DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES

Mercredi 28 juin 2017 : 10H02

DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES

QUE DIT L’ACCORD DE SANT’ EGIDIO SUR LA QUESTION DE LA JUSTICE ?

L’accord de Sant’ Egidio signé à Rome le 19 juin dernier décide la mise en place d’une commission « vérité-justice et réconciliation », recommandée lors des assises de Bangui en juin 2015. 

Les pourparlers de Sant’ Egidio n’a pas exclu les grandes lignes de Forum de Bangui  notamment la question de la justice, réparation vérité et réconciliation. Même si l’accord a été signé le 19 juin et que les violences persistent encore sur le terrain, mais la justice selon un acteur de la société civile centrafricaine « reste le seul rempart dans le pays ».

Cette commission « Vérité Justice et réconciliation » a pour mandat de douze (12) mois selon les clauses de l’accord ;  laquelle commission qui après avoir acquis toute la documentation existante en la matière « doit précéder aux auditions qu’elle jugera utiles, et produira les recommandations adressées au Président de République et exposera devant l’Assemblée Nationale» peut-on lire dans l’accord signé entre les groupes politico-militaires et les institutions centrafricaine ainsi que la Minusca.

Ces différentes recommandations doivent porter certaines questions sur « le traitement traditionnel en ce qui concerne les cas de réparation et pardon, la réinsertion des leaders et cadres relevant des groupes politico-militaires, la libération des combattants détenus et l’adoption des lois sur la réconciliation nationale, gage de confiance, d’apaisement et de stabilité » ajoute ce document.

Sur les questions de la justice, le présent accord a pris en compte, il faut noter une avancée, celle du refus de l’amnistie « les recommandations du Forum de Bangui en la matière, le travail de cour pénale internationale et la cour Pénale spéciale le droit de la grâce du président de la République »

Si l’accord de Sant’ Egidio demande un cessez-le-feu entre les forces non-conventionnelles en Centrafrique, nul ne  doit s’échapper à la justice. Mais de certains acteurs et observateurs, cet accord reste un vœu pieux.

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LES ENGAGEMENTS POLITIQUES CONSIGNES DANS L’ACCORD DE SANT’ EGIDIO EN QUELQUE POINT

Les groupes armés signataires de l’accord politique de Sant’ Egidio s’engagent à cesser le feu sous le contrôle de la communauté internationale. Le pouvoir de Bangui doit réviser sa feuille de route dans le cadre du processus DDRR en impliquant les leaders des groupes armés dans le processus.

Tous les groupes armés s’engagent à respecter les autorités légitimes issues des urnes. Le gouvernement de son côté s’engage à considérer les groupes politico-militaires comme parties prenantes et in fine avec possibilité de création de leur formation politique.

Le gouvernement et les groupes armés sont décidés à collaborer avec les autorités traditionnelles et religieuses avec l’appui de la communauté internationale.

La première concession faite de part et d’autres c’est l’engagement de la Minusca à entamer une consultation sur la levée des sanctions pour les personnes visées par des sanctions du conseil de sécurité. La libération de combattants détenus et l’adoption de lois sur la réconciliation nationale.

Mais si l’accord est déjà salué au niveau international notamment par l’Union Européenne, premier partenaire stratégique et financier de la RCA, sa mise en œuvre dépend de ceux qui y croient.

Plusieurs leaders signataires de cet accord sont contestés au sein de leurs groupes et aujourd’hui leur influence auprès des hommes sur le terrain laisse libre cour au doute, en dépit de la présomption de bonne volonté de Sant Egidio.

Cet accord apporte-t-il de nouveauté par rapport au forum de Bangui de près de 700 articles ? Selon certaines discrétions, les groupes armés caressent le charme discret de voir nommé en leur sein un premier ministre, et exigent la transparence dans la gestion du processus DDRR rattaché à la présidence.

Qu’en sera-t-il de l’éthique politique ? L’accord politique de Sant’ Egidio risque de laisser de tache indélébile à long termes. Edouard-Patrice Ngaïssona un des leaders Anti-balaka s’est vu empêcher de se présenter aux élections présidentielle et législatives et l’agrément du ministère de l’Administration du territoire, parce que la lutte politique est incompatible à la lutte armée

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LE DEPUTE DE BRIA 01 ACCUSE LA MINUSCA DE PARTIALITE

Le député de Bria 1 Arsène Kongbo a accusé la Minusca de partialité suite à la tension sécuritaire à Bria à l’Est du pays, faisant plusieurs morts et blessés de part et d’autres. Accusation rejetée par la Minusca qui a annoncé le renforcement de son dispositif à l’Est et au Sud du pays.

L’accusation portée contre la Minusca par le député de Bria 1 Arsène Kongbo est faite ce 20 juin au RJDH lors d’une interview en réaction à la violence dans sa circonscription. « Les contingents de la Minusca sont partiaux et sont de connivence avec les Séléka et les informations à notre possession ne nous rassurent pas » a-t-il dit.

Ce combat entre les tendances FPRC et les Anti-Balaka intervient au lendemain de l’accord de Sant’ Egidio signé  par les groupes armés qui s’engagent à déposer les armes et à prôner la lutte politique pacifique. Accord que le député de Bria 1 Arsène Kongbo n’en croit pas et qualifie de couteau dans le dos du gouvernement.

Certains habitants de Bria pointent du doigt le FPRC d’être à l’origine des attaques d’hier. « Les éléments d’Abdoulaye Issène positionnés près de l’aérodrome sont à l’origine de ce regain de violence puisqu’ils ne s’entendent pas avec l’aile dissidente du FPRC ainsi que les Anti-Balaka », a expliqué au RJDH un habitant sous couvert de l’anonymat.

Argument rejeté par le porte-parole du FPRC qui réfute l’idée et accuse les Anti-Balaka d’islamophobe. « Nos positions ont été attaquées par les Anti-Balaka venus de Bangassou qui ne veulent rien écouter de l’islam. Le vrai problème avec eux c’est qu’ils n’ont pas un leader crédible avec qui discuter. Nous les avons mis en déroute », a expliqué Aboubakar Sidik Ali.

Lors d’une conférence de presse à Bangui, Vladimir Monteiro a indiqué que la Minusca a renforcé  ces dispositifs sécuritaires au sud et à l’est du pays. « Nous avons renforcé les patrouilles à Bangassou et à Bria avec une présence pour sécuriser les sites des déplacés », a-t-il dit.

Bria est retombé dans les violences armées trois semaines après les tensions faisant fuir environs 90% de sa population.

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LES ACTEURS JUDICIAIRES RENFORCENT LEURS CAPACITES POUR REDUIRE LES VIOLENCES FAITES AUX MINEURS

Une trentaine d’acteurs judiciaires, les OPJ, les magistrats, les greffiers renforcent leurs capacités ce mercredi 21 juin à Bangui, afin de réduire les violences basées sur le genre en milieu infantile. L’application des textes relatifs à la convention des droits des enfants par les acteurs judicaires pose problème.  

Charlotte Issa, lieutenant de la police et directrice adjointe de l’Unité Mixte d’Intervention Rapide (UMMIR) participant à cette initiation sur les droits des enfants a relevé que les mineurs sont  exposés aux violences basées sur le genre dans plusieurs domaines, « la convention relative aux droits des enfants n’est pas appliquée. Cela constitue déjà une violation au niveau de la chaine pénale », a-t-elle constaté.

Poursuivant, charlotte Issa pense que « les acteurs judiciaires à la sortie de la séance d’échange auront la charge de prendre leur responsabilité pour respecter et faire respecter les textes des droits humains dans l’exercice de leurs fonctions. Le tribunal pour enfant existe de nom, mais en réalité ne fonctionne pas comme il se doit », a-t-elle suggéré.

La directrice adjointe de l’UMMIR a relevé par ailleurs que « l’enrôlement des mineurs par des groupes armés, la maltraitance des enfants dans les foyers, la fragilité des droits à l’éducation par la crise, le manque d’établissement d’acte de naissance des enfants … sont autant de violations des droits des enfants constatées en Centrafrique », avant de rajouter que « les acteurs judiciaires doivent y veiller afin de réduire ce fléau».

La convention relative aux droits des enfants a été adoptée et signée le 20 novembre 1980, elle est entrée en vigueur en 1990. L’application de ce texte conventionnel par les acteurs de la chaine pénale pose problème.

 

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