Bangui, les routes en Etat de degradation avance

Mardi 22 Août 2017 : 08H43

Bangui, les routes en Etat de degradation avance

Les nids-de-poules, appelés en Sango, « dou ti kissoro», sont fréquents sur les principaux artères et avenues de la Capitale Bangui. A quoi sert alors la taxe de la vignette ? C’est la question qui revient souvent sur les lèvres des usagers des routes au sujet de ce qui apparait aujourd’hui comme l’impôt routier dont les contribuables ont du mal à voir son impact sur la voirie urbaine.

A ce jour, il est presqu’impossible de circuler en véhicule sur les différents artères de la capitale, étant donné que les routes existantes sont défoncées. Et comme disent les Banguisssois, dont le sens de l’humour est pointu, les usagers sont priés de choisir les trous car il y en a trop. En outre, il existe des communes inaccessibles et qui sont devenues enclavées du fait que les routes d’antan ont complètement disparu. Elles sont, soit défoncées, soit envahies par des eaux usées d’origine domestique ou des pluies diluviennes fort fréquentes pendant au moins sept (7) mois par an.

Ce qui frappe les visiteurs ou ceux qui ont immigré en Occident de retour des vacances ou des visites familiales, c’est le fait que les routes vitales sont devenues impraticables à la suite de la vieillesse, des érosions ou des éboulements des terrains. Il s’agit essentiellement des anciennes routes construites pendant la période coloniale et durant les dix  (10)premières années après l’accession de notre pays à la souveraineté internationale, alors quel bilan après, 57 ans d’indépendance ? Route de Pétévo dans le 6ème arrondissement, rond point des Nations unies, l’Avenue de l’université de Bangui ... sont impraticables.

A ce jour, le spectacle désolant de la dégradation de ces infrastructures a atteint des niveaux inespérés car de nouveau, ces belles œuvres qui datent du temps de l’empereur Bokassa, offrent aujourd’hui le décor des champs des nids-de-poules et les usagers sont encore une fois invités à y opérer un tri.

Que faire ?

Il est établi depuis longtemps que d’une part, ce sont les eaux des pluies qui sont à la base de la détérioration accélérée des routes dans des agglomérations du genre des 10 autres préfectures. Et la question ? Les usagers de la route et les touristes vont-ils éternellement se contenter d’une capitale avec des routes cabossées parfois même racolées avec de l’argile pour faciliter la circulation dans une ville peuplée de plus de 600 mille habitants ?

D’autre part, faut-il continuer de répéter à l’envie que c’est l’absence d’une politique d’aménagement urbain efficace et efficient face à ce boom démographique qui est à la base de l’accentuation de la détérioration du réseau routier dans des grandes agglomérations urbaines et qui se caractérise par le non respect des normes urbanistiques dans la construction des maisons d’habitation et de commerce. Déversant régulièrement sur les voies secondaires et principales d’énormes quantités d’eaux usées qui, faute des caniveaux, rongent les avenues et mêmes les routes secondaires dans les quartiers des différentes communes.

Il est donc urgent d’intégrer à ces plans le tracé des nouvelles voies secondaires et prévoir un programme de réfection et de construction des caniveaux pour l’évacuation des eaux usées d’origine domestique et industrielle.

Les agents de la direction d’hygiène devraient être mis en alerte maximale pour surveiller l’état de ces caniveaux et les mouvements d’évacuation des ordures ménagères. Les mêmes agents devraient être outillés pour des travaux de lutte contre les moustiques et autres bestioles contagieuses. Avant et pendant la construction des maisons d’habitation, les agents des services de l’urbanisme devront être associés à toutes les étapes pour bien surveiller le respect des normes urbanistiques. L’Etat ferait œuvre utile en réfectionnant les avenues tant secondaires que principales et surtout les panneaux de signalisation routière pour rendre la circulation la plus fluide possible. D’autres infrastructures qu’il faudrait ériger, c’est l’accroissement des échangeurs et des feux rouges au niveau des croisements des routes principales et même secondaires. Tout comme les passages protégés des piétons, soit par voie souterraine ou sur des passerelles aériennes.

Bref, un programme spécial d’aménagement des routes en tenant compte de la démographie. En un mot, l’état des routes à travers la capitale Bangui laisse beaucoup à désirer, car il n’a toujours pas atteint le niveau de développement que l’on observe ailleurs. C’est une question de volonté politique au niveau des gouvernants.

 

Sinclair Aries

 

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