A REINSERTION SOCIALE DES PERSONNES DETENUES,

Mercredi 28 juin 2017 : 09H57

LA REINSERTION SOCIALE DES PERSONNES DETENUES, UNE SITUATION QUI PREOCCUPE L’OPINOIN NATIONALE ET INTERNATIONALE

Un atelier de validation de la stratégie nationale de réinsertion sociale des personnes détenues en République Centrafricaine s’est déroulé ce mardi 27 Juin 2017 dans la salle de conférence de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM) à Bangui. Organisé par le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme en partenariat avec la Minusca, cet atelier vise à valider les conclusions de l’étude devant permettre la mise en œuvre des activités issues des axes stratégiques du document final de stratégie nationale de réinsertion sociale des détenus.

Selon le consultant international de la Minusca, « le présent atelier entre en parfaite convergence avec les précédents ateliers consacrés à la vulgarisation des décrets d’application de la loi n° 12.003 du 12 Avril 2012 fixant les principes fondamentaux du régime pénitentiaire en RCA, qui se sont tenus au début et à la mi-juin de cette année. En effet, la loi citée ci-dessus et ses décrets d’application tout en mettant en évidence le bienfondé de la réinsertion sociale des personnes détenues, n’en fixent ni le cadre opératoire ni les actions concrètes qui doivent donner corps à la volonté politique du gouvernement de réduire les risques de récidive criminelle auxquels sont exposés la majorité des ex-prisonniers ».

Il a précisé par ailleurs que, « il ressort de l’analyse que faute d’un cadre opératoire applicable pendant la vie carcérale et post-carcérale en matière de réinsertion sociale, près de 72 % de la population  carcérale centrafricaine est constituée de récidivistes. Et dans cette tranche de la population ciblée, 50 % des détenus libérés deviennent plus dangereux pour la société qu’ils ne l’étaient à l’entrée, bien qu’ayant exécuté leur peine d’emprisonnement. Ce travail réalisé par le consultant de la Minusca en partenariat avec le gouvernement centrafricain a pour objectif de proposer au ministère de la Justice et des Droits de l’homme, des axes stratégiques sur lesquels doivent s’appuyer les activités devant permettre de bâtir d’une part une politique publique de réinsertion sociale des personnes détenues et d’autre part, un plan d’actions favorisant son opérationnalisation sur l’ensemble des établissements pénitentiaires en RCA ».

Il a bouclé son propos par une série de questions : « la société devrait-elle se contenter simplement de punir le malfaiteur et de l’abandonner à son triste sort ? Autrement dit, peut-on venir au bout de la criminalité par la seule répression ? Quel rôle peut jouer la prévention dans la stratégie de préservation de la paix et de la cohésion sociale de façon durable ? Quelle place accordons-nous à la prison dans notre société ? ».

La validation de la stratégie nationale de réinsertion sociale des personnes détenues en République Centrafricaine se justifie par les conditions de détention qui seraient très inférieures aux normes internationales. Mais des actions sont nécessaires pour aider les détenus à surmonter la stigmatisation d’une condamnation pénale, les effets négatifs d’une incarcération et les nombreux obstacles qu’ils rencontrent en essayant de réintégrer la communauté. La réhabilitation des détenus et la réussite de leur réinsertion dans la communauté font partie des objectifs des systèmes de justice pénale et plus encore en RCA. Ceci est clairement reconnu dans le droit international des Droits de l’Homme et dans les règles et normes des Nations Unies dont beaucoup sont applicables à la réinsertion sociale des détenus.

 

Bénistant MBALLA

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