DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES 10.04.2017

DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES

PLUSIEURS MUNITIONS DETRUITES PAR UNMAS EN TROIS ANS DE PRESENCE DANS LE PAYS

Lors d’une conférence de presse à Bangui, UNMAS a annoncé avoir détruit des engins et des munitions et des armes de petist calibres après trois ans de présence dans le pays. 

350.614 munitions détruites dont 159.540 détonateurs, 4.098 engins explosifs non explosés et 186.376, c’est le bilan des engins détruits et des actions menées par UNMAS en prélude à la journée de sensibilisation contre les mines et engins explosifs à travers le pays.

Les premières tentatives ont été un succès selon Richard Derieux. « Suite à la crise militaro-politique du 24 Mars 2013, beaucoup d’armes de tous calibres circulent librement au sein de la population, ce qui constitue une menace pour la sécurité. C’est pourquoi en 2015, nous avons détruit six tonnes de munitions au camp Béal proche de l’hôpital Communautaire de Bangui », a-t-il présenté.

Dans son rapport l’UNMAS s’est focalisé sur la pédagogie pour enseigner aux centrafricains le danger que représente ces engins pour la sécurité de la population notamment les ouvriers engagés dans les travaux THIMO. Environs 1814 personnes ont bénéficié de cette opportunité, peut-on lire dans ce rapport.

L’UNMAS est en Centrafrique depuis le 10 avril 2014 et a pour mission de collecter et détruire des stocks  d’armes  et des munitions conformément à la résolution 2301 du Conseil de sécurité.

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LES ANTI-BALAKA PILLENT LA VILLE DE BANG APRES LE RETRAIT DES EX SELEKA

Les Anti-Balaka ont pillé la ville de Ngaoundaï et Bang   après le retrait des ex-Séléka qui ont investi la ville pendant 24h et ont aussi pillé. Les domiciles des fonctionnaires et les services de Douane ont été pillés.  L’information est confirmée au RJDH par  Luc Belkpi, président de la délégation spéciale de la commune de Ngaoundaï.

Deux jours après le retrait des ex-Séléka de la ville de Ngaoundaï, la Minusca est présente à travers le contingent Bengladesh. C’est le constat du RJDH confirmé par les autorités locales de la ville de Ngaoundaï. Alors que les ex Séléka se retirent, les Anti-Balaka des villes environnantes font des exactions, selon des sources concordantes.

Les domiciles des fonctionnaires et certains services de l’Etat sont visés. « Les Anti-Balaka de Bocaranga, Bouar, Bozoum et Zawa continuent de piller la douane de Bang et les maisons des fonctionnaires et agents de l’Etat qui ont fui », ont indiqué au RJDH des sources locales.

Le réseau téléphonique coupé après l’incursion des Séléka est repris dans la localité et le retour de population qui a fui, est encore timide et progressif. Ce mouvement fragilise le retour de l’autorité de l’Etat.

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LES ELEVES DU LYCEE DE BIMBO DANS LA RUE POUR RECLAMER DES TABLE-BANCS

Plusieurs  centaines d’élèves du lycée de Bimbo à la sortie sud de Bangui, ont organisé ce matin une manifestation pour réclamer la dotation de l’établissement en table-bancs.

Les manifestants affirment avoir organisé cette manifestation à cause de l’insuffisance des table-bancs. « Le lycée fait face à cette situation depuis deux ans aujourd’hui. C’est à même le sol que nous prenons cours alors nous ne pouvons plus supporter c’est pourquoi nous avons décidé de manifester ce matin pour exiger des table-bancs », a confié un des manifestants rencontré sur les lieux.

Un autre manifestant dit ne pas comprendre pourquoi l’établissement n’a pas de table-bancs alors qu’ils payent régulièrement les frais de scolarité. «  Il y ‘a plusieurs milliers d’élèves ici au lycée de Bimbo qui s’acquittent des frais de scolarité et de l’Association des Parents d’Elève. Alors pourquoi est-ce qu’on ne nous donne pas de table-bancs ?» s’est-il interrogé.

Selon un constat de RJDH une salle de classe comprend 200 élèves pour 18 table-bancs ce qui fait en moyenne 11 élèves pour une table de 1,5mètres. Le proviseur du lycée de Bimbo n’a pas souhaité répondre à notre sollicitation le temps pour lui de contenir les manifestants.

La République Centrafricaine est un pays producteur de bois. Cette manifestation des élèves survient après la volonté du chef de l’état d’augmenter le budget de l’éducation nationale de 24%.

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CLASSEMENT FIFA : LES FAUVES CHUTENT A TOUS LES NIVEAUX

La sélection centrafricaine de football ne rassure pas. C’est ce qui ressort du classement de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) de ce mois d’avril 2017. Les Fauves de Bas-Oubangui ont largement régressé au plan mondial et continental.

Amicaux ou non, à force de perdre tous ses matchs, la Centrafrique a payé au classement FIFA. La sélection nationale a fait une chute libre de 22 places dans le dernier classement FIFA publié ce 06 avril. 108e, il y a quatre semaines, elle occupe pour ce mois, la 130e place au plan mondial, alors que sur le plan continental elle est 37e .

Ce mauvais positionnement des centrafricains ne surprend guère. Elle est la conséquence directe des deux défaites des Fauves de Bas–Oubangui en match amical contre la sélection locale du Maroc et la Gambie, il y a quelques jours.

Dans le même groupe des éliminatoires de la CAN que la RCA, la Côte Ivoire est 9e et le Rwanda 34e.

Le pire classement FIFA des Fauves de Bas–Oubangui remonte en 2009 (200e), loin de la 52e place acquise en 2012. Sur cette liste actualisée, le Brésil est sur le toit du monde et l’Egypte N°1 en Afrique.

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PLUSIEURS SANS ABRIS APRES L’INCENDIE SUR LE SITE DES DEPLACES DE KAGA-BANDORO

Environ 4.987 personnes affectées, 61 évacuées dans les structures de santé et 22 blessées, c’est le bilan partiel de l’incendie qui a ravagé ce 5 avril une partie du site des déplacés de Kaga-Bandoro, installé non loin de la base de la Minusca.

L’incendie qui a ravagé le bloc N°5, 6, 7  et une partie du bloc 8 est la troisième du genre en 14 mois et intervient alors que l’Hôpital de Bambari vient de prendre  feu ce week-end, laissant un bilan de 351.418 personnes affectées. Le centre de santé Saint Joseph de Bouar n’est pas épargné,  la toiture a été emportée par le vent mardi dernier.

L’origine de l’incendie, qui semble être ménagère a brulé les tentes de fortunes pendant au moins deux heures, alors que les déplacés des zones touchées sont conviés à une distribution des vivres à 02 Km du site.

Selon Enoch Ngoya Nago, président du site des déplacés de Kaga-Bandoro, c’est chaque année que le site connait des cas d’incendie. « Pour ce cas précis, les dégâts matériels sont consistants. Les tentes de fortunes sont tellement rapprochées qu’il a été difficile d’éteindre le feu ou tenter de sauver certains effets », a-t-il expliqué.

L’une des déplacés déplore la lenteur dans l’intervention des Casques bleus. « A chaque fois quand il y a l’incendie, ils préfèrent prendre les photos, faire des vidéos. Dès que le feu est au seuil du ralenti, c’est en ce moment-là qu’ils essaient d’éteindre le feu. N’est-ce pas une manière de nous chasser d’ici ? », s’est-elle interrogée.

Le site des déplacés de Kaga-Bandoro est installé depuis 2014 à l’Evêché. Les évènements du 12 octobre 2016 ont contraint les déplacés à s’installer proche de la base de la Minusca.

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TOUADERA SOLLICITE L’APPUI SUD-AFRICAIN POUR LE RELEVEMENT DE SON PAYS

Le Président Faustin Archange Touadera est depuis lundi 03 avril en visite de travail en Afrique du Sud pour renforcer la coopération bilatérale entre Bangui et Pretoria. Le Chef de l’Etat Centrafricain a exhorté les sud-africains d’appuyer le relèvement de son pays sous diverses formes.  

C’est dans une Afrique du Sud confrontée à une fronde anti-Zuma qu’est arrivé lundi 03 avril, le Président Touadera accompagné de Léopold Mboli Fatrane, Ministre des Mines et de l’énergie, de Stanislas Moussa Kémbé, Ministre Conseiller diplomatique à la Présidence et de  Maxime Kazagui, Consul d’Afrique du Sud en RCA.

Avant de rencontrer son homologue sud-africain Jacob Zuma, Faustin Archange Touadera a échangé mardi avec les ministres sud-africains de la Sécurité et des mines, a rapporté la Présidence centrafricaine. Le Chef d’Etat a d’abord rappelé à ses hôtes les efforts réalisés depuis le retour à l’ordre constitutionnel avant de préciser la raison de sa visite qui est celle « de solliciter le renforcement de la coopération bilatérale avec l’Afrique du Sud ».

Aussi, la République Centrafricaine voudra profiter des atouts sud-africains   « notamment son implication pour la réussite du DDRR et la restructuration des Forces Armées Centrafricaines », a souligné la Présidence Centrafricaine.

Pareillement, d’autres secteurs de développement ont été au centre de la rencontre, notamment l’Agriculture et les mines. « Deux domaines dans lesquels l’Afrique du Sud excelle. Ainsi, vu les potentialités agricoles et minières de la RCA, nous comptons sur l’aide et l’expérience de l’Afrique du Sud pour les développer », a souhaité  Touadéra. Aussi, il a invité le secteur privé sud-africain «  à se rendre le plus vite possible en RCA pour faire les affaires ».

Face à ces préoccupations, l’Afrique du Sud est disposée à accompagner la Centrafrique, a déclaré M. David Malhobo, ministre de la Sécurité d’Etat. « L’Afrique du Sud est prête à mettre son expertise dans le domaine de la formation, de l’énergie, des infrastructures, les télécommunications pour aider la RCA à se relever», lit-on dans le communiqué. Concernant  le secteur minier, M. David Malhobo a rappelé que les ministres de tutelle des deux pays avaient « déjà commencé à travailler ensemble » et informé que « le premier ambassadeur sud-africain en Centrafrique s’installera à Bangui au mois de juin ».

Au plan sécuritaire, Touadera s’est aussi entretenu avec Mme Nosiviwe Mapisa-Nqakula, Ministre de la Défense sud-africaine, mais rien n’est assorti de cette rencontre. Profitant de sa visite, Faustin Archange Touadera a échangé avec la diaspora centrafricaine établie au pays Arc-en-ciel.

Contacté par le RJDH sur l’aide financière à la RCA, le juriste centrafricain, Yves Schamird Baliakado a souligné que «  le Président Touadéra a compris l’enjeu de la dépendance financière très contreproductive et tente d’en sortir par ce voyage d’affaire en ce moment en Afrique du Sud ».

Sur les réseaux sociaux, ce renforcement de la coopération est saluée par les centrafricains. Ken Lincol Bissaholo, un étudiant à Accra, a félicité l’initiative et souhaité que Touadéra coopère aussi avec « le Nigeria, l’Egypte, l’Algérie, le Maroc, le Kenya et l’Ethiopie ». Par ailleurs, d’autres pensent que c’est encore un voyage de trop et le Conseiller du Président de l’Assemblée Nationale, Alain Lamessi a noté « l’absence remarquée du Ministre des Affaires Etrangères à cette rencontre d’Etat ».

Depuis 2008, Bangui et Pretoria ont noué une alliance stratégique matérialisée par des accords de défense et économique, mais refroidis après la chute de François Bozizé en 2013 avec la mort d’environ 13 soldats sud-africains à l’entrée de la coalition Séléka de Michel Djotodia.

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LE CENTRE DE DIALOGUE HUMANITAIRE INQUIET DE LA PROLIFERATION DES ARMES DE PETITS CALIBRES

Le Centre de Dialogue Humanitaire (CDH) est inquiet de la prolifération des armes de petits calibres et munitions dans le pays. Inquiétude exprimée lors d’une rencontre avec la société civile à Bangui en vue d’intensifier la lutte.

La République centrafricaine est signataire de l’accord de Nairobi sur la lutte contre la prolifération des armes légères et petit calibre. Cette inquiétude appelant à l’implication de la société civile dans la lutte, intervient dans un contexte de mise en place de la commission nationale de la lutte contre la prolifération des armes légères et petits calibres après la crise.

L’enjeu de cette rencontre est d’impliquer tout le monde dans ce processus de lutte contre les armes et la pacification du pays, selon un cadre du CDH. « Les armes de petits calibres et minutions constituent un danger permanent pour la population. Il appartient aux organisations nationales en appui des ONG internationales de mener cette lutte », a souligné Gwénala Posseme- Rageau.

Il a en outre ajouté que la lutte doit être transfrontalière. « L’infiltration des armes provenait des pays frontaliers, entre autres, le Tchad, le Soudan, le Soudan du Sud, les deux Congo et le Cameroun. Pour ces faits, plusieurs conventions ont été signées. En 2010, une convention  a été signée dans le but de la lutte conjointe avec les pays de la sous-région », précise-t-elle avant de relever que la mauvaise gestion des frontières est l’une des causes de la prolifération.

L’inquiétude du Centre de Dialogue Humanitaire intervient après celle de l’OIM qui dans un rapport a fait des recommandations dans ce sens.

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DES MINORITES PYGMEES AUX SUD-OUEST VICTIMES DES VIOLATIONS DES DROITS HUMAINS

La marginalisation, le viol, et comportement inhumain et dégradant sont autant de violations enregistrées dans la Sangha-Mbaéré au Sud-ouest du pays. Un constat documenté dans un rapport de l’ONG  Maison de l’Enfant et de la Femme Pygmée de Centrafrique entre 2016 et 2017. 

Dans ce rapport, l’ONG a déploré la violation flagrante des dispositions des textes internationaux ratifiés par la République Centrafricaines relatifs au droit des peuples autochtones à savoir : la convention 169 de l’Organisation International de Travail (OIT), la déclaration des Nations-Unies sur les droits des peuples autochtones ainsi que les dispositions de la constitution, notamment son préambule qui stipule que l’être humain est sacré.

Devant ce constat de violation grave, Jean Bruno Ngougnogbia, chargé de programme à la Maison de l’Enfant et de la Femme Pygmée plaide pour un changement de mentalité et la protection. «Avec le soutien du Fond Mondial de la Nature, (WWF), nous avons initié un projet sur les droits des peuples autochtones afin de promouvoir leur participation sociale, économique, politique, et culturelle dans les régions  du sud-ouest de la République Centrafricaine. Ceci pour faciliter l’accès à la justice, l’assistance juridique et de mener des plaidoyers au niveau national », a-t-il expliqué.

Il a en outre présenté les motivations de son ONG en faveur des victimes. « La minorité pygmée vivant au sud-ouest du pays continue de vivre la discrimination, la marginalisation et même la stigmatisation. Nous condamnons cela et appelons les autorités à veiller sur le droit de ces peuples autochtones », a-t-il affirmé.

L’ONG Maison des Enfants et de la Femme Pygmée œuvre dans la partie sud-ouest du pays en faveur des peuples autochtones dans le cadre d’un projet de promotion de leur droit et de leur relèvement socio-économique au sein de leur communauté depuis 2015.

La République centrafricaine a ratifié le 30 août 2010 la convention de l’OIT (nº 169) relative aux peuples indigènes et tribaux. Elle est jusqu’à ce jour l’unique pays au monde qui a ratifié cette Convention.

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