DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES 12.05.2017

Vendredi 12 mai 2017 : 11H48

DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES

LA VILLE DE BANGASSOU DANS LA PSYCHOSE APRES L’AFFRONTEMENT ENTRE MINUSCA ET LES GROUPES ARMES

La ville de Bangassou dans le sud du pays est toujours dans la psychose, après l’affrontement qui a conduit à la mort de 4 casques bleus cambodgiens. Un comité de médiation a été mis en place ce 10 mai à Bangassou pour pousser les groupes armés au dialogue et à la libération d’un casque bleu toujours porté disparu.

La région sud du pays est plongée dans les violences après le départ de Ali Darass, chef de la faction rebelle de l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC) de Bambari au centre du pays. Dans la nuit du 08 au 09 mai, un accrochage a eu lieu entre des miliciens assimilés aux Anti-Balaka et les casques bleus de la Minusca à 25 Km de Bangassou sur l’axe Rafaï. Un soldat de la Minusca a été tué et trois autres portés disparus sur quatre, ont été retrouvés morts.

Selon les informations du RJDH, la psychose gagne toujours la population. « Les gens sortent un peu pour vaquer à leurs occupations mais dans la peur. Les écoles sont ouvertes ce matin à Bangassou centre. La Minusca a multiplié ses patrouilles terrestres et aériennes dans la ville et à Yongofongo. Le dernier soldat de la Minusca disparu est introuvable. Certaines sources affirment qu’il serait tué et son corps disparu », a confié une source locale jointe par le RJDH.

Des autorités locales se sont lancées dans la recherche d’un soldat marocain disparu, selon la même source. « Des recherches se poursuivent. Un comité de médiation a été mis en place. Le Cardinal Dieudonné Nzapalainga, dans la région, cherche des contacts et apaise la population. Je puis vous dire que l’enquête se poursuit », a ajouté la source.

Au village Yongofongo, à 25 km de Bangassou, là où l’attaque a eu lieu, la population est restée dans la brousse. Un membre du comité de médiation est dans le village, en attendant l’arrivée du Cardinal Dieudonné Nzapalainga, qui se trouverait dans la commune de Ouango-Bangassou non loin du théâtre des opérations.

A Bangui, les blessés ont été admis à l’hôpital de la Minusca. Les corps des quatre casques bleus Cambodgiens sont acheminés à Bangui. Les autorités politiques entre autres, le gouvernement représenté par le premier ministre et une délégation de l’Assemblée nationale ont présenté à la Minusca leurs condoléances ce matin.

La Minusca se dit profondément attristée de confirmer que trois des quatre casques bleus portés disparus depuis l’attaque d’hier ont été retrouvés morts et que le quatrième casque bleu reste porté disparu. « La Minusca coordonne étroitement avec les autorités centrafricaines pour assurer que les auteurs de cette attaque lâche soient arrêtés et traduits en justice. Elle rappelle que « porter atteinte à la vie d’un soldat de la paix peut être considéré comme un crime de guerre et passible de poursuites judiciaires», peut-on lire dans ce communiqué.

Les députés de Mbomou ont alerté ces derniers temps sur la présence des groupes armés qui entourent la ville de Bangassou, jusque-là symbole de l’unité nationale et de la cohésion entre les communautés.

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APPEL A LA MOBILISATION DES VICTIMES EN FAVEUR DE LA JUSTICE ET REPARATION

Le président de l’association des victimes d’événements d’octobre 2015(ASVI) Apollinaire Mokotemapa a appelé les victimes à plus de mobilisation pour obtenir justice et réparation. Propos tenu dans une interview accordée au RJDH ce 10 mai à Bangui.

Elles sont estimées à plusieurs milliers, les victimes de la crise politico sécuritaire de 2013, 2014 et 2015 à attendre justice et réparation. Il les interpelle à présenter leurs attentes en matière de la justice devant la Cour Pénale Spéciale. L’appel de Apollinaire Mokotemapa intervient un jour avant la célébration de la deuxième édition de commémoration de la journée en mémoire des victimes.

Conformément aux recommandations du forum de Bangui, le gouvernement centrafricain organise la journée de commémoration en la mémoire de victimes, appuyée par les ONG de défense des Droits de l’Homme. Plusieurs activités sont prévues dont la visite sur les lieux ayant marqué cette crise.

Apollinaire Mokotemapa, Président de l’Association des Victimes d’Evénements de 2015, conditionne la réconciliation véritable par la justice. « Des milliers de victimes vivantes demandent d’abord la justice qui est la seule instance à déterminer les responsabilités des bourreaux. Et le jugement qui sera prononcé donnera lieu à la réconciliation nationale », a-t-il dit.

Des milliers de victimes ont été recensées à travers le pays par les associations des victimes et des organisations nationales, internationales œuvrant dans le domaine de Droits de l’Homme en République Centrafricaine.

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UNE CLINIQUE CHINOISE SUSPENDUE DE SES ACTIVITES A BOALI

Une clinique médicale chinoise, installée à Boali, ville située à 95 km à la sortie nord de Bangui, est suspendue par les autorités sanitaires de la localité pour inobservation des normes prescrites en la matière.

Les responsables en charge de Santé publique dans la localité de Boali ne sont pas convaincus de la fiabilité de ceux qui tiennent cette clinique. « C’est monsieur Clément Bill de nationalité camerounaise qui exerce depuis un mois sans avis des autorités locales et fait office de médecin généraliste avec des avis publicitaires sur les ondes de la radio locale ainsi que des prospectus distribués dans les églises, alors qu’il n’a pas l’autorisation », a justifié Nicaise Eloi Boufoungo, médecin chef de l’hôpital de Boali.

En outre, il évolue frauduleusement selon le médecin. « Au fil des temps, ce monsieur s’est véritablement installé dans la ville et a commencé à circoncire les enfants et faire des petits soins. Il n’a pas présenté aux autorités locales et sanitaires des documents nécessaires », a-t-il remarqué.

Selon le constat du RJDH, le médecin chef à travers une correspondance, a suspendu les activités de cette clinique et qu’il est sommé d’avoir ses documents administratifs l’autorisant à ouvrir un cabinet médical délivré par le ministère de la Santé et l’autorisation de l’ordre des médecins, chirurgiens, pharmaciens et dentistes centrafricains. La région sanitaire, le district et le centre de santé locale n’ont pas encore réagi.

Clément Bill rejette en bloc ces allégations et affirment disposer de sa personnalité juridique et l’autorisation des autorités du pays pour commencer à exercer. « Je suis surpris de ce qu’on dit de moi. J’ai toutes les pièces afférentes et je dispose de l’autorisation d’installation du directeur de Cabinet du ministre de la Sécurité publique », a-t-il justifié.

Plusieurs centres de santé et officines pharmaceutiques évoluent dans l’informel et constituent un problème de santé publique dans le pays car l’Etat ne contrôle pas assez la qualité et la fiabilité de ceux qui exercent dans ces centres et officines.

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 12 LAUREATS DE L’ECOLE LAKOUANGA REÇOIVENT DE L’UNION EUROPEENNE LES PRIX DE DESSINS

L’Union Européenne a primé ce 08 mai, douze (12) élèves lauréats du prix qu’elle a financé sur le thème « notre Centrafrique, notre avenir ». Une initiative qui vise à transmettre aux communautés le message de la cohésion sociale en milieu scolaire.

L’Union Européenne attache du prix aux valeurs de paix, de la liberté et de la démocratie. C’est dans ce contexte qu’elle a lancé le concours de dessin à l’école Lakouanga  à Bangui le prix de dessin à travers lequel les enfants expriment leur vision de Centrafrique. C’est dans ce contexte que 12 enfants ont reçu de l’Union un don constitué des kits scolaires.

Bituli Bashkim, chef finance contrat de la délégation de l’Union Européenne en Centrafrique, présente l’objectif recherché par cet exercice. « Nous avons organisé un concours avec les enfants qui sont le futur de ce pays sur leur perception de ce futur. De voir comment et si véritablement toutes les plaies des évènements tragiques qui ont frappés ce pays y’a quelques années commencent à se  guérir et si les communautés peuvent revivre ensemble », a-t-il expliqué.

Il a en outre ajouté que les 12 lauréats représentent chacun un mois pour le calendrier de l’année prochaine. « On a choisi les desseins par rapport à leur qualité et le message que porte chaque desseins. Nous avons enregistré 50 desseins mais nous avons retenu que 12 pour en faire un calendrier de 2018. C’est pour cela que nous avons remis ces prix aux lauréats qui sont les élèves de l’école Lakouanga », a-t-il expliqué.

Lopez Bisouma, un des lauréats de ce concours qui a dessiné l’université de Bangui explique sa motivation : « ce n’est pas pour rien que j’ai choisi  de dessiner l’université de Bangui, parce que je veux que tous les enfants de Centrafrique étudient jusqu’à l’université pour que demain ils remplacent nos parents et prennent la destinée du pays », a-t-il espéré.

Le directeur de l’école Lakouanga, Roger Benjamin Rekakouzou plaide pour la pérennisation de l’initiative « Le dessin fait partie des activités pédagogiques  que nous menons à l’école. Ce concours nous permet de tester ce que nous leur avons appris en classe. Et nous demandons aussi à l’Union Européenne de continuer dans ce sens et d’aider davantage  le secteur éducatif », a-t-il lâché.

L’initiative de l’Union Européenne est la première après la crise qui a affecté aussi l’école et s’inscrit dans le cadre de journée de l’Europe, célébrée le 9 mai.

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L’UNION EUROPEENNE EQUIPE LA POLICE ET LA GENDARMERIE DES MOYENS ROULANTS

L’Union Européenne a fait don de 6 véhicules 4X4  et plusieurs accessoires d’une valeur de 250. 000 000 Fcfa aux forces de sécurité, ce 9 mai à Bangui. Un geste salué par le gouvernement centrafricain qui le considère comme un plus pour le maintien de la paix et de la sécurité.

Le premier partenaire financier de la République Centrafricaine a renforcé la capacité logistique des forces de sécurité dans un contexte de retour de la sécurité et de l’autorité de l’Etat. Il intervient alors que l’Europe célèbre sa journée à travers le monde et dans le pays.

Roger Souvadan, expert police à la Réhabilitation des Secteurs de la Justice et de la Police en République Centrafricaine (RESEJEP-RCA) présente les enjeux de ce don, «nous avons fait ce don  pour reconstituer le secteur de la police et de la gendarmerie, afin de contribuer au retour de la sécurité sur le territoire Centrafricain et ce don a un coût de 250.000.000 fcfa », a-t-il expliqué.

Le ministre Jean Serge Bokassa se félicite de ce geste et considère l’action de l’Union Européenne comme un plus pour son département, « ce don est significatif et vient en appui aux efforts qui sont faits pour le relèvement de ce secteur. Cela nous permet de  renforcer  la capacité opérationnelle de nos forces et nous aider davantage dans nos missions. Nous allons veiller sur ces matériels pour une exploitation rationnelle », a-t-il promis.

Ce geste fait l’Union Européenne vient 7 mois  après la table ronde de Bruxelles co-organisée avec le gouvernement où des annonces ont été faites pour financer le plan de relèvement de la RCA.

 

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