A QUAND LA PRISE DE CONSCIENCE ET LE RETOUR DE LA PAIX EN RCA ?

Lundi 21.08.2017 : 10H01

A QUAND LA PRISE DE CONSCIENCE ET LE RETOUR DE LA PAIX EN RCA ?

Ce dimanche 13 août 2017, la République centrafricaine a célébré le 57ème anniversaire de son accession à la souveraineté nationale. C’est un évènement historique pour tout le peuple centrafricain.

Hélas ! En observant de plus près l’état de délabrement de la République centrafricaine, les faits indiquent une détérioration lamentable de la conjoncture économique et sociopolitique. La société centrafricaine est à un carrefour. Elle doit choisir entre un certain matérialisme de ses élites qui l’a conduite à la dépendance, au précipice et à la volonté farouche de construire son propre devenir avec la participation de la masse Centrafricaine. Elle doit choisir de continuer à être le pays d’une minorité nantie de tous les pouvoirs, de tous les droits et de tous les biens ou de devenir celui de tout un peuple partageant dans l’équité et la justice les ressources qu’il génère.

Aujourd’hui, la République Centrafricaine est ébranlée dans ses racines les plus profondes, dans les valeurs les plus nobles qui ont forgé son histoire. Des hommes et des femmes sont obligés d’aliéner corps, biens et esprits pour subsister. Les institutions sont en crise et se contentent d’exister Elles ont perdu leur capacité de création, de décision, de contrôle et d’orientation. Cela réduit la capacité du pays et des Centrafricains à décider par eux-mêmes et pour eux-mêmes de l’orientation de leur devenir.

C’est une société qui cultive la dépendance à l’égard de l’extérieur : valeur des importations, volume de l’aide externe, agriculture en régression, situation du chômage, système en plein délabrement, hôpitaux en piteux état, routes impraticables, des écoles dépotoirs, dirigeants corrompus, tribalisme rampant, etc. Cette dépendance se répète à l’intérieur à différents niveaux, jusqu’à provoquer un puissant blocage de la pensée et de l’action.

Cette société centrafricaine se tient debout difficilement sur les béquilles d’une pseudo république sans dignité, dans laquelle l’espoir ne pousse plus. La vérité ayant perdu sa substance, la communication entre les hommes devient impossible ou artificielle. La pensée s’arrête puisqu’elle n’est plus féconde par l’échange et la contradiction. Quand l’intelligence déserte le forum, la médiocrité s’installe et tout finit en dictature.

Ainsi, le fossé s’élargit chaque jour entre les ayants droits et les non ayants droit. Ne s’identifiant plus dans le futur de cette société, menacé dans sa sécurité, le peuple comme dans les saintes écritures choisit l’exode. Regardez comment nos frères exilés dans les pays voisins ont été accueillis et traités. Où est cette solidarité fraternelle entre Africains tant chantée par nos discours ?

Les Oubanguiens avaient pensé au matin du dimanche, 13 août 1960, qu’en sortant de la nuit coloniale, ils allaient tous dans la même direction portant ensemble une sorte de communion fraternelle pour bâtir une nation à leur service. Ce fut une grave erreur d’appréciation. C’est donc par une sorte de malédiction découlant d’une tragique inculture qu’aujourd’hui avec l’aide des spécialistes qui ont fait leurs preuves ailleurs que, des Centrafricains se retrouvent torturant, pillant et tuant d’autres fils du pays.

C’est anormal cet univers de violence et de haine, qui prouve que les Droits de l’Homme ont été bafoués, piétinés et détournés par le précédent régime. Il y a des choses à ne plus faire dans ce pays pour reconstruire la confiance qui permettra à la RCA de se relever. Il faut arrêter les violences inutiles. Les pillages, les vols de voitures qui favorisent un commerce juteux dans les pays voisins.

La situation des propriétaires de domiciles pillés et des femmes violées qui ne peuvent même pas aller dans un commissariat ou à un poste de gendarmerie pour se plaindre, fait de la Centrafrique un pays pitoyable, déserté par la raison et le bon sens. La loi du fusil n’a jamais fait le bonheur sur cette terre. Y a-t-il encore quelqu’un qui a de l’autorité pour arrêter tous ces massacres inutiles ? Car le risque est grand pour ceux qui sont menacés jusque dans leur vie privée de se constituer en milice pour se défendre. C’est de cette façon que sont nés les mouvements de guérillas en Amérique latine : Front sandiniste de libération nationale, au Nicaragua. Front farambundo Marty, de libération nationale au Salvador. Le mouvement Maoïste du sentier Lumineux au Pérou. L’armée Zapatiste de libération nationale au Mexique. Sans parler des FARC de Colombie.

Nous pensons que ce pays est allé trop loin dans son jeu avec le feu pour se permettre le luxe d’une instabilité chronique à la somalienne. Nous devons tous avoir à l’esprit ce qu’il ne faut plus faire pour retourner définitivement vers la paix, rechercher une solution de dignité aux frustrations et aux ressentiments des uns et des autres afin de reconstruire le vivre ensemble.

Telle doit être selon nous, la nouvelle direction à prendre pour relever le défi de la paix et de l’instauration de la démocratie en Centrafrique.           Sinclair Aries

 

 

 

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire