DEPECHE RJDH-RADIOS COMMUNAUTAIRES

Jeudi 13 octobre 2016

DEPECHE RJDH-RADIOS COMMUNAUTAIRES

 

 VILLE MORTE DANS PLUSIEURS LOCALITES SOUS CONTROLE DE L’EX-SELEKA

Plusieurs villes sous contrôle de l’ex-Séléka sont, ce jour déclarées mortes sur initiative des combattants de ce mouvement armé. Les activités sont paralysées dans ces localités, selon des sources concordantes contactées par le RJDH.

La ville morte, selon nos informations a été déclarée dans les villes comme Kabo, Ndele, et Kaga Bandoro. Une source communale jointe à Kabo confirme l’effectivité de la ville morte dans la localité et qualifie la situation de très sensible « la ville morte est respectée à Kabo puisque par peur, les écoles sont restées fermées, les commerces aussi y compris l’administration » a confié cette source.

Une source à la Minusca de Kabo dit avoir constaté la paralysie des activités « nous avons été informé de ce que la ville morte est déclarée dans la ville. Dans les faits, les activités sont paralysées un peu partout dans la ville puis que les élèves ont été libérés, l’administration aussi est fermée et les activités habituelles sont au ralenti. Mais je continue de faire le recoupement nécessaire », a expliqué cette source.

C’est le même constat à Ndélé où un humanitaire a confirmé au RJDH l’effectivité de la ville morte « la ville est morte à Ndélé. Nous aussi humanitaires, ne sommes pas au travail. Les gens semblent suivre le mot d’ordre de l’ex-Séléka » a confié cet humanitaire.

Le Préfet de Bamingui-Bangoran, Abdoulaye Mahamat joint au téléphone par le RJDH, parle de suspension générale des activités à Ndélé suite à l’appel de l’ex-Séléka, « toutes les activités ont été suspendues tôt ce matin. Les commerces sont fermés, l’administration aussi ne fonctionne pas ainsi que les activités humanitaires. Ce blocage général fait suite  à la journée de mobilisation décidée par les ex-combattants de la Séléka » a présenté le préfet.

Kaga Bandoro est dans la même situation, selon des sources concordantes contactées par le RJDH dans cette ville « la ville de Bandoro est aussi sous le coup de cette ville morte imposée par la Séléka. Les activités n’ont pas le rythme habituel » a confié une de ces sources. Le préfet de la  Nana-Gribizi n’a pas été joignable pour se prononcer sur la question.

Les raisons de cette décision du mouvement de l’ex-Séléka varient d’une région à une autre. Le point commun est le rejet du DDRR, la mémoire des combattants morts ces derniers temps. Les leaders de l’ex-Séléka rassemblés à Bria où une Assemblée Générale est en préparation, se disent surpris par cette nouvelle « nous sommes réunis ici à Bria avec tous les autres leaders mais nous ne sommes pas informés de cette histoire de ville morte. En tout cas, ce n’est pas nous qui l’avons autorisé » a confié Chritian Zouma Narkoyo, porte-parole du RPRC, une des branches de l’ex-Séléka.

La ville morte déclarée dans plusieurs villes de l’arrière-pays sur initiative d’une fraction de l’ex-Séléka a été confirmée par des sources au ministère de l’administration du territoire qui refusent de commenter ce qui est qualifié d’agitation stérile dans les couloirs de ce département.

La ville morte imposée par l’ex-Séléka dans plusieurs villes de la République Centrafricaine intervient une semaine après des violences qui ont fait 14 morts à Bangui, selon la Minusca./Sylvestre Sokambi et Judicaël Yongo

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 OCHA FAIT LE POINT SUR LES MOUVEMENTS DE POPULATIONS DANS L’ARRIERE-PAYS

Le déplacement des populations et les multiples cas de cambriolage freinent les activités des humanitaires. Un constat fait par la Coordination des Affaires Humanitaires dans son rapport du 10 octobre 2016.

Au moment où les humanitaires saluent la reprises de classe, l’insécurité et l’inondation font déplacer plusieurs familles à Bangui et à l’intérieur du pays.

Ce mouvement de populations est constaté depuis le début du mois de septembre. Une augmentation de plus de 2.528 personnes déplacées sur les sites de la Préfecture de l’Ouham a été observée dont, 2 479 à Batangafo. Au total, le nombre de personnes déplacées dans l’Ouham s’élève aujourd’hui à 30.501 personnes contre 27.923 au mois d’août, selon la coordination humanitaire.

Dans son rapport, OCHA relève que deux facteurs sont à l’origine de ces  mouvements « d’abord, la clôture du calendrier agricole provoquerait le retour sur les sites des personnes qui, depuis avril, avaient regagné leurs champs pour les cultiver, ensuite, la détérioration depuis plusieurs semaines du contexte sécuritaire dans la zone Centre où de multiples cambriolages et violences sont perpétrées sur les civils par des groupes et bandes armés ».

OCHA déplore dans son rapport aussi la dégradation des routes et l’insécurité qui limitent l’accès à environ 700 personnes déplacées qui sont arrivées sur deux sites à Yalinga, dans la préfecture de la Haute-Kotto. Par contre à Koui, dans l’Ouham Pende, pour des raisons de sécurité, cette zone reste inaccessible aux acteurs humanitaires rendant impossible l’évaluation des besoins de la population sur place.  3.320 ménages venus de Koui ont été recensés à Bocaranga toujours selon OCHA.

Les agressions du personnel humanitaire persistent à Kaga-Bandoro et à Ndélé où des actes de cambriolage ont été rapportés par la coordination humanitaire dans son rapport. A Kaga-Bandoro, même si les violences de ces dernières semaines ont cessé, la ville est frappée par une catastrophe naturelle. Selon OCHA, quatorze (14) quartiers de Kaga-Bandoro ont été inondés suite aux pluies du 02 au 07 octobre. Au moins 3.000 personnes sont affectées.

A Bangui, les violences de la semaine dernière dans le 3e arrondissement ont provoqué à nouveau le mouvement de population vers les sites de déplacés de Bimbo, de M’Poko, de Fatima et dans des familles d’accueil. Le rapport d’Ocha n’a pas, cependant mentionné l’effectif de ces déplacés.

Malgré le mouvement de ces dernières semaines, OCHA note la régression du nombre de déplacés en RCA. Les données du HCR indiquent qu’au plus fort de la crise, début 2014, l’on comptait 886.000 personnes déplacées contre 384.884 aujourd’hui.

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MSF REPREND CERTAINES DE SES ACTIVITES AU KM5 APRES QUATRE JOURS DE SUSPENSION

Médecins  sans  Frontières a repris certaines de ses activités médicales  au km5 après une suspension de quatre jours suite à l’attaque d’un de ses véhicules qui transportait un patient. Cette reprise est effective depuis le vendredi dernier, selon Emmanuel Lampaert, chef de mission MSF.

La reprise des activités de MSF au km5, selon Emmanuel Lampaert ne concerne que les services de la maternité de Gbaya Dombia, l’appui aux soins pédiatriques au centre de santé de Mamadou Mbaïki.

La même source a indiqué que les cliniques mobiles dans les différents sites de PK5 reprendront la semaine prochaine.

MSF a annoncé la suspension de ses activités au km5, le 04 octobre dernier après l’attaque de son véhicule par un groupe armé qui avait tué le patient qui se faisait transporter à l’hôpital pour des soins.

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CENTRAFRIQUE : DES PROFESSIONNELS DES MEDIA A L’ECOLE DU JOURNALISME PARLEMENTAIRE

Une dizaine de journalistes prennent part depuis hier, à une formation sur le journalisme parlementaire. C’est une initiative de l’ONG internationale Internews en collaboration avec certaines ONG nationales.

Cette formation, selon le directeur par intérim d’Internews, Jérémie Soupou vise à donner les outils nécessaires aux journalistes dans la compréhension du parlement et une facilité dans le traitement des informations relatives à cette institution « l’objectif recherché est que les journalistes puissent avoir une meilleure compréhension du parlement c’est-à-dire de l’Assemblée Nationale et du Sénat qui sera peut être bientôt mis en place, de savoir comment le parlement fonctionne de manière à mieux informer la population sur les activités parlementaires » a-t-il présenté.

L’ONG Internews souhaite qu’à travers cette formation, les journalistes puissent s’intéresser davantage au parlement « de manière générale, les professionnels des médias font plus de couverture d’activités parlementaire que de travail de fond. A travers cette formation, nous comptons stimuler les journalistes à faire un travail de proximité, un travail permanent auprès de l’Assemblée Nationale » précise Jérémie Soupou.

Les journalistes ont été entretenus au premier jour sur la nouvelle Constitution Centrafricaine, le rôle du parlement, les droits et devoirs du citoyen développé par le docteur Demba, le rôle du député, le processus de l’élaboration d’une loi, les groupes parlementaires, présenté par Davy Yama, député et 3ème vice président de l’Assemblée Nationale, le cabinet du président de l’Assemblée Nationale et ses relations avec le bureau de l’Assemblée  Nationale, présenté par Jean Félix Riva, Chef de cabinet du président de l’Assemblée Nationale et le rôle de la société civile développé par Me Bruno Hyacinthe Gbiegba.

Le rôle du journaliste parlementaire et le travail de terrain ont meublé le deuxième jour de cette formation. D’autres communications et descentes sur le terrain pour les autres jours sont prévues.

La formation sur le journalisme parlementaire prendra fin le vendredi prochain.

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CALME RELATIF DANS LE 3EME ARRONDISSEMENT DE BANGUI APRES DES VIOLENCES

Le 3ème arrondissement de Bangui, secoué ces derniers jours par des violences, retrouve peu à peu son calme. Les notables du secteur contacté par le RJDH parlent de calme relatif et de timide reprise des activités.

Le calme observé au km5 est encore précaire selon un notable joint par le RJDH « le 3ème arrondissement tente de retrouver son calme après les violences de la semaine dernière. Les activités reprennent timidement  mais ce sont les transports en commun qui continuent d’hésiter. Je peux parler de calme relatif parce que dans la nuit, nous continuons d’écouter des coups de feu » a expliqué cette source qui a requis l’anonymat.

Ibrahim, commerçant regrette les incidents de la semaine dernière qui, selon lui ont eu des répercussions énormes sur les activités commerciales « alors que le km5 était en train de retrouver son ambiance d’antan, les ennemis de la paix l’ont frappé au cœur à travers la mort du commandant qui a crée la tension. Depuis ce jour, nos activités commerciales sont bloquées. Par peur, nos clients ne viennent plus. Ce sont les commerçants qui sont les premières victimes de la situation actuelle. On ne sait plus quoi faire pour se débarrasser de ces fauteurs de trouble » s’est –il plaint.

Les activités au km5 sont limitées depuis les violences qui ont suivi l’assassinat du commandant Marcel Mombéka. Les taxis s’arrêtent au pont Jackson situé à environ 1 kilomètre du marché de km5 où les activités reprennent timidement. Le constat de RJDH a relevé que quelques personnes ont commencé à fréquenter le marché « je suis allé payer des articles que je revends ailleurs. Il n’ya rien de grave là bas même si on est inquiet en se rendant sur place » confie un jeune rencontré sur le pont Jackson à son retour du km5.

Ingride parle d’une reprise partielle après son passage au km5, «  je me suis rendue ce matin au km5 pour faire des achats comme certaines personnes que j’ai retrouvée sur place. La situation est calme mais la reprise n’est que partielle du fait que certains endroits ne sont pas encore accessibles comme avant » rapporte-t-elle.

La timide reprise des activités au km5 est constatée alors que cette nuit des coups de feu nourris ont été entendus dans le secteur. Il est encore difficile d’établir les raisons de ces tirs. Le 3ème arrondissement est secoué depuis le 04 octobre par des violences déclenchées par l’assassinat d’un commandant de l’armée nationale.

*****RJDH******

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