DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES: 04/01/2017

Mercredi 04/01/2017 : 09H22

DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES

 

TIMIDE REPRISE DES ACTIVITES APRES LA FETE DU NOUVEL AN

 

Après la célébration de la fête du nouvel an, les activités ont timidement repris ce lundi 02 janvier 2017 dans les administrations publiques et privées de la ville de Bangui. Certains commerçants sont présents mais la circulation n’est pas fluide comme dans les deux derniers jours. Beaucoup de personnes ont cru que ce jour est férié.

D’après le constat fait par le RJDH ce matin, la ville est calme et la circulation n’est pas fluide comme d’habitude au niveau de centre-ville. Certains commerçants ont ouvert leurs boutiques, le marché central n’est pas mouvementé comme au quotidien.

Certains bureaux admiratifs sont ouverts et avec une faible présence de personnels.

Gérard Parry Ngouamatou, directeur des ressources humaines au ministère de l’environnement et du développement durable, des Eaux et forêts, chasses et pêches a expliqué que la journée du 2 janvier n’est pas décrété jour férié. « Le ministre de la fonction publique avait publié un communiqué dans les médias, appelant les fonctionnaires à se rendre au travail le 26 décembre et le 02 janvier », a-t-il rappelé.

Il a aussi noté que dans son Département, le personnel a répondu à l’appel. Jospin Mbongo-Ngougnon, secrétaire chef du parquet de Bangui, a profité de notre micro pour exhorter les centrafricains à la prise de conscience. Pour lui, « l’heure n’est pas à la fainéantise, mettons-nous travail afin de bâtir un Centrafrique nouveau. La fête c’est samedi et dimanche et habituellement à ces jours, nous sommes à la maison et le lundi on reprend le travail. C’est exactement le même cas, nous devons prendre conscience car la destinée de notre pays est entre nos mains », a-t-il dit.

Les Centrafricains ont accueilli l’année 2017 dans une ambiance festive, contrairement aux quatre dernières années de troubles qui ont secoué le pays. Beaucoup des centrafricains souhaitent que l’année 2017 apporte la paix au pays.

Timide reprise aussi dans les provinces

A Bozoum dans la préfecture de l’Ouham-Pende, on note une timide reprise des activités, les forces de maintien de l’ordre et les commerces sont opérationnels. L’administration est fermée, les débits de boissons aussi. Sinon, on a constaté une rareté de ses produits, a rapporté le correspondant, du RJDH dans la région.

La ville de Nzako a été quant à elle endeuillée. On a enregistré trois cas de mortalité suite à des tirs d’armes lourdes et légères par des inconnus armés, le 31 décembre dernier. Une timide reprise des activités a été constatée ce matin du 02 janvier, a fait savoir notre correspondant dans la localité.

A Kaga-Bandoro, un incident a aussi fait 1 mort plus 4 blessés selon la Minusca. Deux hommes  armés sur une moto ont tiré sur les jeunes du Scoutisme.

A Bambari, c’est aussi un calme relatif ce lundi 02 janvier. Tous les services administratifs et les commerces fonctionnent. Aucun incident n’a été déploré parmi la population.

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1ER JANVIER 2017 PLACE SOUS LE SIGNE DE PARDON A BABOUA

 

La fête du 1er janvier 2017 est marquée par des signes de pardon et de réconciliation dans la ville de Baboua.

Le maire de la ville de Baboua, David Ngoko, a lancé un message de pardon à ses ravisseurs le 1er janvier 2017, en présence de la population de Baboua. La reprise des activités dans l’arrière pays est relative à ce geste.

La fête de nouvel an a été placée sous le signe de la réconciliation à Baboua.  Le maire de cette localité, a lancé un message de pardon à ses ravisseurs le 1er janvier 2017 et a remercié le gouvernement et toute personne qui ont contribué à sa libération après son kidnapping. A cette même occasion, le Front Démocratique du Peuple Centrafricain  (FDPC) a aussi demandé pardon à la population de la ville de Baboua et aux autorités locales.

Ce message de pardon lancé par cette autorité communale, entre dans le cadre de la cohésion sociale et la culture de paix. « La page de la haine est tournée, faisons place à la cohésion et à la paix, pour une relance des activités socioéconomiques »,  a déclaré le président de la délégation spéciale de la ville de Baboua, David Ngoko. Fait relaté par Job Mohouna depuis Baboua.

A cette même occasion de la fête du 1er janvier 2017, dans la même localité, le représentant du FDPC d’Abdoulaye Hissene a demandé également pardon à la population de la sous-préfecture de Baboua en général et aux autorités administratives en particulier.

Le Sous-préfet de Baboua, le maire de la ville et le pasteur de l’église Apostolique ont été pris en otage le 15 juillet 2015, par des inconnus armés. Ils ont été libérés en juillet 2016.

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DES ONG DES DROITS DE L’HOMME PLAIDENT POUR LES VICTIMES DE LA CRISE

 

Des organisations de défense des droits de l’Homme se sont mobilisées pour mener des actions en faveur des victimes des événements de 2012-2014 et d’octobre 2015. Une rencontre de plaidoyer s’est déroulée le vendredi 30 décembre 2016 au Stade 20.000 Places à Bangui grâce au financement de l’ONG Cordaid.

Les victimes des événements de 2012-2014 et celles d’octobre 2015 ont été conviées le weekend dernier au stade 20.000 Places à Bangui à une assise dont le but était de proposer des actions concrètes dans le cadre du programme de plaidoyer et leur prise en charge psychosociale.

Apollinaire Mokotemapa, président de l’Association des Victimes d’événements d’octobre 2015 et sa suite (ASVI), a justifié que leur action consiste à prioriser la justice et la réconciliation. « L’identification des victimes, la formation sur la notion des Droits de l’Homme et la sensibilisation de ces dernières dans des quartiers sera notre priorité des priorités », a souligné le président de l’ASVI.

Les Violences Basées sur le Genre (VBG) sont l’une des exactions la plus rependue dans le pays, selon les investigations de l’Association des Femmes Juristes de Centrafrique(AFJC).

Des ONG de droits de l’Homme notamment, la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme, le Réseau des Journalistes pour les Droits de l’Homme (RJDH) et l’Association des Victimes d’Evènements de 2012 ainsi que celles de 2015 vont développer des stratégies pour permettre de mener des activités auprès des victimes.

Cette rencontre est un projet de l’ONG internationale Cordaid en Centrafrique sur financement du gouvernement Néerlandais qui durera cinq ans. L’Objectif selon le Directeur de programme assurant l’intérim du Directeur-Pays, Joseph Mosheka, «est de mettre au centre des préoccupations, la lutte contre l’impunité dans le pays ».

La journée de plaidoyer en faveur des victimes, dénommée « les victimes d’abord », organisée dans le cadre du projet de partenariat stratégique en faveur des victimes et développé par les organisations des droits de l’homme, LCDH, RJDH, AFJC, Cercle Théologique pour la Paix et les associations des victimes AVED et ASVI.

 

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OCHA EXHORTE LES BAILLEURS A SOUTENIR LES ACTIVITES DE PAM

Le chef de Bureau de la Coordination  des Affaires Humanitaires en Centrafrique, Joseph Inganji, dans une interview avec le RJDH exhorte les bailleurs de fonds à soutenir le Programme Alimentaire Mondial (PAM) qui manque de financement. Pour lui, si la situation actuelle de cette agence onusienne persiste, l’aide accordée par PAM aux personnes vulnérables risque de s’épuiser en fin janvier 2017.

Selon Joseph Inganji, chef de Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires en Centrafrique, le manque de financement pour la Centrafrique pourrait contraindre le Programme Alimentaire Mondial(PAM) a cessé ses activités dans le pays. Il a relevé que « la situation de financement pour la RCA est grave, le PAM ne pourra plus appuyer la population à partir du 31 janvier 2017 par manque de financement ».

Joseph Inganji a déploré que face à cette situation, « nous ne savons pas comment répondre aux besoins des personnes vulnérables. Sans une assistance en vivres, comment des personnes qui n’ont pas cultivé leurs champs survivrons ?» s’est-il-plaint.

Joseph Inganji a exhorté les médias et  la communauté internationale à avoir un autre regard sur la crise Centrafricaine « pour nous aider à ce que la Centrafrique ne tombe pas dans l’oubliette, car la RCA connait une crise humanitaire prolongée ». Il a annoncé que « nous sommes en train de travailler avec les acteurs de développement  pour résoudre les problèmes réels et pour être capable de voir où il faut faire le développement et où il faut faire l’action humanitaire en attendant que la situation se stabilise dans le pays».

Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a besoin de 21,5 millions de dollars américains pour maintenir l’assistance à 150.000 personnes déplacées et réfugiés jusqu’en juin 2017, selon le rapport  publié le 22 décembre 2016.

En 2016, seule la moitié des populations a été assisté par le PAM. Environ 400.000 individus sur prêt d’un demi-million de personnes sont démunis. Le PAM est la plus grande agence humanitaire qui lutte contre la faim dans le monde.

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LES POINTS FORTS D’ACTUALITES HUMANITAIRES DE L’ANNEE 2016

Les 365 jours qui se sont écoulés ont vu beaucoup d’évènements malheureux ou heureux se déroulés. RJDH vous fait redécouvrir les personnages, évènements et dates-clés qui ont fait l’actualité humanitaire 2016 en Centrafrique.

La Centrafrique, plongée dans une crise sécuritaire et humanitaire depuis trois ans a renoué à l’ordre constitutionnel le 30 mars 2016, qui a ouvert un nouveau chapitre dans son histoire. L’avènement d’autorités et d’institutions démocratiquement élues a suscité un immense espoir.

A la tribune du 1e Sommet humanitaire d’Istanbul tenue du 23 au 24 mai, le Chef d’Etat F. A. Touadera avait lancé un appel à la communauté internationale pour renforcer l’appui à la Centrafrique  afin de permettre le développement et de mettre en œuvre une stratégie appropriée au retour des déplacés comprenant un Projet de reconstruction de logements pour les déplacés et celui de réinsertion socio-économique pour les retournés.

Depuis le début de l’année,  au moins 199.599 déplacés sont  retournés dans leur lieu de résidence  habituelle. 12 rapatriements volontaires des réfugiés vers la Centrafrique et 26.792 réfugiés centrafricains sont rentrés d’une manière spontanée, selon les données du HCR d’octobre 2016.

Jeudi 15 décembre, l’opération « Noël à la Maison » pour le retour des déplacés est lancé par le Président F.A. Touadera sur le site de l’Aéroport Bangui M’Poko. Programme réalisé avec l’appui des partenaires humanitaires. Ce grand site comptait au 15 décembre 2016, 28.000 déplacés pour 8.378 ménages.

La même année, les 2.000 déplacés de la Paroisse Saint Sauveur ont quitté le site sur appui de la Caritas. Pareillement de ceux du Site du Grand Séminaire Saint Marc de Bimbo, ainsi que celui de Saint Bernard et le Monastère Marie Mère du Verbe de Boy-Rabe.

Bien que l’insécurité alimentaire touche encore plus de 1.879.827 personnes, au moins 385.750 déplacés ont bénéficié d’assistance humanitaire et 1.5 millions ont été soignés, selon OCHA.

Les gouvernements Centrafricain, Tchadien et le Haut-commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés se sont mis d’accord sur le processus de rapatriement volontaire des Centrafricains réfugiés au Tchad. Une réunion tenue le 02 août dernier à Bangui, a permis aux trois parties de définir les préalables à cette opération.

Aussi, une réunion tripartite a eu lieu du 3 au 4 novembre entre la Centrafrique, le  Cameroun et le HCR pour le retour des réfugiés.

En faveur du retour au calme à Bangui et dans certains coins de la RCA, les réfugiés Centrafricains au Mali ont manifesté pour leur retour depuis le 08 septembre devant la base de l’UNHCR à Bamako. Manifestation violement réprimée par la police malienne.

Mais ceux du Tchad de retour à Bangui ont été empêchés de franchir la frontière camerounaise et sont réinstallés sur un site au Cameroun.

Des épidémies et catastrophes naturelles s’invitent dans la crise

Depuis fin juillet 2016, la Centrafrique fait face à trois épidémies qui se sont déclarées dans trois différentes régions.

Le choléra, déclaré le 10 août par le ministère de la santé.  Des cas suspects de grippe touchent la commune de Niem-Yelewa vers Bouar et la sous-préfecture de Kaga-Bandoro est frappée par une épidémie de peste porcine.

Les pluies diluviennes des 02 au 07 octobre qui se sont abattues sur Kaga-Bandoro ont causé de nombreux dégâts. 3.000 sans-abris.

Deux semaines après, les quartiers sud de Bangui ont été aussi touchés par l’inondation suite aux pluies des 26 et 26 octobre, faisant 876 personnes sans-abris.

La réévaluation des besoins a permis de relever que 2.700.000 de personnes ont besoin d’assistance et 70.000 nouveaux déplacés ont été enregistrés suite des regains des tensions dans plusieurs provinces du pays.

Situation des humanitaires

Le Bureau de la Coordination des Affaires humanitaires en République Centrafricaine (OCHA) a répertorié en 2016, 336 attaques contre les humanitaires dont 56,8% sont des braquages et des cambriolages. En outre, cinq humanitaires ont trouvé la mort dans l’exercice de leurs fonctions.

Pour cette année qui s’achève, deux grandes journées ont été organisées à Bangui pour informer le public sur la mission des ONG. La journée de l’aide humanitaire le 19 août 2016 et celle des ONG célébrée le 13 décembre 2016 autour du thème : « ONG, avec vous, pour le relèvement de la RCA ». Ces deux manifestations ont été organisées par le CCO à travers l’ouverture des stands aux organisations.

Aussi, selon OCHA,  le financement des actions humanitaires a été faible. 36.2% des 531.5 millions de Dollar requis en 2016 a été reçus pour le plan de réponse humanitaire

Même si en 2016 la situation humanitaire s’est stabilisée, nombreux défis restent à relever pour appuyer les 2.7 millions de personnes qui sont dans le besoin. 402.2 millions de dollars sont attendus pour le financement de trois objectifs stratégiques du plan de réponse humanitaire 2017.

 

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CENTRAFRIQUE : FORT TAUX DE VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME EN 2016

L’année 2016 restera pour les centrafricains, surtout de l’arrière-pays un mauvais souvenir pour les droits humains. Elle a été emaillée par de nombreuses crises qui ont porté atteinte à la dignité humaine. Cela est confirmé par le rapport de la Minusca publié le 15 décembre 2016. Ainsi pour juger les criminels de guerre, la RCA a créé une instance judiciaire spéciale, la  CPI.

Le mardi 15 mars 2016, Abdoulaye Hisseine, un leader de la Séléka sous mandat d’arrêt international a été libéré de force par un commando. Extrait de sa cellule de la SRI.

Les victimes des exactions de Jean Pierre Bemba sont réconfortées et crient victoire. Le 21 juin 2016, Jean-Pierre Bemba a été condamné à 18 ans de prison par la Cour Pénale Internationale. Il a été reconnu coupable de trois chefs d’accusation, entre autres, crimes de guerre (meurtre, viol et pillage), commis en Centrafrique entre octobre 2002 et mars 2003.

La multiplication des grands crimes et l’impunité dont bénéficient leurs auteurs sont dénoncées par les défenseurs des droits de l’homme. Face à cette situation, le ministre de la justice, Flavien Mbata lors de son interpellation devant le parlement le jeudi 30 juin a regretté la non-exécution de centaine de mandats d’arrêts délivrés contre certains criminels.

Le 26 juillet de la même année lors d’un point de presse, le Ministre de la Justice a annoncé la mise en place de la Cour Pénale Spéciale et la nomination du procureur de la Cour au mois de décembre et celui des juges d’instructions et la formation des policiers et gendarmes.

Le fugitif Abdoulaye Hisseine, sous mandat d’arrêt international et un commando ont réussi à s’évader de la capitale dans la nuit du 12 au 13 août 2016 au vu et au su de tous.

Un mois après, un accord relatif à l’opérationnalisation de la Cour Pénale Spéciale a été signé le 26 août 2016, pour un coût global d’environ 7 millions de dollars américains afin de couvrir les 14 premiers mois. Et le bâtiment du tribunal de grande instance de Bangui est choisi pour abriter cette cour hybride.

Après trois ans d’inactivité, la Session criminelle  a été rétablie en Centrafrique. 59 dossiers ont été enrôlés entre le 26 août et le 26 septembre 2016. 62% des dossiers ont été traités et plusieurs affaires, ont été renvoyées à la prochaine session pour manque d’investigation.

Impossible aussi pour les centrafricains de tourner la page de 2016 sans évoquer la hausse du taux de violation des Droits de l’Homme. Le 1e décembre, la Division des Droits de l’Homme   (DDH) a publié son rapport. « Le nombre de violations, d’abus et de victimes a augmenté de plus de 70 % » contrairement au premier rapport, de septembre 2014 au 31 mai 2015 », a indiqué le document. Les auteurs de ces violations sont les anti-Balaka, les ex-Séléka, la LRA, les 3R, le RJ ainsi que les forces de défense et de sécurité gouvernementales.

Exacerbée par « les multiples violations des droits de l’homme commis par les groupes armés », la société civile a organisé une journée ville-morte le 24 octobre pour réclamer le départ des casques bleus accusés de « passivité ». Gervais Lakosso et Marcel Mokwapi, deux leaders de la société civile sont déférés le 07 novembre à l’annexe de la Maison d’Arrêt de Ngaragba au camp de Roux pour atteinte à la sureté intérieure de l’Etat, trouble à l’ordre public et destruction de biens et de violence.  Ils recouvreront la liberté provisoire le 15 novembre de la même année.

L’Assemblée Nationale a adopté le 09 novembre la loi de parité  Homme et Femme. Cette Loi a été promulguée 24 novembre par le Chef de l’Etat Faustin Archange Touadera exigeant 35% de femmes dans les sphères de prise de décision en Centrafrique. Ce quota s’impose tant au secteur public que privé.

Le 6 décembre 2016 Dominique Ongwen de la LRA est jugé devant la CPI pour 70 crimes commis en Ouganda. Les victimes centrafricaines exigent qu’il soit aussi jugé pour ses crimes en Centrafrique.

Les attaques contre les civiles, celles sur les camps des déplacés et contre les humanitaires, ont marqué le tableau sombre des violations des droits humaines en 2016./Judicaël Yongo et Auguste Bati-Kalamet

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CENTRAFRIQUE : PERSISTANCE DES VIOLENCES BASEES SUR LE GENRE

Viol et abus sexuel sur mineures par les forces internationales et violences domestiques sur des femmes et des mineures en passant par les nombreux cas d’assassinat des personnes âgées accusées de sorcellerie ont emaillé 2016.

La Mission des Nations-Unies en Centrafrique continue d’être ébranlée par des accusations d’abus sexuels.

1e  avril 2016, les Nations-Unies viennent d’annoncer 108 nouvelles affaires d’abus sexuels prétendument commis par des casques bleus internationaux en République Centrafricaine (RCA). Les victimes sont majoritairement des enfants. Elles disent avoir été attachées et forcées à avoir des relations sexuelles avec un chien par un commandant militaire français en 2014.

Quatre jours après, c’est-à-dire, le 5 février 2016, 120 casques bleus ont été expulsés de la RCA après la révélation de nouvelles accusations d’abus sexuels. Les troupes impliquées dans ces affaires sont originaires de la République du Congo et de la République Démocratique du Congo.

A Bangassou, le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de la localité, Nestor Mameneyaki, a rapporté que « les viols sur mineures sont monnaies courantes. La fréquence hebdomadaire de viol sur mineure a atteint jusqu’à 15 cas, avant de préciser que ce sont des mineures âgées de 4 à 5 ans qui sont souvent victimes».

A Dékoa au centre du pays, 41 casques bleus de la Minusca, dont 16 gabonais et 25 burundais sont soupçonnés d’abus sexuels sur mineures entre 2014-2015 lorsqu’ils étaient en détachement dans la localité, selon le rapport d’une enquête interne de la mission onusienne en Centrafrique.

Face à cette charge, le 08 décembre, le Ministre gabonais de la Défense et Secrétaire Général à la Présidence, a publié un communiqué de presse et promis de faire toute la lumière sur les accusations graves portées contre leurs soldats.

L’absence de l’autorité de l’Etat a aussi favorisé la justice populaire sur des personnes soupçonnées de sorcellerie.

De janvier à Novembre, au moins 114 cas d’accusation de sorcellerie sont enregistrés pour la seuls Sous-préfecture de Batangafo, 14 personnes ont été inhumées vivantes.

D’autres sources ont rapporté qu’entre janvier et août 2016, au moins 110 personnes ont été accusées de sorcellerie ou de pratique de charlatanisme en Centrafrique.

Ces personnes ont subi des traitements parfois inhumains : arrestations arbitraires, exécutions par des membres des groupes armés, lynchage par la foule ou encore forcées à quitter leurs localités.  La plupart de ces victimes sont des femmes âgées.

A Boda, plus de 400 victimes de violences basées sur le genre ont été recensées. Statistiques présentées par l’Association des Femmes Juristes de Centrafrique. Des cas de justice populaire ont été aussi enregistrés dans d’autres villes de l’arrière-pays.

Pour amener la population à mieux comprendre et à lutter contre les Violences  Basées sur le Genre, plusieurs campagnes de sensibilisation et des ateliers de formation ont été organisées cette année par des ONG nationales et internationales, des organisations des Nations-Unies et d’autres partenaires impliqués dans la lutte contre les VBG.

Contrairement à l’année 2015 où 60.000 cas documentés ont été avancé, les statistiques de 2016 ne sont pas encore établies.

 

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