BILAN DE 100 PREMIERS JOURS DU C.N.M

Mardi 1er Août 2017 : 09H50

BILAN DE 100 PREMIERS JOURS DU CNM MAIS AUCUNE RENCONTRE AVEC LES GROUPES ARMES

Après sa mise en place par un décret présidentiel du 28 mars 2017, le président du Conseil National de la Médiation (CNM), Jacques Mbosso, entouré des conseillers tels Marie-Pierrette Ya-Jean, Hilaire Ndamkonziandé et l’imam Omar Goni Boucar, a animé une conférence de presse. Elle a eu lieu dans la salle de conférence du ministère en charge du Secrétariat Général du Gouvernement et des Relations avec les Institutions de la République, ce vendredi 28 juillet 2017 à 09 heures 40 minutes après ses 100 jours d’existence.

L’objectif de cette conférence de presse était de faire connaitre le Conseil National de la Médiation et d’informer le grand public centrafricain de ce qui a été fait par cette institution. Trois (3) points étaient inscrits à l’ordre du jour à savoir la mission du CNM, sa composition et ses critères d’éligibilité. Dans son propos liminaire et en se référant à l’article 134 de la Constitution du 30 mars 2016, le médiateur Jacques Mbosso a signifié que, «  le Conseil National de la Médiation a pour mission l’amélioration des relations entre les citoyens et l’administration, en vue de protéger et de promouvoir les droits des citoyens.

Le Conseil National de la Médiation est doté de pouvoirs étendus pour recevoir les réclamations des citoyens et proposer des solutions en matière de prévention, de gestion et de résolution des conflits ».

Concernant sa composition, le CNM est composé de sept (7) membres dont trois (3) femmes et quatre (3) hommes. Aujourd’hui, six (6) membres sont déjà nommés. Ce sont des personnalités indépendantes, c'est-à-dire qu’elles n’appartiennent pas à une formation politique. Il s’agit entre autres, du médiateur Jacques Mbosso, des conseillers Marie-Pierrette Ya-Jean, Hilaire Damokoziandé, iman Omar Goni Boucar, Lucie Youalo-Ayali et du pasteur Nicolas Guérékoyamé-Gbagou. Le septième membre doit être nommé par le président du Sénat. Malheureusement, ce parlement n’a pas encore été mis en place.

Mais qu’est ce qui a été déjà fait par le CNM après ses cent (100) jours (28 mars– 28 juillet 2017) ? D’après le Médiateur Jacques Mbosso, « beaucoup de choses ont été faites. Nous nous sommes appropriés des donnés de ce qui a été fait déjà par les différentes initiatives entreprises par les uns et les autres pour une solution de sortie de crise. Nous travaillions sur ces initiatives. J’ai rencontré à maintes reprises le chef de l’Etat, le président de l’Assemblée Nationale, le patron de la Minusca, pour échanger, voir comment on peut avancer, ainsi que les partis politiques qui ont participé à l’accord de Sant’ Egidio. Tout ceci, dans le domaine de recherche de solution de sortie de crise.

Au plan juridique, la loi organique impose au Médiateur de pouvoir élaborer les textes de la ligne salariale et de fonctionnement de l’institution. Ces textes sont déjà terminés et envoyés au ministère en charge du Secrétariat Général du Gouvernement et des Relations avec les Institutions de la République. Subsidiairement, nous avons rédigé un nouveau règlement intérieur conformément à la loi organique ».

En ce qui concerne les infrastructures, le Médiateur a noté que, depuis mars 2013 à mars 2016, il y avait un vide institutionnel. Quelques biens appartenant à cette institution, ont disparu dans la nature. Le CNM ne dispose pas d’un local pour bien mener son travail. Le gouvernement s’atèle aujourd’hui à trouver un local pour l’abriter. Mais d’ores et déjà, un local a été attribué au Médiateur au 14 Villas et lui sert de Cabinet. Pour les conseillers, les discutions sont entrain d’être menées pour leur trouver un local. Il a aussi ajouté que trois (3) conseillers sur six (6) ont participé à un colloque à Bujumbura et que lui-même a pris part à une réunion des Médiateurs initiée par le gouvernement centrafricain  en Belgique. Au cours de cette réunion, une feuille de route pour la résolution de conflit en RCA a été élaborée. Désormais, les initiatives pour résoudre la crise en RCA doivent se recadrer sur la feuille de route de Bruxelles du 17 juillet 2017.

En réponse aux questions  des journalistes, Jacques Mbosso a fait savoir que des efforts sont entrain d’être déployés pour résoudre pacifiquement la crise centrafricaine. A titre d’exemple, un conseiller du CNM se trouve présentement dans une délégation à Bangassou pour tenter de décrisper la situation sécuritaire tendue qui prévaut dans cette localité du pays. Il n’a pas manqué de demander aux groupes armés de faire preuve de retenue. En dernier ressort, le Médiateur a indiqué que le CNM, selon les articles 1 à 20 de la Constitution défend les droits des individus et les aide dans ce domaine.

A la lumière de ce bilan dressé par le Médiateur de la République, force est malheureusement de constater que, depuis le 28 mars 2017 à ce jour, le CNM n’a rencontré aucun chef des groupes armés. Alors que, d’après sa mission, nous citons, « le Conseil National de la Médiation est doté de pouvoirs étendus pour recevoir les réclamations des citoyens et proposer des solutions en matière de prévention, de gestion et de résolution des conflits ».    Mais les réclamations des Centrafricains ne manquent pas. Chaque jour qui passe, les gens sont tués et leurs maisons incendiées. Ils appellent au secours. Ils réclament de l’aide. Le CNM devait en principe rencontrer les groupes armés qui sèment la désolation au sein de la population civile. Tel ne semble pas être le cas. Nous attendons de voir cette institution au pied du mur pour que les Centrafricains respirent un nouvel air. Les conseillers doivent accroitre leur médiation pour sauver des vies humaines en danger.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA  

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