DEPECHE RJDH-RADIOS COMMUNAUTAIRES : 25.04.2017

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DEPECHE RJDH-RADIOS COMMUNAUTAIRES

L’ELECTION FRANÇAISE ET NOUS ?

A l’instar de l’élection américaine, le regard de beaucoup d’africains, surtout les francophones est orienté sur le premier tour de l’élection française qui se déroulera ce 23 avril 2017. La République Centrafricaine dont la France est un partenaire de premier plan est aussi préoccupée par ce suffrage. Quels sont donc, les enjeux de cette élection pour ce pays plongé dans une crise politico–militaire qui a d’énormes incidences sur la vie socioéconomique de sa population et pour laquelle la France a joué un rôle très important ?

Dans une République Centrafricaine confrontée à une crise politico–militaire qui dure depuis quatre ans, les promesses des candidats à l’élection sont sculptées. Car pour relever les nombreux défis de l’insécurité, du relèvement socioéconomique, le Centrafrique a besoin de soutiens de ses partenaires, en particulier la France.

Depuis 2013, Les Forces Armées Centrafricaines (FACA) sont sous embargo du Conseil de Sécurité des Nations Unies, dont est membre la France. Après les élections présidentielle et législatives, et le retour à l’ordre constitutionnel, l’espoir était grand pour la levée de ce blocus, mais grande est la déception. Le 31 octobre 2016, l’Opération française Sangaris a pris fin, mais des combats fratricides font rage au Centre et à l’Est du pays entre les ex Séléka et l’embargo sur les armes est toujours maintenu. Ce regain de violence démontre à suffisance aux yeux de nombreux centrafricains que l’embargo n’a pas impacté la capacité d’approvisionnement des groupes armés, alors que seule la force légale est privée de ses moyens au détriment des rebelles.

Face à cette décision qu’ils qualifient d’« injuste », les Centrafricains attendent du futur locataire de l’Elysée qu’il change de stratégie dans la gestion de cette crise, en demandant au Conseil de Sécurité de l’ONU dont elle est membre, de lever ce blocus et d’accélérer le rythme de formation des FACA assurée par l’EUTM.

Pour les questions de Droits de l’Homme, des soldats français de l’Opération Sangaris ont été accusés de violer des mineurs centrafricains. Le Président Hollande a promis punir les auteurs si les faits sont avérés. Le parquet de Paris saisi par le ministère de la Défense a jugé, mardi 21 mars, que les « témoignages ne permettent pas d’établir des faits ». Bangui souhaite que les auteurs supposés soient jugés à l’instar du soldat de l’Opération Barkhane au Sahel accusé d’attouchement sur des enfants au Burkina Faso.

Lourd passif colonial. Le Centrafrique finira avec la Françafrique ?

« Le Centrafrique a longtemps été le cœur de la « Françafrique », a écrit tempsreel.nouvelobs.com. Depuis son indépendance, la France est intervenue militairement sept (07) fois en Centrafrique. Ses interventions surtout en République Centrafricaine ont un objectif stratégique. Le peuple déplore que depuis plus de 50 ans, c’est toujours la même recette de la Françafrique, seules les méthodes changent, a regretté le-blog-sam-la-touch.over-blog.com : « En réalité, de Bokassa à Djotodia, en passant par Bozizé, la France a assuré sa domination sur la Centrafrique en y installant et soutenant une kyrielle de dictateurs corrompus … quitte à les jeter quand la coupe était trop pleine ».

Tournerons-nous la page de la Françafrique qui a tant fait mal à la RCA et à l’Afrique ? Chaque candidat a promis de rompre avec cette politique s’il serait élu : « c’est du déjà entendu », dis-je. Le realpolitik a toujours primé sur les promesses de campagne.

Sur le nouveau partenariat France-Afrique, Brice Ekomo, un entrepreneur numérique centrafricain note que le mot « francophonie » résume bel et bien la nouvelle étape de la dynamique de partenariat. Pour lui, il appartient « aux africains de mieux négocier ce nouveau partenariat en gardant en tête que la France est un pays et l’Afrique un continent ». Brice Ekomo, il s’agit de « renforcer l’accès à la formation professionnelle et impulser une nouvelle dynamique économique en organisant des salons dédiés au secteur informel pour segmenter les acquis et optimiser l’encadrement professionnel vers la légalité ».

L’autre enjeu de cette élection française est le Franc des Colonies Francophones d’Afrique (CFA) qui anime l’actualité entre la France et ses anciennes colonies. Les candidats à la Présidence de la France abordent cette préoccupation africaine en fonction de leur positionnement idéologique. Un dossier déjà sur le bureau du futur locataire de l’Elysée et sera au centre de préoccupations des leaders d’opinion africains qui ont le soutien des Présidents tchadien  Deby et Kaboré du Burkina Faso.

Quel que soit, le vainqueur de cette consultation électorale, le nouveau Président défendra les intérêts de la France, car c’est un impératif pour les multinationales jalouses du marché africain. A la République Centrafricaine et aux africains de s’imposer afin de tirer leurs dividendes dans ce partenariat qui se veut gagnant-gagnant.

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LES USA RETABLISSENT LA CENTRAFRIQUE PARMI LES PAYS ELIGIBLES « AGOA » APRES 13 ANS D’EXCLUSION

Après 13 ans de suspension, la République Centrafricaine fait désormais partie des pays éligibles de l’AGOA, une loi américaine qui offre des incitations tangibles aux pays africains d’entrer sur le marché américain, exemptés des taxes douanières. La notification est faite au président de la République Faustin Archange Touadera ce 20 avril à la résidence de l’Ambassadeur des USA à Bangui.

La relance  économique est l’une des priorités de Faustin Archange Touadera consigné dans le discours programme du premier ministre Mathieu Simplice Sarandji, présenté devant l’Assemblée nationale. Le rétablissement de la RCA intervient dans un contexte de croissance économique de 5% selon les prévisions du FMI. Matthew Cassetta, Chargé d’affaires de l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique s’est félicité des avancées importantes réalisées par le Gouvernement centrafricains,  pour rétablir l’Etat des droits, redynamiser les institutions, protéger les citoyens et créer les conditions dans lesquelles la croissance économique profite au développement, a conduit les USA à restaurer la RCA parmi les pays AGOA.

Le rétablissement de la RCA comme bénéficiaire de l’AGOA, « African Growth and Opportunity Act » en français, la Loi sur la croissance et les opportunités en Afrique, permettra aux opérateurs économiques d’accéder au marché américain « s’ils suivent les principes de l’économie libérale », a indiqué le chargé d’affaires.

L’éligibilité à l’AGOA est basée sur les critères statutaires établis par le Congrès américain qui exigent, entre autres, que les pays établissent ou progressent constamment vers la pluralité politique, l’Etat de droit,  l’économie de marché, la suppression des barrières au commerce et aux investissements américains, la protection des droits des travailleurs internationalement reconnus, un mécanisme de lutte contre la corruption et la lutte contre les pires formes de travail des enfants, sont les principes fondamentaux de l’AGOA.

Faustin Archange Touadera saisit cette opportunité et appelle les opérateurs économiques de son pays d’en profiter « Je fais confiance au génie des centrafricains de pouvoir faire en sorte que nous puissions nous attaquer à ce marché-là », a lancé Touadera aux journalistes. Il considère ce geste comme un plus pour oxygéner le commerce centrafricain. « C’est un signal fort qui est lancé au secteur privé, à nos opérateurs économiques pour aller conquérir le marché américain », a-t-il ajouté.

Le marché américain représente plus de 300 millions des consommateurs. Cette réintégration est intervenue après l’adoption du Code de Commerce par les élus de la nation. Une liste de 7000 produits manufacturés africains dont les produits centrafricains sont exemptés de droit de douane.

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LES VOLS FREQUENTS DES ENGINS AU PARKING DE LA MAIRIE DE BANGUI

Plusieurs cas de vols ont été enregistrés au parking de la municipalité de Bangui. Le dernier incident a eu lieu le 15 Avril dernier lors d’une cérémonie de mariage où une moto appartenant au Réseau des Journalistes des Droits de l’Homme, a été emportée par les malfrats.

L’anarchie municipale devient de plus en plus inquiétante avec l’incapacité de la mairie d’assurer la protection de son local. Pour preuve, le parking de l’hôtel de ville de Bangui est devenu depuis quelques temps un marché des engins pour les malfrats.

Quelques victimes ont témoigné la perte de leurs engins. « Nous étions à la mairie le weekend dernier pour le mariage d’un collaborateur. La moto était au parking de la mairie. C’est là que la personne qu’on ne connait pas, est venue l’emporter. Le constat a été fait à notre sortie »,  a expliqué le rédacteur en chef du RJDH dont la moto de service a été volée la semaine dernière à la mairie de Bangui.

Un autre témoigne qu’il a échappé de justesse. « Ma voiture avait été volée au parking de la mairie mais c’est grâce à la surveillance que les voleurs n’ont pas pu emmener la voiture », a certifié Hyppolite Donossio, une des victimes.

Les responsables de la municipalité disent avoir déjà reçu des plaintes relatives au vol des engins. Ils sont entrain de prendre des dispositions afin de mettre la main sur les malfrats. Une autre source contactée au niveau de la municipalité accuse le service de la police municipale qui doit assurer la protection du local pendant des cérémonies.

Le vol des engins constitue un désordre de plus de la municipalité de Bangui, après la saturation de la ville par les ordures, la profanation des cimetières, l’occupation des grandes artères de la ville.

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 L’HONORABLE AGOU PROPOSE LE SERVICE MILITAIRE OBLIGATOIRE ET L’EDUCATION CIVIQUE A L’ECOLE

Le député du premier arrondissement de Bangui Augustin Agou a annoncé l’idée de soumettre à l’Assemblée une proposition de loi tendant à faire du service militaire une obligation et l’éducation civique dans le système éducatif. Idée lancée ce 15 avril lors de la restitution parlementaire à ses électeurs. La restitution, une initiative soutenue par l’Institut Républicain International (IRI).

La restitution parlementaire est un devoir pour les élus de la nation pour revenir devant les électeurs et rendre compte de ce qu’ils ont fait au nom des électeurs. Un exercice auquel Augustin Agou s’est soumis ce 15 avril sur le terrain Bonga-Bonga dans le premier arrondissement de Bangui. Cette activité de restitution parlementaire intervient après que les députés de Berbérati, Ndélé, Bimbo et Bossangoa ont, avec l’appui de l’Institut Républicain International (IRI), restitué à la population les travaux menés au sein de la 6e législature.

Devant le déficit de la citoyenneté, l’honorable Augustin Agou est favorable au service militaire pour les élèves avant d’aller à l’université « nous allons essayer de faire une proposition de loi à l’Assemblée pour qu’on puisse dire qu’à partir de ce moment-là,  les élèves qui ont leur baccalauréat avant d’entrer à l’université doivent faire le service militaire obligatoire», a-t-il projeté.

Il a en outre milité pour la réintégration de l’éducation civique dans le système éducatif centrafricain « l’instruction civique à l’école primaire est très importante, donc je pense qu’il est temps qu’on ramène l’ancien système pour éduquer nos enfants dans les écoles primaires. Depuis un an, à ma connaissance, nous n’avons pas encore voté un texte de loi concernant l’école » a-t-il expliqué. Les jeunes de Generation Democracy se réjouissent de l’exercice qui participe à la consolidation de la démocratie « cet exercice est normal dans une démocratie et nous saluons la disponibilité de l’honorable Augustin Agou qui est revenu devant les électeurs pour leur expliquer ce qu’il a fait en leur nom » a développé M. Kolongato.

L’échange est important et les électeurs souhaitent la pérennisation de l’initiative « c’est une grande première et cela m’a permis de l’interpeller sur les affaires que font les députés sur le dos de la population. Il a parlé de la haute autorité à la bonne gouvernance. Mais dans sa réponse, il m’a rassuré qu’il n’y a aucun texte d’exonération des députés et c’est ce que j’ai retenu » a remarqué un électeur.

Augustin Agou alors candidat avait proposé à ses électeurs un projet axé sur l’éducation nationale de qualité. Elu depuis près d’un an à l’Assemblée, il a présenté un bilan lié à sa participation au vote notamment à la loi sur la parité et sa proposition de loi est un vœux pieux que les électeurs attendent lors de la prochaine restitution parlementaire.

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 « IL N’Y A PAS DE CRISPATION ENTRE L’EXECUTIF ET LE LEGISLATIF », DIXIT ALBERT MOKPEM

Le porte-parole de la Présidence Albert Mokpem a rejeté l’idée de la crispation entre le chef de l’Etat Faustin Archange Touadera et le président de l’Assemblée nationale Abdou Karim Meckassoua et justifie l’asphyxie financière de l’Assemblée comme conséquence de la tension de trésorerie. Propos avancé dans une interview accordée au RJDH ce 20 avril à Bangui.

RJDH : Monsieur Albert Mokpem Bonjour !

AM : Bonjour monsieur le journaliste.

RJDH : Le président de la République a reçu le bureau de l’Assemblée nationale et les présidents des différentes commissions dites-nous qu’est ce qui est assorti de cette rencontre.

AM : c’est une tradition au cas où ne le savez pas, il y a eu renouvellement du bureau de l’Assemblée nationale et la tradition veut que le président de l’Assemblée présente les nouveaux membres du bureau au président de la République. C’est ce qui a été fait suivi d’une audience avec le président de l’Assemblée nationale.

RJDH : vous parlez de la tradition alors que le législatif se plaint du fait que le gouvernement ne lui donne pas les moyens de son fonctionnement. Peut-on parler de décrispation ?

AM : pour parler de décrispation, il faut parler de crispation, et à mon avis il n’y a pas de crispation, ce sont les institutions de l’Etat qui travaillent et travaillent avec les hommes qui les composent.   Et vous parlez de décrispation alors qu’il faut nécessairement la crispation. Ce n’est pas le cas, c’est les institutions de la République qui fonctionnent, la tradition a été respectée et les institutions travaillent conformément à notre constitution.

RJDH : vous balayez du revers de la main une crise entre ces deux institutions alors que certains députés ayant voté le budget de l’exercice 2017 accusent l’exécutif en particulier le gouvernement de mauvaise foi !

AM : c’est l’Assemblée nationale qui vote le budget d’après ce que vous dites ?

RJDH : Bien sûre que oui !

AM : Et voilà, si c’est l’Assemblée nationale qui vote le budget, elle peut amender le budget. Mais je reste toujours dans votre hypothèse, avec le regard que vous êtes en train de faire. Mais si c’est l’Assemblée qui vote le  budget et qui a l’autorité d’amender le budget, je ne vois en quoi l’Exécutif peut se sentir concerner.

RJDH : comment expliquez-vous que le président de la République ait reçu le bureau de l’Assemblée le 19 avril soit un mois et 10 jours après la mise en place du bureau de l’Assemblée nationale ?

AM : A bon, il devait le faire quand ? A-t-il un délai pour le faire ?

RJDH : selon la tradition, cela devrait être dans l’immédiat monsieur le ministre !

AM : oui, c’est votre avis, ce n’est que votre avis mais pour nous c’est une question de calendrier, mais les choses sont faites.

RJDH : aujourd’hui à l’Assemblée on assiste à une guerre de positionnement au sein de la majorité présidentielle, on parle de cœurs unis, de chemin de l’espérance. Cœur unis vient d’échouer lamentablement lors de la mise en place du bureau de l’Assemblée. N’est-ce pas la cause de discorde entre l’Assemblée et le gouvernement ?

AM : je suis à la Présidence de la République et vous me parlez de l’Assemblée nationale et les informations que vous donnez n’engagent que vous. Moi je ne suis pas là pour commenter ce qui se passe à l’Assemblée nationale.

RJDH : monsieur le porte-parole merci !

AM : je vous remercie

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DES DETONATIONS REPETEES D’ARMES A BOZOUM INQUIETENT LA POPULATION

Les habitants de Bozoum au nord-ouest du pays s’inquiètent des détonations d’armes, surtout la nuit dont ils ignorent les raisons. Ils appellent le gouvernement à l’action pour les rassurer et les sécuriser.

Cette inquiétude intervient alors que le contingent camerounais de la Minusca s’est retiré de la ville au profit des zones de tension. Bozoum localité située au nord-ouest n’est pas loin des foyers de tensions de Boccaranga, Koui où sévissent les groupes armés.

Selon les informations RJDH, les éléments de la Minusca en patrouille dans la localité et les groupes armés sont mis en cause et la population les accusent d’avoir tiré pour troubler la population.

Certaines personnes contactées par le RJDH se disent traumatisées. « Ils sont nombreux à craindre pour leurs sécurité et ont  choisi regagner la brousse  pour se mettre à l’abri. Chaque nuit, des personnes qui souffrent de l’hypertension sont transférées à l’hôpital à cause de ces détonations. Nous ne savons pas quoi faire face à ces hommes en armes qui nous envahissent et profèrent parfois des menaces à l’endroit des gens », a expliqué un habitant de Bozoum. La population inquiète appelle le gouvernement à prendre ses responsabilités. « Les éléments de la Minusca ne sont plus stable dans la ville, nous sommes abandonnés à nous même. Notre soucis est que le gouvernement trouve une solution rapide afin d’assurer notre sécurité et éviter le pire », a habitant joint par le RJDH.

La Minusca n’a pas été joignable suite à la plainte de la population de Bozoum, localité où les observateurs redoutent la monté de la violence en période de transhumance.                                                      ****  RJDH ****

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