AUCUN PEUPLE, QUEL QU’IL SOIT, NE PEUT SE PREVALOIR AUJOURD’HUI

Mardi 07 mars 2017 : 10H02

AUCUN PEUPLE, QUEL QU’IL SOIT, NE PEUT SE PREVALOIR AUJOURD’HUI DE SES ACQUIS ET DE SON DEGRE D’EPANOUISSEMENTD’AVOIR ATTEINT LA PERFECTION

 

C’est parce que les occidentaux avaient imposé chez nous en Afrique un modèle de développement au sortir de la colonisation que le naufrage a commencé. C’en est de même pour la démocratie qui vient d’être imposée à nos jeunes Etats, sans que les peuples africains ne disposent en avance d’une culture politique. Mais nous croyons que malgré tous ces ratés, rien n’est perdu pour le continent africain, même si certaines langues malintentionnées prédisent « l’apocalypse », que « l’Afrique mal partie » navigue désormais vers la catastrophe. Nous ne partageons pas ce pessimiste obsessionnel. Car, à notre humble avis, ce qui importe dans cette compétition universelle entre Etats qu’est la course au développement, c’est son aboutissement, sa fin.

Aucun peuple, quel qu’il soit, ne peut se prévaloir aujourd’hui de ses acquis et de son degré d’avoir atteint la perfection. Non, car nous sommes gérés par une dialectique naturelle et universelle : les civilisations naissent, atteignent leur apogée puis déclinent. La puissance mondiale, de toute l’humanité, n’a jamais été l’apanage d’une seule nation. Ça au moins, vous le saviez. C’est dire que la puissance occidentale pourrait passer la main un jour à un autre : Orientale ? Australe ? Africaine... ?

Mais pour le continent africain, la route reste longue à parcourir. Simplement parce que les africains doutent encore d’eux-mêmes, de ce dont ils sont capables et continuent de prendre l’occident comme le modèle idéal de développement. Il y a également cette place de strapontin qu’occupe actuellement l’Afrique, dont les responsabilités sont à incomber en grande partie aux puissances colonisatrices. A titre d’illustration, ces armes qui font et défont les régimes sur le continent, même ceux démocratiquement élus et installés, nous viennent en général des métropoles. Comment l’Afrique peut-elle s’organiser et se développer quand l’instabilité de plus en plus croissante, se trouve entretenue en permanence par la présence de ces millions d’armes illicites en circulation ? Les unités d’armement, qui les détiennent ? Sur quel continent poussent en effet ces fabriques ? N’est-ce pas dans ces Etats dits de grande démocratie, qui ont tous ratifié des conventions et traités de non prolifération des armes ?

L’Afrique ne doit plus rester une éternelle assistée, cajolée de tout temps comme un bambin fragile qui a besoin chaque fois d’une main pour la relever d’une chute. Il faut définir donc un nouveau cadre d’échanges permanents et équitables, pas comme dans le passé entre un occident éternel donateur, supposé généreux, et une Afrique indigente et éternelle dépendante. Les rapports nouveaux doivent être d’égal à égal, mais pas entre un puissant et un nécessiteux, comme ils se présentent actuellement à la face du monde. Car, « le pouvoir et la domination accompagnent d’habitude la main qui donne, tandis que celle qui reçoit est vouée à l’asservissement et à la subordination ».

 

Le Petit YEKOA  

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