« DDRR DE DERNIERE CHANCE » : UN MESSAGE TRES FORT A...

Vendredi 14 Octobre 2016 : 09h08

« DDRR DE DERNIERE CHANCE » : UN MESSAGE TRES FORT A CAPITALISER ET A ANALYSER EN PROFONDEUR PAR LE PEUPLE CENTRAFRICAIN

Touadera La conquête du pouvoir par les armes est devenue monnaie courante en RCA depuis plus de vingt (20) ans. Les mutineries, les coups d’Etat et les rebellions successifs ont conduit le peuple centrafricain aujourd’hui au fin fond du gouffre. Tous les commanditaires de ces coups d’Etat et rebellions, sont incapables aujourd’hui de mettre un terme à la souffrance du peuple centrafricain. Le programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion (DDR), n’est plus à sa première phase d’exécution dans l’histoire politique de la RCA. Ce n’est plus un secret. Tout le monde sait que le DDR a vu le jour en RCA sous le régime défunt du président François Bozizé, après avoir renversé le régime démocratique du feu président Patassé, paix à son âme, le 15 mars 2003. Ce programme de DDR à l’époque de Bozizé devrait être un succès pour pacifier la  RCA et mettre définitivement un terme à l’idée de prendre le pouvoir par la force car, les bailleurs de fonds ont mis la main à la poche pour financer ce vaste chantier. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Les bailleurs de fonds ont jeté de l’argent par la fenêtre car, les financements n’ont pas atteint les principaux bénéficiaires du DDR.

C’est sur fond d’affinité politique, raciale, ethnique, régionaliste, voire religieuse que les chantiers du DDR à l’époque ont été exécutés. Les groupes armés, véritables bénéficiaires du programme DDR étaient relégués au second rang. D’où la méfiance de certains combattants et notamment des régions Nord et Nord-Est de la RCA qui se disaient marginaliser. Par conséquent, ils ont décidé de finir avec le régime de Bozizé. Chose qui a été réalisée avec le déclenchement de la nébuleuse coalition Séléka dans la ville de Ndélé, qui a fini par renverser Bozizé du pouvoir le 24 mars 2013. Le professeur Faustin-Archange Touadéra était en ce  temps-là Premier ministre sous le régime de Bozizé. Il sait d’avance les raisons de tout ce que nous sommes entrain de vivre. C’est pourquoi, il ne cesse de consentir tous ses efforts pour que le programme DDRR d’aujourd’hui ne soit pas un échec. Selon le Président de la république, Faustin-Archange Touadéra que nous paraphrasons : « Je qualifie le DDRR de dernière chance … ». Propos tenu lors de la première réunion du Comité Consultatif et de Suivi du Programme National de DDRR qui avait eu lieu ce mercredi 12 octobre 2016 dans la salle de cinéma du Palais de la Renaissance. Et nous osons croire que c’est un message très fort à capitaliser et à analyser par le peuple centrafricain du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest.

Et comme nous avons suivi de bout en bout les différentes interventions lors de cette première réunion, la responsabilité première incombe au peuple centrafricain de faire la paix. Nous devrons bannir l’esprit de vengeance, de la haine, du racisme, du régionalisme, du clanisme. Unissons-nous comme un seul homme pour conjurer les forces du mal car : « l’union fait la force », dit-on. La question sécuritaire est inscrite en première ligne dans la feuille de route de nouvelles autorités du pays. Elle sera débattue lors de la table ronde de Bruxelles pour mobiliser les donateurs à financer le programme DDRR afin que la sécurité et la paix reviennent, permettant la relance de l’économie nationale. Malheureusement, les véritables ennemis du développement de la RCA sont si nombreux, et tirent les ficelles dans l’ombre pour replonger le pays dans le bain de sang afin de bloquer tous les efforts consentis. Les évènements qui continuent en ce moment de prévaloir au Km5, Kaga-Bandoro, Ndélé et autres régions du pays avec les regains de violences ces dernières temps, en sont les exemples palpables. Cela témoigne qu’il y a des gens de mauvaise foi qui manipulent les groupes armés. C’est ce que Moussa Dhaffane, le responsable du mouvement « Séléka rénovée », avait décrié haut et fort. Selon Moussa Dhaffane : «  ce sont les intérêts égoïstes des politiques qui bloquent le processus de la paix en RCA ».

Dhaffane s’est-il trompé de tenir ce propos ? Nulle part. Dhaffane fait partie de l’ex-coalition Séléka divisée aujourd’hui en plusieurs branches. Il connait bien les raisons de cette crise qui continue de perdurer en RCA. S’il arrive aujourd’hui à tenir un tel propos, c’est qu’il en a marre de ces assoiffés du pouvoir et notamment les hommes politiques centrafricains. Et nous nous posons la question suivante : que cherchent et que veulent réellement les leaders  politiques centrafricains ? L’origine de tout ce que nous vivons en ce moment demeure les hommes politiques. Certains, pour des intérêts égoïstes et personnels, ont été téléguidés, manipulés pour arriver au pouvoir par des coups d’Etat. D’autres ont conquis le pouvoir par la voie anarchique (les rebellions) que nous continuons de subir les conséquences. Ils sont dans l’avion au moindre bruit de bottes, abandonnant la population à la merci des seigneurs de guerre qui pillent, tuent, violent, massacrent, incendient de villages et maisons. Demain, ces mêmes gens vont revenir en 2021 pour laver la main à la Ponce Pilate et solliciter le suffrage de cette même population. C’est impensable de constater que ce sont les intellectuels centrafricains qui tuent leur propre pays.

Même son de cloche du côte de la Société civile. Sous d’autres cieux, c’est la Société civile qui décide de grandes actions à mener. Elle est en quelque sorte un catalyseur pour le gouvernement. Mais en RCA, c’est une société civile morte, déphasée de toutes cultures. La société civile centrafricaine crie sur tous les toits sans pour autant mener des actions concrètes afin d’arrêter la caravane des tueries, des massacres perpétrés par les groupes armés. Est-ce le cas de la société civile au Burkina Faso ? Moussa Dhaffane a décrié l’immobilisme de la société civile qui doit jouer pleinement son rôle au sein de la population pour démolir les murs de la haine, de la vengeance, du clivage, sources de discrimination et de division. Et c’est la société civile qui doit effectivement unifier la population. La société civile doit dialoguer, sensibiliser non seulement la population, mais aussi les groupes armés. Quelle est la part de contribution de la société civile, en termes de sensibilisation des groupes armés ? Au contraire, c’est la société civile qui attise la flamme de la haine et de la violence. Une société civile n’a pas le droit de tenir des propos qui incitent à la haine et à la violence. Elle est comme la mère de poule qui couve ses poussins sans rejeter même un (1).

La population centrafricaine en général et la jeunesse en particulier connaissent dorénavant ces véritables bourreaux et ennemis du peuple et de la République. La vigilance doit être de mise au sein de la population pour démasquer les mains invisibles des sous-marins, des profito-situationnistes qui ne visent que leurs propres intérêts. La pauvreté, la misère, les maladies, la famine, voilà les souvenirs légués au peuple centrafricain aujourd’hui après cinquante six (56) ans d’indépendance par nos précédents gouvernants. Nos voisins d’en face connaissent les mêmes crises que nous. Mais cela ne les empêche pas de poser des actes patriotiques pour aller de l’avant. Mais en RCA, c’est le « moi » et « ma famille d’abord », pendant que les autres soufrent comme des animaux. C’est dommage.

Bénistant MBLLA

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