DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES : 16.05.2017

Mardi 16 mai 2017 : 09H56

DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES

 

UNE DOUZAINE DE MORTS DANS L’ATTAQUE A BANGASSOU

Une douzaine de morts, des blessés et plusieurs déplacés sont enregistrés suite à l’attaque des plusieurs positions par des miliciens autochtones dans la ville de Bangassou, chef-lieu de Mbomou. Un bilan provisoire, selon des sources hospitalières.

Le combat s’intensifie depuis ce matin dans la ville de Bangassou. Des détonations d’armes ont été entendues très tôt ce matin dans certains arrondissements de Bangassou, selon les informations reçues par le RJDH.

Le bilan provisoire serait de douze morts dont un soldat marocain de la Minusca. « Plusieurs blessés sont admis à l’hôpital pour des soins et la population vide les quartiers »,  relate une source humanitaire jointe par le RJDH.

Des habitants de Bangassou pris par la peur, ont vite trouvé refuge à la paroisse Saint-Pierre Claver de Bangassou et d’autres dans la brousse pour éviter le pire. Plusieurs autorités politico-administratives de Bangassou contactées par le RJDH ne sont pas disponibles, ni la Minusca ici à Bangui.

Les soldats de la Minusca se sont interposés sans succès pour empêcher cette attaque. « Un hélicoptère de la Minusca bombarde sans contrôle autour de sa base. Notre objectif c’est de faire partir tous les groupes armés Anti-Balaka et Séléka de Bangassou. Toute communauté armée sera prise pour cible. La Minusca a protégé des hommes armés de Tokoyo en tirant sur nous, alors que ces hommes sont aussi armés. C’est le jeu que nous n’allons pas admettre », a rapporté au RJDH, un jeune qui se réclame l’un des leaders du mouvement.

Cette attaque intervient 4 jours après celle qui a occasionné la mort de 5 soldats de la Minusca déployés à Bangassou. Ces derniers temps, la situation sécuritaire s’est dégradée dans certaines villes et régions de la République Centrafricaine.

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58 MENAGES DELOCALISES DU PONT SAPEKE DEPLORENT LEURS CONDITIONS DE VIE

Les habitants proches du pont Sapéké délocalisés sur le site du CICI ont déploré leurs conditions de vie suite aux pluies abattues ces derniers jours dans la capitale. Ils réclament du gouvernement un appui pour la construction des maisons.

Le déguerpissement des habitants non loin du pont Sapéké entre les 2èmes et 6ème arrondissements de Bangui a été lancé par le gouvernent pour favoriser les travaux de reconstruction de ce pont. Depuis le 26 mars 2017, ces habitants ont regagné le site et se sont confrontés à certaines difficultés après les récentes pluies.

Sur le site dans le 2e arrondissement de Bangui au bord du fleuve Oubangui, des maisons en construction sont inondées, des eaux stagnantes envahissaient une partie du site.

Un ciel nuageux, Jeanne Yétènè, une mère de famille rencontrée sur le site déplore les conditions dans lesquelles ils se trouvent, « vraiment nous souffrons ici. Les routes qu’ils ont tracées sont toutes inondées. Même nos briques ont été détruites par les récentes pluies », a-t-elle déploré.

La situation se complique de plus lorsqu’il pleut, « nous nous levons la nuit souvent quand il pleut pour arranger les enfants. Il faut parfois arranger les briques pour que les enfants dorment dessus afin d’éviter la stagnation des eaux», a regretté Job Ayékianga, un des administrés.

Ces ménages voisins du pont canal Sapéké avaient déguerpi suite à la demande du gouvernement afin de faciliter la reconstruction du pont dont les travaux ont été lancés en décembre 2016.

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EBOLA RESURGIT AU RD-CONGO A LA PORTE DE LA RCA

Le Ministère congolais (RDC) de la Santé a signalé hier 11 mai dans un  communiqué la résurgence d’Ebola dans la partie nord du pays, notamment dans la province du Bas-Uélé, frontalière de la Centrafrique. Cette information est confirmée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

La fièvre hémorragique Ebola a refait surface depuis le 22 avril 2017 a déclaré le ministre de la Santé publique de la RDC, Dr Oly Ilunga Kalenga. Le communiqué rapporte deux (02) décès et neuf cas (09) de contamination par la fièvre.

Face à ce nouveau cas de contamination, le Dr Oly Ilunga Kalenga a souligné que son Département de la Santé «vient de prendre toutes les dispositions nécessaires pour riposter promptement et efficacement à cette nouvelle épidémie de la maladie à virus Ebola». Il a sollicité l’aide de l’OMS pour lutter contre cette hémorragie virale de triste souvenir.

De  son côté, l’OMS a déclaré qu’elle « travaille en étroite collaboration » avec la RDC « pour faciliter le déploiement des matériels de protection et du personnel sur le terrain afin de renforcer la surveillance épidémiologique et contrôler très rapidement l’épidémie ».

Frontalière de la RDC, la République Centrafricaine confrontée à une crise politico-militaire est aussi menacée par cette maladie qui a fait tant de victimes en RDC.

Quelle disposition prendra Bangui ?

En 2014, lorsque la maladie sévissait en Afrique de l’Ouest et en RDC, la République Centrafricaine dont les structures sanitaires étaient déplorables compte tenu de la crise politico-militaire qu’elle traverse avait, avec ses partenaires pris des mesures de prévention de la maladie. « L’institut Pasteur a effectué des prélèvements sur 58 personnes qui sont venues des pays où l’épidémie a été déclarée », avait indiqué, le médecin biologiste Alain Farra mais « tous ces examens ont été négatifs ».

L’intense mouvement de population entre les deux pays est une source d’inquiétude des autorités centrafricaines. En 2014, un plan de contingence du virus Ebola a été mise en place le long de la frontière fluviale avec la RDC. Le Département de la santé avait prévu de créer vingt-neuf (29) postes de contrôle.

Depuis l’annonce de la résurgence de la fièvre hémorragique au Congo, les autorités sanitaires de la RCA n’ont pas encore fait de déclaration.

Le virus Ebola a été découvert pour la première fois en 1976 dans l’ex Zaïre, actuelle RDC par le médecin belge Peter Piot. La dernière réapparition de la maladie remonte en 2014 dans ce pays et a fait 49 morts.

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LA VILLE DE BANGASSOU SOMBRE DANS LES VIOLENCES

La ville de Bangassou dans le sud-est est plongée tôt ce matin dans les violences. Plusieurs positions seraient attaquées par des groupes armés, même la base des casques bleus, la gendarmerie et la maison d’arrêt, a-t-on appris des sources concordantes.

Cette attaque intervient quatre jours après une autre attaque contre un convoi de la Minusca, causant 5 morts dans les rangs des casques bleus, alors que depuis plusieurs mois, les autorités locales et habitants de Mbomou alertent sur des éventuelles attaques de la ville.

Selon les informations du RJDH, cette attaque serait perpétrée par des groupes armés qui se réclament des auto-défenses, « les jeunes des villages environnants ont lancé une attaque depuis 1h du matin. La base de la Minusca, la gendarmerie, la maison d’arrêt et le quartier commercial Tokoyo sont visés. Vers 8 heures, ce sont ces groupes armés qui contrôlent la ville de Bangassou », a expliqué au RJDH une source humanitaire.

Les raisons de cette attaque ainsi que l’identité des assaillants ne sont encore clairement connues. « Ces jeunes se sont mobilisés pour barrer la route à la progression des éléments de Ali Darras ainsi que ceux du FPRC, coalisés avec des Anti-Balaka. Pour eux, le président du comité islamique, le préfet ainsi que les casques bleus, seraient en train de distribuer des armes à certains peuls de la ville et faciliter leur mouvement dans la préfecture », a souligné une source religieuse dans la ville.

Le président du comité islamique, le préfet ainsi que la Minusca ne sont pas joignables pour leurs versions des faits.

Des sources concordantes indiquent que ces miliciens autochtones réclament la présence des Forces Armées Centrafricaines (FACA) ainsi que du président Faustin Archange Touadera, avant de libérer la ville.

Bangassou a été depuis longtemps symbole de la paix et du vivre ensemble, en dépit des violences dans certaines villes du pays.Les tensions ont commencé après le retrait de Ali Darras de Bambari.

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LA SITUATION HUMANITAIRE ET SECURITAIRE TOUJOURS PREOCCUPANTE A ALINDAO

La situation sécuritaire et humanitaire demeure préoccupante trois jours après l’affrontement entre les groupes armés UPC et Anti-Balaka. Plus de 37 personnes seraient tuées et 3000 personnes déplacées selon des sources humanitaires dans la localité.

La population d’Alindao au sud du pays est dans la psychose après le combat qui a opposé les groupes armés. Environs 3 000 personnes ont trouvé refuge en la paroisse Sacré-Cœur selon la Caritas Centrafrique.

Selon des sources humanitaires, le bilan pourrait s’alourdir « la Croix-Rouge locale a pu récupérer 37 morts dans 03 quartiers respectifs à savoir : Paris-Congo, Bangui-ville-Borno et le quartier Wanoma. Pour le moment, le réseau téléphonique de Telecel et Orange n’est pas opérationnel » a témoigné au RJDH une source humanitaire.

Des sources humanitaires ont noté que la situation s’est apaisée après l’arrivée du renfort de la Minusca et qu’il n’y a pas de crépitement d’arme, alors que la population redoute la présence d’Ali Daras leaders de l’UPC où la présence est signalée dans la localité.

Le sud du pays a connu un pic de violence intergroupe armés cette dernière semaine alors que les 14 groupes politico-militaires se sont engagés dans la mise en œuvre du processus DDRR à Bangui.

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09 MILLIONS DE DOLLARS POUR LA REPONSE HUMANITAIRE

Le Fonds Humanitaire en RCA a alloué 9 millions de dollars, pour soutenir les actions humanitaires dans les régions de la Basse Kotto, du Mbomou, de la Nana-Gribizi, de la Ouaka et de l’Ouham-Pendé. Ce fonds augmente le financement du plan de réponse humanitaire 2017 à 14% sur les 399,5 millions.

La situation humanitaire en République centrafricaine reste fragile. Le premier trimestre de l’année 2017 a été marqué par la multiplication des foyers de tension. Cette dégradation intervient alors que le financement de l’action humanitaire en 2017 reste faible et en dessous de seuil requis pour la réponse humanitaire.

Les régions concernées par cette allocation ont connu entre septembre 2016 et Mai 2017 un grand nombre de foyers de tension causant des déplacements massifs de population et des sérieux problèmes liés à la protection des civils. La première phase cible les besoins en termes d’éducation, de protection, de santé, de nutrition ainsi que de l’Eau, Hygiène et Assainissement (EHA). La logistique, les besoins en abris et en articles non alimentaires, la coordination et la gestion des sites figurent aussi parmi les besoins prioritaires ciblés.

Madame Najat Rochdi, Coordonnatrice humanitaire renouvelle sa gratitude aux partenaires techniques et financiers qui ont appuyé la réponse humanitaire et appelle pour renforcer les financements en 2017 car « la situation est très alarmante et c’est tout le processus de consolidation de la paix qui est en jeu » a-t-elle ajouté.

C’est depuis 2013 que la Centrafrique sombre dans un chaos humanitaire et sécuritaire. Sa profonde crise devient de plus en plus oubliée et le fond pour la réponse humanitaire faiblement mobilisé à cause de certaines crises à travers le monde.

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LES RETOURNES DU 3E ARRONDISSEMENT APPELLENT LE GOUVERNEMENT ET LES ONG A L’AIDE

Plusieurs personnes ont gagné le site des déplacés pour se mettre à l’abri du danger au plus fort de la crise. Cinq mois après l’opération Noël à la maison, les retournés ne retrouvent pas encore l’ambiance d’autre fois et vivent dans des conditions difficiles. Ils appellent alors le gouvernement et les ONG à l’aide lors d’un reportage réalisé par le RJDH ce 10 mai dans cette localité après la pluie.

Nous sommes dans le quartier Yakité où il est 11h. Certains retournés sont sur les chantiers de reconstructions des maisons détruites après la pluie diluvienne qui s’est abattue la veille. Nous nous sommes approchés d’une retournée, elle nous explique sa détermination. « J’étais sur le site de l’Eglise des Frère du Camp des Castors, mais après la décision du gouvernement, nous avons souhaité compléter l’argent qu’on nous a donné pour faire de quoi dormir », a-t-elle dit.

Elle s’inquiète de la psychose qui empêche encore ses voisins à revenir et n’oubliera pas ses proches qu’elle ne reverra plus. « Nous n’avons pas le choix, certes nous regrettons ce qui s’est passé mais il nous faut se relever et se pardonner. L’ambiance que nous vivons aujourd’hui n’est pas la même que ce que nous avons vécu hier », a-t-elle ajouté.

Après ce retour, les désormais ex déplacés doivent faire face à un autre défi. « Nous sommes obligées de regagner notre maison. Mais, on a de sérieux problèmes de nourriture, l’environnement est inadéquat, et nos voisins ne veulent pas retourner maintenant, ils craignent l’insécurité. Mais nous sommes quand même là et ne sachant pas ce que le gouvernement et les ONG vont faire pour nous », a-t-elle déploré.

Même son de cloche chez une mère de 5 enfants devant sa maison à moitié reconstruite. « Nous sommes revenus il y a 3 mois, mais les 50.000 FCFA que le gouvernement nous a donnés ne peuvent pas couvrir nos besoins. On nous disait qu’à notre retour, des ONG devraient venir nous aider. Aujourd’hui, même les fontaines d’eau ne fonctionnent plus, on a un problème d’eau  ici», a-t-elle lâché.

Sous le manguier, les retournés discutent de tout y compris la journée dédiée aux victimes de la crise. Nous nous sommes approchés d’eux et ils nous livrent leur vision. « Dans cette condition, il est difficile pour nous de nous sentir heureux malgré notre retour. Il est temps que le Gouvernement et les ONG ne perdent pas de vue notre situation » a indiqué Gervais, un habitant de la localité.

Bénicia, 10 ans  est l’une de ces filles, elle  regrette de ne plus fréquenter l’école avant d’interpeler las autorités du pays sur la question sécuritaire .« Au quartier Yakité, on ne va plus à l’école à cause de l’insécurité. Nos parents ont souffert pour nous élever donc nous devons aussi aller à l’école pour nous occuper d’eux demain », a souligné la jeune fille.

Quant à Thibaut Mbaido, un jeune du quartier Kokoro au Km 5 qui sarcle des mauvaises herbes dans sa concession en vue de réparer sa hutte, ils ont installé des bâches sous lesquelles ils habitent. « On fait cela pour attirer l’attention des humanitaires. On est bien ici sauf qu’il y a la pluie. Ici on peut se promener 24 heures sur 24, mais le problème c’est notre condition de vie très regrettable » a-t-il rassuré.

La situation humanitaire des retournés demeure inchangée en dépit de l’enveloppe octroyée par le Gouvernement et le HCR pour favoriser leur retour.

 

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