DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES

Lundi 12 Décembre 2016 : 10h20

DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES

 

 

CENTRAFRIQUE : LE CONTINGENT CAMEROUNAIS DE LA MINUSCA SE LIVRE AU COMMERCE DE BIERE A BOZOUM

 

Les casques bleus camerounais déployés à Bozoum se détournent de leur mission en vendant de la bière à la population. Cela mécontente la population qui demande leur relève.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres, estime la population de Bozoum.

Cette ville est devenue un marché pour les éléments camerounais de la Minusca qui se livrent au commerce illicite de bière. Par cette pratique, ils échappent au contrôle des autorités du pays. Sans payer de taxe, ces soldats-commerçants vendent une bouteille entre 1250Frs à 1500 Frs CFA.

Courroucée, la population souhaite leur relève.

Selon elle, ce contingent ne remplit pas sa mission de sécurisation de la population civile. A peine quelques jours, le véhicule  transportant le préfet de l’Ouham Pendé a été attaqué par les hommes armés. Selon une source contactée par le RJDH à Bozoum, la présence de ces hommes armés a été signalée depuis plusieurs jours  dans la localité au contingent camerounais qui n’a pas été réactif.

Sur le comportement du contingent de la Minusca à Bozum, le porte-parole de la mission onusienne Vladimir Monteiro demeure injoignable pour des clarifications.

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CENTRAFRIQUE : LA CCCPI S’OPPOSE AU RETRAIT DES PAYS AFRICAINS DE LA CPI

 

La Coalition Centrafricaine pour Cour Pénale Internationale (CCCPI) a organisé un moment d’échange ce vendredi 9 décembre à la FATEB pour s’opposer au retrait des pays africains de la Cour Pénale Internationale (CPI). Son attachement à cette juridiction internationale s’explique par son activisme contre l’impunité.

Face aux prises de position de certains pays africains qui ont affiché leur volonté de se retirer de la Cour Pénale Internationale (CPI), l’ONG, Coalition Centrafricaine pour la Cour Pénale Internationale (CCCPI) a organisé une conférence de presse pour condamner le retrait de certains pays de la CPI et marquer son soutien à la justice internationale.

Pour la Coalition Centrafricaine pour la Cour Pénale Internationale, ce retrait est « une garantie à l’impunité. Des poursuites ont été acheminées à la CPI afin de sanctionner les auteurs des exactions commises en Centrafrique. Nous ne pouvons pas nous retirer de la CPI », souligne Bruno Hyacinthe Gbiégba, coordonateur adjoint de la CCCPI.   

Avis partagé par Bernadette Sayo, coordonatrice de l’Organisation pour la Compassion et le Développement de Familles en Détresse (OCODEFAD). Elle a profité de cette rencontre pour déplorer que Dominique Ogwen comparait actuellement à la CPI rien que pour ses crimes perpétrés en Ouganda « alors qu’il a aussi commis des hostilités en Centrafrique ». Bernadette Sayo a aussi souhaité que « ce procès soit suspendu afin d’inclure les dossiers centrafricains dans l’affaire Ogwen ».

La Cour Pénale Internationale (CPI) a été institué par le Statut de Rome pour juger les auteurs de crime de guerre, de crime contre l’impunité et de génocide.

La Cour Pénale Internationale avait condamné Jean-Pierre Bemba Gombo à 18 ans pour ses crimes en Centrafrique. Elle a ouvert une enquête internationale sur Dominic Ogwen uniquement sur les crimes qu’il aurait commis en RCA. L’Afrique du Sud, la Gambie, l’Ouganda, …désirent quitter la CPI.

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CENTRAFRIQUE : LES SOLDATS ENGAGES DANS LA FORCE TRIPARTITE EN COLERE

 

Les militaires centrafricains déployés à Nyala depuis quelques mois dans la force tripartite sont mécontents. Ces derniers appellent le gouvernement à traiter d’urgence la question de leur relève et le paiement de leurs Prime Globale d’Alimentation (PGA).

 Ces militaires ne sont plus du coté centrafricains. Ils se trouvent, selon de sources bien informées, du coté soudanais. « Nous ne tenons plus nos positions parce que nous avons été amenés du coté soudanais. Mais, on n’a pas de Primes Globale d’Alimentation depuis des mois. Aussi, nos parents ne peuvent plus avoir accès à nos salaires parce que les procurations de quatre mois que nous avions délivrées, ne sont plus valables » explique l’un de ces militaires joint au téléphone par le RJDH.

Ils appellent l’Etat centrafricain à dépêcher leur relève « aujourd’hui, nous demandons au ministre d’envoyer la relève et de penser à nos PGA. Si rien n’est fait d’ici quarante huit heures », lance la même source.

Le ministre centrafricain de la défense, Joseph Yakité contacté par le RJDH, affirme avoir réglé la question de Primes Globales d’Alimentation depuis 72 heures. «  J’ai été en contact téléphonique toute la nuit d’hier avec ces éléments que je félicite. Ce qu’il faut savoir sur cette question, c’est ce que le problème n’est pas la disponibilité des fonds mais l’accessibilité de la zone. Mais nous sommes en train de prendre des mesures pour que les PGA soient payées par trimestre », a confié le membre du gouvernement.

Le membre du gouvernement  promet d’envoyer la relève de ces soldats d’ici la semaine prochaine.  « Le ministère sous l’impulsion du chef de l’Etat a déjà pris les mesures nécessaires. Je pense que d’ici la semaine prochaine, ces éléments seront ramenés à Bangui et leur relève dépêchée sur le terrain pour continuer la mission », promet Joseph Yakité.

La République Centrafricaine, le Tchad et le Soudan ont créé en 2008 la force tripartite pour sécuriser les frontières communes entre les trois pays. La dernière réunion entre les trois chefs d’Etat sur la force tripartite remonte à lors de l’investiture du président soudanais Béchir. C’était la première participation de Faustin Archange Touadéra entant que président centrafricain à cette réunion tripartite. Les soldats centrafricains engagés dans cette force ne sont pas relevés depuis dix mois.

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CENTRAFRIQUE : UN COMITE DE TROIS ORGANES POUR ABSORBER LES FONDS PROMIS A BRUXELLES

 

Trois semaines après la table ronde de Bruxelles, le Ministre du Plan Félix Moloua a présenté la structure d’absorption de fonds à savoir : Un organe politique dirigé par Touadera, un organe de décision où siègent les partenaires et un secrétariat technique permanent pour faire le rapport et mesurer le niveau de décaissement des fonds. Précision apportée dans une interview que le Ministre du Plan a accordée au RJDH hier,07 décembre à Bangui.

 

RJDH : Monsieur Félix Moloua Bonjour !

Felix Moloua :Bonjour monsieur le journaliste.

 

RJDH : Vous venez de présenter devant la représentation nationale les grands axes du projet de Loi de finances 2017. Pouvez-vous nous dire quels sont les grands axes de document ?

FM : Le projet de Loi que je viens de présenter en lieu et place de mon collègue des Finances présente en termes de besoins et de dépenses, je crois que pour la Loi de finance, le montant qui a été estimé par le Ministère des finances prend en compte toutes les préoccupations et s’élève autour de 191 milliards et c’est un montant qui a été revu à la hausse compte tenu de tous les défis que nous avons. Maintenant les dépenses, vous savez que nous sommes en période de crise et les défis sont énormes et je sais que par rapport à 2016, ce niveau est élevé et passe de 174 milliards à 191 milliards de Francs CFA.

Ce projet de Loi de finances présente toutes les opportunités pour mobiliser les ressources du point interne et externe, notamment en termes de don sur les projets, ainsi que de l’aide budgétaire avec l’appui de nos partenaires traditionnels aussi tous les efforts qui doivent être consentis pour mobiliser les ressources domestiques, c’est-à-dire internes.

Voilà donc la grande structuration de la Loi de finances de 2017. Mais ce qu’il faut donc avouer, c’est que le ministère des Finances a fait un travail exceptionnel pour qu’à ce jour, le projet de Loi soit sur la table de l’Assemblée Nationale. C’est un effort par rapport aux nouvelles dispositions au niveau de la communauté économique régionale, c’est-à-dire au niveau de la CEMAC. Il y a des réformes et le Ministère des Finances a tenu compte pour respecter cela  et respecter les engagements du Fonds Monétaire International (FMI). Ce document est donc soumis à examen et j’espère que mon collègue sera là, pour rentrer dans les détails afin de répondre aux préoccupations que pourraient soulever les Députés.

 

RJDH : Monsieur le Ministre, vous avez évoqué la mobilisation interne qui nous fait penser à la fiscalité et à l’impôt. Pouvez-vous nous dire si l’impôt de capitation est aussi consigné dans le budget ?

FM : A ma connaissance pour le moment, il n’en est pas question. Il y a d’autres opportunités pour agrandir l’assiette fiscale, il faut d’abord commencer à couvrir toutes les zones. Vous savez que nous pouvons faire plus si la sécurité revient sur toute l’étendue du territoire. Je crois que cela permettra au Ministère des Finances et aux régis financières de pouvoir mobiliser assez de ressources domestiques. En tout cas, si on arrive à augmenter le niveau de ces ressources domestiques, je crois que nous pourrions réduire le gap. C’est vrai que nous comptons sur l’appui extérieur, mais il faudrait, pour des efforts durables compter sur nos ressources propres. Nous avons des possibilités pourvu que nous fassions tous des efforts en faveur de la paix et de la sécurité sur tout le territoire.

 

RJDH : le Président Faustin Archange Touadera a annoncé la mise en place d’un comité d’absorption de fonds sans proposer un contenu réel de ce comité. Comment allez-vous faire pour mobiliser les ressources annoncées par les partenaires au développement de la RCA ?

FM : le Président de la République a répondu aux préoccupations de la communauté internationale qui n’a sans cesse manqué de lui poser la question sur notre capacité d’absorption de ces ressources. Effectivement, ce n’était pas au lendemain, mais c’est une première réponse. Donc un signal fort qui prouve toute la volonté du Chef de l’Etat pour être à la hauteur de l’utilisation des ressources qui pourraient provenir des annonces de Bruxelles.

Le problème n’est pas au niveau du contenu, c’est un dispositif qui est structuré qui a donc trois organes. Premier organe sera piloté par le Chef de l’Etat et qui va traiter les questions purement politiques.

Le second panier, c’est un organe de décision, donc un comité directoire conjoint qui réunira tous les partenaires qui ont fait des annonces et le troisième organe c’est le secrétariat politique permanent. C’est ce secrétariat qui aura le devoir de donner la visibilité sur ces ressources et comment rendre compte et se passer des annonces au décaissement pour nous permettre d’avoir des rapports sur l’exécution des actions contenues dans le plan.

Maintenant c’est de rendre opérationnel ce secrétariat politique permanent et c’est dans ce sens-là qu’automatiquement après Bruxelles, il faut relever que la communauté internationale a décidé de nous accompagner et continue de faire preuve de cet accompagnement. Car aussitôt après Bruxelles la Banque Mondiale a accepté de mobiliser les ressources pour recruter un consultant international devant nous aider à mettre en place ce secrétariat technique permanent.

Une fois que le travail en train d’être fait, une fois que les termes de références sont clairement définis pour le suivi des annonces de Bruxelles et la mise en œuvre du Plan de Relèvement et de Consolidation de la Paix, pour la coordination il faut communiquer autour de ces actions. Nous pourrons avoir le profil des compétences devant travailler dans ce secrétariat politique permanent. Et c’est ce travail que nous sommes en train de faire parce que ce secrétariat technique va pouvoir nous alerter et nous mettre à dispositions des éléments de décision ou s’il y a des blocus quelque part, nous seront avec tous les partenaires au niveau du comité directoire technique pour nous pencher sur les obstacles et pour les lever d’une manière rapide les ressources. Donc ce n’est pas question de contenu. Nous savons ce qu’il faut faire, il faudrait donner la forme et recruter les compétences dans ce secrétariat technique permanent et c’est ce travail qui a déjà commencé. D’ici peu, le consultant international sera en place, nous allons travailler et il y aura un premier draft d’ici la fin de la semaine.

 

RJDH : Lors de la table ronde de Bruxelles, certains partenaires n’ont pas répondu à l’appel ou fait des annonces. Nous voulons citer la CEEAC, l’Union Africaine qui comptent organiser sa table ronde en faveur de la RCA, alors quel est le niveau d’engagement et de collaboration entre vous et ces institutions ?

Il ne faut pas dire cela. Dès le début de l’élaboration de ce Plan de Consolidation et de Relèvement de la Paix, toutes ces institutions étaient impliquées. Elles font bien partie du comité directeur conjoint dont j’avais la présidence et c’est avec tous ces représentants que nous avons travaillé. Et à Bruxelles, l’Union Africaine et la CEEAC ont pris la parole. Au niveau africain, la CEEAC fait partie de notre communauté économique régionale avec qui nous sentons la solidarité africaine déjà. Donc on ne va pas dire qu’ils vont faire leur chose à part. Maintenant, pour démontrer cette solidarité, l’Union Africaine a souhaité et envisagé organiser son prochain Sommet, une réunion avec tous les pays africains, pour apporter un appui à la République Centrafricaine et cela est un plus qui témoigne à suffisance que nous ne sommes pas seuls. Car, non seulement les pays africains sont derrière nous mais toute la communauté internationale est avec nous.

 

RJDH :Joseph Bendounga, président du MDREC dans une interview accordée au RJDH a affirmé que vous avez balbutié devant les partenaires lors de cette table ronde Bruxelles. Qu’en dites-vous ?

FM :Ah je l’ai pas vu à Bruxelles, je ne sais pas de qui il tire cette information, cela n’engage que lui. Je ne crois pas qu’on est au niveau de ce genre d’analyse. Je crois qu’il a lui-même lu ce document et ce qu’il contient. Ce n’est pas qu’à Bruxelles que j’ai présenté ce document, je l’ai présenté à New-York, à Washington, à Yaoundé et un peu partout. Depuis les présentations que j’ai faites, c’est la première fois que et cela ne vient pas de l’extérieur mais c’est des gens qui parfois ne sont pas au niveau de l’information qui racontent cela. Aujourd’hui, nous savons qu’il y a eu des annonces et la communauté internationale est mobilisée pour nous appuyer autant qu’on se mette ensemble. Moi je voudrai bien le rencontrer pour qu’on en discute, j’ai besoin des idées.

 

RJDH : Il a demandé un large consensus autour des retombés de Bruxelles que répondez-vous ?

FM :Quelle rencontre consensuelle ? Pour parler de quoi exactement ? Il faut qu’on se le dise, on a toutes les informations qui sont là. Après Bruxelles nous avons tenu une conférence de presse avec tous les partenaires, il faut écouter ce qu’ils disent. La population a besoin des réponses urgentes et d’abord nous avons commencé à travailler avant même d’aller à Bruxelles. Je crois qu’après l’investiture du Président, à mon premier déplacement à Bruxelles au mois d’avril, la communauté internationale a commencé à se mobiliser pour dire que la population centrafricaine doit bénéficier de la dividende de démocratie. Et c’est ainsi qu’avant Bruxelles, des actions sont déjà menées sur le terrain. J’ai été sur le terrain et lancé plusieurs projets de réhabilitation des infrastructures scolaires et routières. Et on a bien d’autres choses à faire et nous nous sommes  convenus avec les partenaires pour aller de l’avant. L’heure n’est pas à la théorie pour se lancer des flèches et si ce monsieur veut contribuer, qu’il apporte des éléments. La preuve : si cela ne n’était pas bien perçu, on n’allait pas avoir ce niveau d’engagement et de promesses.

 

RJDH : M le ministre je vous remercie !

FM : c’est à moi de vous remercier.

 

***** RJDH *****

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