BANGASSOU : QUI VEUT « SOMALISER » LA RCA ?

Mercredi 23.08.2017 : 09H08

BANGASSOU : QUI VEUT « SOMALISER » LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE ?

La terreur, la panique, la psychose s’installent désormais au sein des populations des régions du Mbomou et Haut-Mbomou. Pourtant, ces régions n’ont connu guère de violences depuis quatre (04) ans après la conquête du pouvoir de Bangui par l’ex-coalition Séléka. Les tueries entre les communautés  gagnent presque toutes les régions du Sud-est de la République Centrafricaine. Tantôt, ce sont les éléments ‘’d’autodéfense’’ qui s’attaquent à la communauté musulmane, aux humanitaires ou aux casques bleus de la Minusca. Tantôt, ce sont les ex-Séléka, notamment les peulhs de l’UPC de Ali Darassa qui s’en prennent aux ‘’autodéfenses’’ et à la communauté chrétienne. Les conflits sont entrain de se dégénérer en un nettoyage ethnique et donc le génocide au cas où l’un des groupes armés qui s’affrontent arriverait à dominer l’autre. Mais qui  soutient ces groupes armés et veut coûte que coûte  « somaliser » le pays de feu Barthélémy Boganda ?

Rappel historique

Il y a de cela quelques mois, onze mille deux cent soixante quinze (11.275) munitions et cent trente six (136) machettes destinées aux milices Anti-Balaka  avaient été saisies dans la ville de Bangassou par la Minusca avec le concours des autorités locales. L’information a été confirmée par le porte-parole de la Police de la Minusca au cours d’une conférence de presse hebdomadaire. D’où provenaient ces munitions et machettes ? Et qui était l’auteur de ces soutiens occultes ? Difficile de le dire. Cette découverte semble être le signe précurseur de la première attaque perpétrée à l’endroit de la communauté musulmane du quartier Tokoyo à Bangassou le mois de mai dernier.

 La première attaque de la ville de Bangassou était bien planifiée avant d’être exécutée. Cela témoigne que les auteurs des massacres auraient reçu de soutiens qui leur ont permis de se préparer minutieusement avant de passer à l’acte. C’est ce que les honorables députés de la région du Mbomou avaient décrié mais sans succès. Selon le commandant en force de la Minusca, Balla Keita, « j’ai analysé la situation pendant un (01) mois. Et nous avons pris des dispositifs sécuritaires ». Hélas, la ville de Bangassou a sombré dans des violences qui se poursuivent encore dans plusieurs localités avec des dégâts incalculables tant du côté de la population civile que des humanitaires.

A l’avancée de la nébuleuse ex-coalition Séléka de la capitale pour renverser le régime de Bangui le 24 mars 2013, des groupes ‘’d’autodéfense’’ ont été créés dans les quartiers de la capitale pour renforcer les dispositifs sécuritaires. Ce sont ces groupes ‘’d’autodéfense’’ qui se sont reconstitués quelques temps après et connus sous l’appellation des ‘’Anti-Balaka’’ pour s’opposer aux actes de tortures et de massacres que commettaient les hommes de Michel Djotodia. Les milices Anti-Balaka sont la marque déposée du président François Bozizé. Selon les informations en notre possession, ces hommes armés assimilés aux ‘’autodéfenses’’ et qui opèrent dans les régions du Mbomou et Haut-Mbomou sont des anciens officiers des Forces Armées Centrafricaines (FACA) à l’époque de Bozizé. Et François Bozizé vit en ce moment en exil à Kampala en Ouganda. Est-ce lui qui soutient ces éléments ‘’d’autodéfense’’ dans le Mbomou pour « somaliser » la RCA ?

Rapport d’enquêtes des experts de l’ONU sur les trafics d’armes mettant en cause Bozizé et certaines personnalités politiques à Bangui

Un rapport d’enquêtes des experts de l’ONU sur les trafics d’armes entre la RCA, le Tchad, le Soudan et les deux (02) Congo a été rendu public il y a de cela quelques semaines. Sur les événements survenus à Bangassou, un expert de l’ONU a précisé, « il y a des individus avec des agendas plus larges, peut-être du côté de monsieur Bozizé ancien président centrafricain, peut-être du côté de certaines personnalités politiques à Bangui qui ont occasionné ces frustrations dans la localité… ». Les frontières de la RCA totalement poreuses permettent à François Bozizé et certaines personnalités politiques centrafricaines de soutenir les groupes rebelles, soit pour déstabiliser le régime de Bangui, soit pour piller et exploiter frauduleusement les ressources naturelles du pays.

Beaucoup de rumeurs circulent en ce moment dans la capitale faisant état d’un probable coup d’Etat en préparation. Certains leaders des partis politiques ont été cités nommément par certains compatriotes centrafricains et responsables des politico-militaires. Ces accusations continuent de faire couler beaucoup d’encres et de salives au sein de la population, quand le rapport d’enquête des experts de l’ONU vient une fois de plus dénoncer les sous-marins torpilleurs qui soutiennent les groupes armés et alimentent en même temps les violences dans le pays. Les exactions dans les villes de Bria, Gambo, Zemio, Bangassou, Alindao, Mobaye, Kaga-Bandoro, Batangafo et la liste est non exhaustive, prouvent à suffisance les mains noires de certains centrafricains de mauvaise foi qui manipulent la crise à leurs propres intérêts au détriment de la paix.

Dieu ne sommeille jamais pour sauver son peuple en danger. A chaque fois, certains exécuteurs sont tombés dans le filet de la justice.  C’est le cas des cinq (05) mercenaires tchadiens,  oeuvre du président de l’Assemblée Nationale Abdou Karim Mekassoua, arrêtés et mis à la disposition de la justice. Malgré tout cela, les Centrafricains ne peuvent en aucun cas prendre leur responsabilité pour dire non à ces ennemis de la paix mais préfèrent plutôt vomir tout sur Touadéra et son gouvernement. 

« A l’impossible nul n’est  tenu », dit-on. Qui a la baguette magique pour résoudre la crise en une seule journée sans les Forces de  Défense et de Sécurité (FDS) ? Les événements qui se déroulent en ce moment dans l’arrière-pays prennent une dimension inquiétante et  risquent de replonger toute la nation dans un chaos indescriptible. Mobilisons-nous pour barrer la route à ces fauteurs de troubles qui manipulent les groupes armés. Sinon…

 

Bénistant MBALLA

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire