COMMENT RESTAURER UN ETAT DE DROIT

Mardi 21 Nov. 2017 : 10H36

COMMENT RESTAURER UN ETAT DE DROIT SANS LES FORCES DE DEFENSE ET DE SECURITE ?

L’arrivée de l’ex-coalition Séléka au pouvoir le 24 mars 2013 a mis en débandade les forces de défense et de sécurité intérieure : policiers, gendarmes et Forces Armées Centrafricaines (FACA). Avec l’avènement des milices Anti-Balaka le 05 décembre de la même année, le pays a basculé dans la spirale de violences et a perdu sa souveraineté. Avec l’évènement malheureux survenu à l’ENAM, durant la transition, l’armée centrafricaine a été sanctionnée par une décision du Conseil de Sécurité de l’ONU, interdisant l’importation d’armes et autres effets militaires à destination de la RCA.

Mais comment peut-on restaurer un Etat de droit sans les forces de défense et de sécurité après les brillantes élections couplées de 2015-2016 ?  Si la République Centrafricaine peine aujourd’hui à reconquérir sa souveraineté, c’est parce qu’on  ne s’attaque pas à la racine de la crise. Aucune décision favorable n’est prise par le Conseil de Sécurité de l’ONU, afin que l’embargo soit totalement levé pour permettre la réhabilitation et le redéploiement de toutes les forces de sécurité intérieure.

Selon une observation faite par les experts des Nations Unies, 80 % du territoire est occupé par les groupes armés. Alors qu’il n’y a que quatre ou cinq régions du pays qui étaient occupées bien avant que les élections aient lieu. Et  curieusement, les experts des Nations Unies ont dénoncé dans un rapport les trafics d’armes qui se développent entre les frontières de la RCA, du Tchad, du Soudan, voire des deux Congo, malgré le fameux embargo. Faut-il dans ce cas de figure continuer à priver la RCA de son armée nationale ? Comment les autorités déconcentrées de l’Etat (préfets et sous-préfets) qui viennent d’être installées dans leurs zones de juridictions respectives peuvent-elles travailler en toute indépendance si elles ne sont pas bien protégées et sécurisées ?

Récemment à Bangui et précisément dans le 5ème arrondissement, des hommes armés non identifiés ont jeté deux grenades dans une cave au cours d’un concert organisé pour la paix et la cohésion sociale. L’acte s’est déroulé en présence des forces internationales basées au niveau du commissariat du 5ème arrondissement juste en face de la cave où les deux grenades ont été jetées par ces malfrats.

Cela démontre bel et bien que les forces de la Minusca ne peuvent en aucun cas agir efficacement pour protéger la population et les institutions de la République contre les massacres et autres exactions des groupes armés et certains bandits de grand chemin à Bangui et à l’intérieur du pays. Il faut que les forces de sécurité intérieure soient déployées le plus rapidement possible aux côtés des casques bleus de l’ONU afin de mieux sécuriser le pays.

Même si l’armée centrafricaine est en état de déconfiture, cela ne veut pas dire que ce sont toutes les forces de sécurité qui sont pourries. La police et la gendarmerie disposent encore des éléments et des officiers supérieurs de qualité pouvant valablement sécuriser le pays. Les éléments de la police et de la gendarmerie ont bénéficié de plusieurs séminaires organisés par les Nations Unies sur le respect des Droits de l’Homme et des principes humanitaires. C’est déjà un plus pour les équiper et les redéployer sur le terrain afin de lutter contre les actes de  grand banditisme à l’exemple des braquages qui ne cessent de prendre de l’ampleur dans la ville de Bangui.

Quant aux éléments des FACA, les deux bataillons formés par la mission européenne de training (EUTM) doivent rejoindre les patrouilles de la Minusca dans l’arrière-pays pour renforcer les dispositifs sécuritaires et empêcher les attaques des groupes armés. Sans cela, nous allons vivre jour et nuit les mêmes spectacles des tueries, des pillages et incendies qui ne permettent à la RCA de reconquérir sa souveraineté et jeter la base du développement durable.

Le gouvernement centrafricain et la communauté internationale ont l’obligation de changer de fusil d’épaule pour s’attaquer à la racine de la crise et sortir la population du bourbier.

A bon entendeur salut !

 

Bénistant MBALLA

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire