code du Commerce ainsi que le Code des PME/PMI. Mais cette volonté politique doit être doublée davantage afin de rendre opérationnel d’ici peu, tous les outils de galvanisation du cadre institutionnel, ceci afin de permettre aux opérateurs économiques de jouer pleinement le rôle qui leur est dévolu pour le relèvement et le développement économiques de notre pays, au sortir de cette profonde crise.

Les difficultés liées à la pression fiscale

La politique actuelle de l’Etat ne permet pas de freiner le développement du secteur informel qui constitue un véritable « cancer » pour les finances publiques ainsi que de la trésorerie publique. Il faut noter que plus de 70 % de la richesse nouvellement créée échappe au circuit économique du fait qu’elle se trouve dans le secteur informel. Ainsi donc, l’Etat éprouve de sérieuses difficultés pour focaliser cette valeur ajoutée, et se retrouve naturellement en difficulté pour mobiliser des ressources suffisantes afin de faire face à ses charges régaliennes. Face à cette situation, n’ayant d’autres moyens pour couvrir le GAP, l’Etat se voit obligé d’exercer la pression fiscale sur les opérateurs économiques du secteur formel qui, à leur tour pour survivre, sont obligés de fonctionner partiellement « au noir », ce qu’on appelle « l’économie souterraine », car « trop d’impôts tuent l’impôt », selon l’économiste contemporain Laffer. Pour résorber à ce problème, l’Etat doit avoir de concert avec le secteur privé, une bonne politique de lutte contre le développement du secteur informel. Ceci afin d’inverser l’actuelle tendance (30 % formel et 70 % informel) qui est très défavorable, ainsi qu’aux opérateurs économiques du secteur formel.

Le problème d’indemnisation des opérateurs économiques de la RCA sinistrés

Depuis plusieurs décennies, notre pays est en proie à des crises militaro-politiques récurrentes. Ces crises, par leurs violences, ont altéré considérablement le tissu économique national. Ceci par la destruction quasi-totale des outils de production des opérateurs économiques du pays, qui a poussé plusieurs d’entre eux à la faillite, à défaut de soutien financier de l’Etat. Une telle situation a entraîné beaucoup de pertes d’emplois avec comme corollaire, l’augmentation du taux de chômage, ainsi qu’une crise sociale non négligeable. Elle a aussi eu des incidences négatives sur la croissance et le développement de la RCA, surtout ces cinq (05) dernières années. C’est pour cela que nous recommandons que l’Etat puisse imaginer la mise en œuvre rapide d’un « Plan National » à la Centrafricaine, plan prévoyant entre autres, l’indemnisation totale des opérateurs économiques sinistrés et la subvention sur cinq (05) ans (le moyen terme) à l’ensemble des opérateurs économiques, surtout ceux qui exercent dans les secteurs jugés et retenus comme prioritaires par le gouvernement.

L’accès difficile aux financements et aux marchés

En dehors des difficultés d’ordre institutionnel, fiscal et conjoncturel, il faut souligner l’épineux problème de financements et d’accès aux marchés nationaux. En effet, nos opérateurs économiques ne peuvent pas promouvoir le développement de leurs activités à cause des difficultés qu’ils éprouvent et endurent pour accéder aux crédits bancaires dans notre pays. Ceci pour la simple raison qu’ils n’arrivent pas souvent à remplir les conditions jugées « très draconiennes » des banques commerciales de la place, qui hésitent à prendre suffisamment de risques dans l’exercice de leurs fonctions, prétextant que la RCA est un pays toujours en crise. Ajouté à cela, le problème d’accès aux marchés et appels d’offres nationaux, car souvent le ministre de l’Economie et celui des Finances ne prennent pas en compte l’aspect post-conflit et fragile de notre pays. Ceci lors des négociations de financements des différents projets concernés.

Eu égard à tout ce qui précède, nous souhaitons plus l’implication de la part de l’autorité financière de la RCA, incarnée par le ministre des Finances et du Budget, de tout mettre en œuvre des mécanismes pour contraindre le système bancaire en RCA à prendre plus de risques afin d’accorder plus de crédits aux opérateurs économiques centrafricains du secteur formel et favoriser de ce fait, un refinancement effectif de notre économie pendant cette période de fragilité et de relèvement. Car, sans la « promotion effective du secteur privé », il ne peut y avoir le décollage socio-économique, industriel et humain durable en RCA.

 

Le Petit YEKOA

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