DECLARATION DES ASSOCIATIONS DE VICTIMES A...

Ven. 12.05.2017 : 11H52

DECLARATION DES ASSOCIATIONS DE VICTIMES A L’OCCASION DE LA COMMEMORATION DE LA JOURNEE DU 11 MAI 2017, 2ème JOURNEE DE VICTIMES, EDITION 2017

 

A l’occasion de la journée commémorative du 11 Mai 2017, les Organisation de la Société Civile (OSC) notamment celles des victimes appuient les actions des pouvoirs publics pour se souvenir des victimes de conflits armés en Centrafrique.

Elles les félicitent pour leurs initiatives en mémoire de ces victimes.

En effet, après les affres du régime de l'Empereur BOKASSA où des élèves et étudiants ont péri, la République écrit, depuis 2004, la plus sombre page de son histoire marquée par des crises militaro-politiques à répétition.

L'intrusion malveillante sur la scène politique des BANIAMOULENGUE en 2002-2003, celle des BALAKA, des SELEKA et d'autres groupes armés non identifiés, de 2012 à ce jour, ont endeuillé des milliers de familles et provoqué de nombreux déplacés, détruit le tissu économique, brisé la cohésion sociale et le vivre ensemble, contribué à la destruction massive des biens meubles et immeubles, paralysé la vie économique et sociale...

Le bilan de ces violations des droits de l'Homme est malheureusement loin d'être établi à  ce jour, tant ces violations se poursuivent encore.

La célébration de la 2eme édition de la journée du 11 Mai est caractérisée par le retour progressif au calme dans la ville de Bangui et ses environs; tandis que des actes d'extrême violence continuent d'être perpétrés dans les régions d'Est à Ouest en passant par les localités du Nord. Ces violences viennent de contraindre plus de 15 000 habitants de NYEME à s'enfuir dans la brousse ou à se réfugier dans les localités voisines, et celles de Bangassou et environs à se réfugier en RDC.

Les Associations de Victimes s'inclinent avec révérence devant la mémoire de toutes celles et tous ceux qui ont été tués sur toute l'étendue du territoire Centrafricain par des bandes armées de tous bords.

Elles saisissent cette opportunité pour présenter à la communauté internationale, en général, et à la MINUSCA, en particulier, ses condoléances les plus émues, suite à l'assassinat lâche des éléments de Casque Bleu dans la région Est, à BANGASSOU. Elles condamnent avec la dernière fermeté la perte en vie humaine des soldats de la; Paix et partagent la douleur de leur famille respective.

Au-delà des aspects commémoratifs de la journée du 11 Mai 2017, les Associations de Victimes noient :

> Au sujet de la persistance de violence, que

La quasi-totalité du territoire national est devenue le nid des bandes armées qui continuent de tuer, incendier ou piller, en toute impunité.

> Au sujet des droits de victimes, que

La situation de victimes va de mal en pis. La Communauté Internationale affiche non seulement une lassitude, mais ne s'investit pas assez dans la résolution des problèmes de fond pendant que le Gouvernement fait preuve d'une certaine indifférence.

> Au sujet de Justice

Le processus de la mise en place de la Cour Pénale Spéciale (CPS) et le choix de ses membres augurent des perspectives d'une Justice pour les victimes.

Cependant, les faux débats sur l'impunité ou toute opportunité d'une amnistie pour les bourreaux constituent l'insulte à la mémoire des victimes et une entrave à la Paix.

En mémoire des victimes et pour leurs droits, les Associations de victimes demandent :

 

1) Au Gouvernement de :

· Privilégier les droits de victimes, à la Justice et aux réparations ;

· Renforcer la sécurité aussi bien à Bangui que dans les arrières pays ;

· Assainir les localités ou quartiers sinistrés par de vastes opérations de nettoyage, de désinfection, de canalisation et d'ouverture des voies de communication ;

· Viabiliser les lieux en réhabilitant les réseaux d'eau et d'électricité ;

· Déclencher impérativement le processus d'évaluation et de reconstruction des habitations ou édifices détruits afin de rassurer les victimes d'un espoir à la Justice Transitionnelle ;

· Identifier et traduire devant la Justice les auteurs et leurs complices des actes de violences ;

· Réhabiliter les édifices publics détruits ou pillés ;

· Impliquer les Associations dans toutes les initiatives en faveur des victimes et solliciter leurs avis en tant de besoins.

 

2) A la Communautaire Internationale

> D’appuyer les efforts du Gouvernement et de veiller au processus de la Justice
transitionnelle en ce qui concerne ses   piliers que sont la «Justice», la « Réparation » et la « Réconciliation » ;

>  De mobiliser les ressources nécessaires pour la prise en charge des victimes et
notamment en présentant un projet de Loi sur un fonds de réparation dédié aux
victimes.

 

3) Aux victimes, de se mobiliser et défendre leurs droits inaliénables à la Justice et Réparation.

Tout en réaffirmant leur ferme engagement pour la Paix et Cohésion Sociale, les Associations de Victimes rejettent catégoriquement l'amnistie des bourreaux comme contraire aux Droits de l'Homme.

 

 

 

 

Faite Bangui, le 11 Mai 2017

 

On signé :

 

Pour ASVI. 2015                                                Pour AVED                                          Pour AVUG

 

 

 

 

 

 

 

Apollinaire MOKOTEMPA                              Hervé Severin LINDAM              Etienne OUMBA

 

 

 

 

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