DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES : 02/06/2017

DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES

 

LES HABITANTS DE BENZ-VI ET SICA 3 DANS LA RUE POUR EXIGER DE          L’ELECTRICITE

Ils sont plus d’un millier à descendre dans la rue et ériger des barrières pour exiger de l’Energie Centrafricaine (ENERCA) de l’électricité. Les manifestants conditionnent la levée des barrières par la reprise du courant dans le secteur.

Plusieurs localités de la capitale sont astreins à un programme de délestage de 08 heures de temps programmé par l’Enerca. Mais certaines localités n’ont pas d’électricité et s’indignent du non-respect du programme de l’Enerca. C’est dans ce contexte que les habitants de Sica 3 et Benz-Vi ont pris d’assaut l’avenue de France pour exiger du gouvernement l’électricité. Manifestation qui intervient quelque mois après les travaux effectués sur les installations de Boali 2. Pancarte en mains avec des cris, nous pouvons lire des slogans hostiles à l’Enerca « trop c’est trop. La libération des voies conditionnée au rétablissement de l’électricité », peut-on lire et écouter au sein de la foule encadrée par la police et la gendarmerie.

Solange Rénéba, habitant le quartier Sica 3, a indiqué que ses réserves et ses affaires ne peuvent prospérer à cause de l’énergie. « Un mois et quelques semaines aujourd’hui, nous n’avons pas de courant. Mes réserves sont toutes gâtées parce que le congélateur n’est pas alimenté. L’Enerca ne pourra pas me rembourser cette perte alimentaire et financière », a-t-elle lâché.

Hervé Ninga, technicien en électronique est furieux parce que son entreprise est à l’arrêt à cause de l’Enerca, « c’est grâce à l’électricité que mon atelier de soudure fonctionne. Nous sommes pénalisés par ce manque d’énergie », avant d’ajouter que « si l’Enerca ne répond pas à nos exigences, la voie ne sera pas libérée » a-t-il dit.

Une source de l’Enerca parle du vandalisme comme cause de cette perturbation de l’électricité dans le secteur de Sica 3, « les gens ont volé une pièce sur le transformateur des tensions et c’est ce qui a fait que le secteur n’a pas de courant. Nous devons mobiliser de l’argent pour remettre ça. Vous voyez que cette même population qui vandalise et qui manifeste », a-t-il expliqué au RJDH.

Plusieurs autres secteurs de Bangui sont dans la même situation et projettent des manifestations. Pour certains quartiers, même si le courant y est, la tension est faible soit vient en deux fils.

Lors de cette manifestation un jeune d’une vingtaine d’année a été heurté et est transféré à l’hôpital. Plusieurs cas de braquages ont été enregistrés ces derniers temps dans les quartiers que la population attribue la faute à l’Enerca par défaut d’éclairage public.           ***********

« LA CRISE SECURITAIRE A BRIA EST UNE CRISE OUBLIEE », SELON LE DEPUTE ARSENE KONGBO

La crise à Bria localité située au nord-est de la République Centrafricaine est une crise oubliée. Propos du député de Bria 1 Arsène Kongbo lors d’une interview accordée au RJDH ce 31 mai à Bangui.

Le bilan des affrontements entre deux groupes armés, le FPRC et les Anti-Balaka est lourd, plus 700 maisons incendiées, 300 maisons pillées, et plus d’une centaine de morts et plusieurs blessés par balles et armes blanches sont enregistrés. Plusieurs personnes ont trouvé refuge dans 6 sites des déplacés et l’assistance humanitaire s’organise alors que les déplacés exigent la sécurité.

Arsène Kongbo confirme le chiffre de plus de 80% des déplacés et appelle à l’aide humanitaire en faveur des déplacés. « La situation humanitaire est d’autant plus grave que ce qui se passe à Bangassou, à Alindao. Les ONG humanitaires sont dépassées et dépourvues des moyens pour pouvoir venir en aide aux personnes déplacées et selon les informations reçues ce matin, il a plu toute la journée d’hier et ce matin et les déplacés n’ont plus rien », s’inquiète-t-il.

Le député Arsène Kongbo salue l’approche de OCHA et fustige l’attitude de la Minusca « nous nous félicitons de ce que Dr Yao Koffi est entrain de faire, mais je puis vous dire que notre rencontre avec les autorités locales laisse croire clairement le ras-le-bol de la population face à la prestation de la Minusca. La population exige le redéploiement de son armée pour être en sécurité » a-t-il insisté.

La Minusca est décriée à Bria dans un contexte où son n°2 Diane Corner annonce la volonté de déployer des troupes dans les zones considérées comme foyer de tension.                       *************

LES FEMMES DE BANGASSOU S’INSURGENT CONTRE LES CRIMES

Bangassou, Chef-lieu du Mbomou est sous la coupe d’une bande armée qui se réclame Autodéfense et s’est attaquée à la population civile et la force de la Minusca sur place. Exaspérées, les femmes de la ville ont manifesté ce matin dans les rues.

Dans la nuit du 13 mai 2017, une bande armée a attaqué la ville de Bangassou ciblant la population civile et les casques bleus de la Minusca. L’ONU déploie des moyens aériens pour briser l’étau qui se resserrait sur la base de ses hommes. Coïncidence : la présence du Cardinal Dieudonné Nzapalainga aura permis que les assaillants se retirent après les négociations. Mais pour une courte durée avec un calme précaire.

Le bureau de Ocha en Centrafrique a fait un bilan de 100 morts, de nombreux blessés, plus  de 4.400 déplacés internes  et un nombre important de la population a traversé la rive pour se réfugier en RD Congo.

« Traumatisées » par ces tueries qui ont brisé la cohésion sociale entre les communautés, les femmes de Bangassou ont manifesté aujourd’hui les pieds-nus et pour certaines les seins nus pour dénoncer les crimes sur la population civile », a rapporté le Père Gaétan Kabasha, ancien curé de Bakouma.

A la fin de leur manifestation, le Collectif des Femmes a remis un mémorandum aux autorités et il est signé par Léa Nabala. Dans cet exposé, les femmes ont demandé au Gouvernement centrafricain d’« accélérer le DDRR, de déployer les Forces Armées Centrafricaines dans la ville, de libérer l’axe Bangassou-Bambari pour des trafics sans danger et enfin, d’appuyer les femmes traumatisées », exigent les participantes à cette marche.

Au contingent Marocain déployé dans la région d’« arrêter les tirs sur la population civile innocente, de faire des interventions ciblées pour libérer l’axe Bangassou-Bambari et ramener la paix », ont demandé les femmes.

En ce qui concerne les groupes armés, les dames ont demandé le démantèlement des barrières, la cessation des tirs et pillages, et la libération des établissements scolaires pour la reprise des cours.

Violences, vandalisme et déplacement de population:

A l’Est de la RCA, se déroule actuellement une tragédie. Dans le Mbomou et Haut-Mbomou, «  certaines communautés de Zemio, Rafaï et autres petits villages ont déjà traversé vers le Congo. Du coup, les petits villages de l’autre côté (Ndu, Sahali, Dangobe, Kpete, Kanzawi, Gona etc.) ont accueilli les réfugiés centrafricains sans aucune présence des humanitaires pour les aider », a rapporté Gaétan Kabasha. A Mobaye, l’on rapporte que la population a trouvé refuge de l’autre côté de la rive en RDC. La situation sécuritaire et humanitaire à l’intérieur du pays reste dégradée. Plusieurs incidents sont relevés par des acteurs humanitaires ainsi des actions de représailles. La résurgence des violences fait fuir 88.000 civils dont 20.000 réfugiés en RDC.                

 

*** RJDH***

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