DEPECHE RJDH-RADIOS COMMUNAUTAIRES : 26.04.2017

DEPECHE RJDH-RADIOS COMMUNAUTAIRES

UN FRONT ANTI-AMNISTIE PREND FORME DANS LE PAYS

 

L’idée d’amnistie défendue par l’Union Africaine en Centrafrique, est combattue par la quasi-totalité des forces vives de la nation. Un bloc s’est naturellement créé contre cette idée.

L’amnistie, selon une source à la représentation de l’Union Africaine en Centrafrique, fait partie des recommandations du sommet de la CEEAC tenu à Libreville le 30 novembre 2016. Le communiqué final dudit sommet consulté par le RJDH, n’a cependant pas explicitement évoqué la question d’amnistie. Le document parle « d’accord de paix avec les groupes armés ».

La représentation de l’Union Africaine en Centrafrique, mène depuis quelques semaines des consultations pour, comme nous a confié un leader religieux, « préparer l’esprit des forces vives de la nation à l’idée d’amnistie ».

De nombreuses organisations de la société civile, des formations politiques se sont d’ores et déjà liguées contre cette idée. Mathias Morouba, coordonnateur national adjoint du Réseau des ONG de défense des Droits de l’Homme, qualifie l’idée de projet funeste. « C’est avec indignation que le réseau des ONG de promotion et de défense des Droits de l’Homme a appris, le projet funeste et macabre de l’Union Africaine d’inciter le gouvernement centrafricain à faire adopter une loi d’amnistie », dénonçait cet avocat.

L’archevêque de Bangui, le cardinal Dieudonné Nzapalainga souhaite que les responsables des crimes commis ces dernières années répondent de leurs actes. Pour le prélat, « l’amnistie ne résoudra pas le problème, bien au contraire », a-t-il déclaré au micro de nos confrères de Ndeke Luka.

De sources concordantes, des contacts sont pris au niveau de la société civile et des politiques pour faire bloc contre l’amnistie. « Nous savons que certaines organisations poussent cette idée mais à l’heure où je vous parle, nous avons mis les batteries en marche pour qu’une synergie se dégage contre cette idée malsaine que le peuple centrafricain a rejetée lors des consultations populaires à la base et le forum de Bangui », confie un leader de la société civile.

Un front anti-amnistie est entrain de prendre forme en Centrafrique. Des actions pourraient être organisées dans les jours à venir pour dénoncer l’amnistie, selon des sources proches des organisations de la société civile contactées par le RJDH.

Mais ce front devrait faire face à l’habileté de la communauté internationale qui, dans la plupart des cas, obtient toujours en Centrafrique ce qu’elle veut. Le président Faustin Archange Touadéra s’est toujours dit opposé à l’impunité. Mais là, il s’agit encore des déclarations publiques et des positions officielles qui, en politique, ne reflètent pas toujours la position réelle des officiels.

Le président tchadien, Idriss Déby, lors d’une visite d’Etat en France, s’était montré favorable à l’idée d’amnistie en  Centrafrique, idée qui selon lui « favoriserait la réconciliation entre les frères centrafricains ». Vu le poids qu’a ce chef d’Etat dans le circuit diplomatique africain, voire mondial, on ne peut penser qu’à un combat rude entre la frange de la communauté internationale qui se propose de porter cette idée et les organisations nationales qui s’y opposent.

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LA SOCIETE CENTRAFRIQUE CARTES SYSTEME SIGNE UNE CONVENTION AVEC LE CNJ

 

Le Directeur Général de la société Centrafrique Cartes Système, Dominique Yandocka et le président du Conseil National de la Jeunesse, Huguet Francis Mongombe, ont signé une convention ce matin à Bangui. Le document prévoit une subvention de la société au CNJ.

La signature de cette convention intervient dans un contexte où l’octroi du marché de délivrance des pièces d’identité à la société Centrafrique Cartes Système continue d’alimenter des polémiques au plus haut niveau de l’Etat. Selon les termes de la convention signée entre les deux parties, le CNJ-CA bénéficiera de 200 Fcfa sur le bénéfice que la société Centrafrique Cartes Système fera sur chaque permis de conduire délivré. En Centrafrique, un permis de conduire coûte 40.000 Fcfa. Difficile de savoir combien doit gagner la société sur chaque permis de conduire délivré.

Dominique Yandocka, Directeur général de la société Centrafricaine Cartes Système, justifie son aide par la volonté de son groupe de soutenir les actions citoyennes. « J’ai décidé de financer les programmes d’action citoyens dans le cadre d’appui à la jeunesse, par une allocation et une alimentation à la source, c’est-à-dire un prélèvement direct sur les bénéfices réalisés sur les permis de conduire sécurisés, d’un montant de 200 FCFA. C’est un geste symbolique mais politiquement significatif et porteur d’espoir», a-t-il précisé.

Le CNJ devra ouvrir un compte dans une banque de la place pour pouvoir recevoir cet argent qui sera utilisé pour monter un projet en faveur de la jeunesse.

Le président du Conseil National de la jeunesse Huguet Francis Mongombe, saluant cette convention, invite les autres partenaires et le gouvernement de matérialiser leurs discours. Il a engagé la structure à bien gérer les fonds. « C’est maintenant à nous de nous organiser pour bien gérer cet appui », a-t-il lâché.

Selon les statistiques établies par l’Agence Centrafricaine de Formation Professionnelle et de l’Emploi (ACFPE), le taux de chômage en milieu jeune est d’environ 82% et 73% de jeunes sont affiliés à l’ACFPE comme demandeurs d’emplois.

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DES COMBATTANTS DU FPRC DESIGNES RESPONSABLES DES SITES MINIERS DANS LE SUD-EST DU PAYS

 

Le haut commandement du FPRC a désigné certains de ses cadres militaires, responsables des sites miniers qu’il a conquis ces derniers jours dans le Sud-est. Ces derniers ont été présentés ce 24 avril à la population de Nzacko.

Ces nominations, selon les informations RJDH, ne concernent pas seulement le secteur minier. Une source locale contactée parle de la nomination des chefs de la police, de la gendarmerie, des douanes et des mines. Le FPRC prend le contrôle de tous ces secteurs dans le Sud-est de la République Centrafricaine, après avoir chassé les éléments de l’UPC qui étaient entre temps maitres des lieux.

Les combattants du FPRC nommés, ont pris fonction après avoir été présenté aux autorités municipales et la population réunies.  Les autorités locales contactées n’ont pas souhaité se prononcer sur cette question par peur pour leur vie. « Ce sont eux qui contrôlent tout ici. Nous devons faire avec comme cela était le cas avec l’UPC », confie un notable sous l’anonymat.

Azor Khalit, sous-chef d’état-major du FPRC, contacté par le RJDH trouve normal la nomination de ces combattants. Pour lui, ce dispositif va leur permettre de subvenir aux besoins du mouvement. « Nous avons chassé ceux qui maltraitaient la population. Mieux vaut mettre un système en place pour nous permettre de subvenir à nos besoins et de veiller aussi sur la population », confie-t-il.

Selon une source au ministère des finances, le contrôle des sites miniers et des douanes par les groupes armés fait perdre à l’Etat des centaines de millions de Fcfa par mois. Depuis 2013, les zones minières du nord, du centre et du Sud-est sont sous contrôle des groupes armés qui, dans ces zones lèvent aussi l’impôt et perçoivent les droits de douane.

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LA SOCIETE FORESTIERE VICA REHABILITE 30 KM DE ROUTE SUR L’AXE BANIA-BERBERATI

 

30km de route sur l’axe Berberati-Bania à l’Ouest du pays ont été réhabilités par la société forestière VICA. Le respect d’une des dispositions de son cahier de charge pour lequel Monsieur Sanzé, président de la délégation spéciale de la commune de Basse-Batouri, se félicite.

Après 15 ans d’activité d’exploitation forestière, la société VICA s’est engagée à réhabiliter les routes. C’est dans ce contexte que 30 km de route ont été réhabilités sur l’axe Berberati-Bania dans la commune de Basse-Batouri. Cette initiative intervient alors que la dégradation des routes à l’intérieur du pays est décriée par la population.

Le conseil local de la Jeunesse de Mambéré-Kadeï se félicite aussi de l’action et appelle d’autres entreprises à faire de même. « Il est important que les entreprises forestières et minières fassent autant pour la beauté de la préfecture. C’est dans leur cahier de charge », a souhaité Bruno Mapouka.

Les routes sur l’axe Binawao-Sosso-Nakombo et Binawao–Gamboula ont été réhabilitées par Timberland, une autre société forestière de la localité. La réhabilitation des routes et la construction des écoles sont inscrites dans les cahiers de charge des entreprises.

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PLUSIEURS PERSONNES DECEDEES DU CHARLATANISME « ANAKONDA » A DEDE MOKOUBA

 

Environ 20 personnes sont mortes à Dédé Mokouba à l’Ouest, dans la Mambéré-Kadeï, à cause d’Anakonda, une pratique du charlatanisme qui mobilise une partie de la population locale. Situation qui inquiète les autorités administratives et locales et pousse à l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Plusieurs personnes sont victimes de la pratique dénommée Anakonda qui consiste à jeter des billets de banque par terre et ceux qui en trouvent meurent après l’utilisation.

Beaucoup de jeunes de la localité se sont versés dans la pratique que dénoncent les autorités ainsi que les fonctionnaires affectés dans la région. Valentine Gandi, vice-présidente de la délégation spéciale de la commune de Dédé Mokouba, déplore cette situation.

Certains habitants de Dédé Mokouba se disent préoccupés devant la montée de cette pratique. « Les magiciens jettent partout dans la ville des billets de banque et des pièces d’argent. Une fois ramassés, les bénéficiaires finissent par mourir. Les fonctionnaires de l’Etat affectés ici craignent beaucoup pour leur famille », a témoigné Désiré Mondja, un habitant de la localité.

Selon les sources judiciaires, une enquête est ouverte pour déceler les causes et arrêter les pratiquants d’Anakonda. « Nous sommes saisis des plaintes de la population par rapport à ce phénomène et nous sommes dessus. Le moment venu, nous reviendrons vers vous », a indiqué une source policière.

La commune de Dédé Mokouba est dans la Mambéré-Kadeï, zone minière où ces pratiques sont monnaie courante.

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LA MINISTRE DES AFFAIRES SOCIALES JUSTIFIE SON INTERVENTION LORS DU CONGRES ANNULE DE L’OFCA

 

Les femmes centrafricaines réunies la semaine dernière pour le congrès de l’OFCA, n’ont pas pu tenir ce rendez-vous. Le gouvernement a fait annuler ledit congrès. Ingérence ou non ? La ministre des Affaires Sociales justifie ce que certaines femmes qualifient d’ingérence. Virginie Baïkoua parle d’intervention qui entre dans les prérogatives de son département.

 

RJDH : Virginie Baïkoua bonjour !

Virginie Baikoua (VB) : bonjour !

 

RJDH : En annulant le congrès de l’OFCA qui est une structure indépendante, n’est-ce pas que vous avez fait de l’ingérence ?

VB : Le ministère n’a pas fait de l’ingérence dans le cas que vous êtes entrain de citer. D’abord, l’OFCA est une structure sous tutelle du ministère des Affaires Sociales. Quand il y a un problème, ces femmes viennent vers nous pour les aider à l’arranger. Ensuite, il y avait un bureau qui a été mis en place, dirigé par Mme Koffio qui, en partant à l’exil, a confié l’OFCA à Mme Service qui ne faisait pas partie du bureau officiellement élu. C’est depuis 2013 que ce problème perdure. Quand on a vu que la gestion devenait compliquée, les détournements des fonds, l’utilisation des locaux à d’autres fins, nous avons pris notre responsabilité. Le ministère ne s’ingère pas, nous allons juste retravailler les textes pour libérer l’OFCA afin d’amener les femmes à l’autonomisation. C’est un travail responsable sans calcul politique derrière.

 

RJDH : A quand alors le nouveau congrès de l’OFCA ?

VB : Le bureau préparatoire a suspendu ses travaux suite à la perturbation de ces derniers temps. Mais dès la semaine prochaine, les femmes vont se réunir pour reprendre les travaux. Très rapidement, nous allons revenir vers vous pour  la prochaine date du congrès.

 

RJDH : Le gouvernement a-t-il conscience  des difficultés que les femmes de l’intérieur du pays ont aujourd’hui pour rentrer ?

VB : Beaucoup sont venues vers nous et nous les avons aidées à rentrer. Mais nous ne savons pas exactement combien de femmes sont à Bangui et en difficulté. Donc, nous traitons ce dossier et c’est au cas par cas que nous essayons d’apporter une réponse. Le souci du gouvernement est de mettre les femmes au cœur de la reconstruction et nous ne pouvons pas les laisser souffrir.

 

RJDH : Combien de femmes avez-vous déjà soutenues ?

VB : Les femmes de la Lobaye, de la Mambéré-kadéi, de l’Ouaham-Péndé et autres ont eu un appui. Maintenant elles appellent leurs députés et ministres résidents pour pouvoir les aider à rentrer.

 

RJDH : Malgré votre intervention, il y a toujours deux tendances au niveau de l’OFCA.

VB : Il n’y a pas de tendance aujourd’hui. Il y a un comité préparatoire dont fait partie Mme Service. Quand il y aura le congrès organisé par ce comité, toutes les femmes de toutes les couches sociales seront là.

 

RJDH : A voir de près, il y a un certain doute sur l’avenir de l’OFCA.

VB : Je dis à mes sœurs de ne pas perdre confiance. Le gouvernement a une vision qui est de mettre les femmes au cœur de la reconstruction nationale. Nous avons besoin d’organiser les femmes, les appuyer pour les amener à l’autonomisation. Nous avons besoin des ONG féminines très efficaces et fiables pour arriver à un résultat rapide et meilleur. Qu’elles fassent confiance au comité préparatoire qui est à pied d’œuvre pour redonner à l’OFCA une deuxième chance de redynamiser ses activités. Mais je puis vous dire que le doute n’est pas permis.

 

RJDH : Virginie Baikoua, merci !

VB : je vous remercie.

 

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