11 MAI 2017, 2E JOURNEE COMMEMORATIVE EN LA MEMOIRE...

Mercredi 10.05.2017 : 12H06

11 MAI 2017, 2E JOURNEE COMMEMORATIVE EN LA MEMOIRE DES VICTIMES DE CONFLITS ARMES EN RCA : UNE PRISE DE CONSCIENCE GENERALE S’IMPOSE

La République centrafricaine vient de connaître une période la plus sombre de son histoire, caractérisée par des tueries intercommunautaires, des pillages, des viols, des incendies de villages et maisons, occasionnant de nombreuses victimes et les déplacements massifs de la population. C’est dans ce sens que les autorités de la transition ont instauré la Journée du 11 mai de chaque année, pour commémorer la mémoire des victimes de cette crise qu’a connue le pays. D’où, une prise de conscience générale de la population s’impose pour mettre définitivement un terme à la division, au clivage, à la destruction massive des tissus socio-économiques et aux tueries intercommunautaires.

Depuis la date du 24 mars 2013 à ce jour, la RCA a perdu tous ses repères. L’être humain, pourtant sacré, est devenu aujourd’hui un objet sans valeur aux yeux des groupes armés. Du jour au lendemain, des centaines de personnes sont tuées, massacrées comme des bœufs qu’on égorge à l’abattoir. D’autres sont déportées dans la brousse où elles sont maltraitées comme des animaux sauvages. Qu’à cela ne tienne, leurs champs et leurs greniers agricoles sont pour la plupart de temps incendiés par les groupes armés et certains bandits de grand chemin. A cause de ces exactions, le nombre de victimes n’a cessé de croître. Plusieurs compatriotes vivent encore dans la brousse, sur les sites des déplacés, sur les territoires étrangers. Leurs conditions de vie ne font que dégrader, et ils ne savent plus à quel saint se vouer pour se protéger.

Si le calme précaire est observé aujourd’hui à Bangui, la situation sécuritaire ne fait que s’empirer dans l’arrière-pays. Le quart du pays est paralysé, à cause des exactions de certaines branches de l’ex-coalition Séléka et Anti-Balaka, mais aussi des hommes de Joseph Kony. Ils règnent en maître absolu dans plusieurs régions, et continuent de dicter leur propre loi à la population civile.

L’économie nationale peine à se relever puisque ce sont les groupes armés qui perçoivent les taxes, impôts et autres droits de l’Etat. Ils contrôlent les zones aurifères et diamantifères, tout en exploitant frauduleusement les ressources naturelles du pays. De tels actes qui entravent le pays de prendre l’élan du développement économique.

Les personnes qui se sont réfugiées au Cameroun, au Tchad et au Congo veulent revenir sur leur territoire. Malheureusement, la sécurité et la paix font toujours défaut. Et tant que les groupes armés ne vont pas cesser les exactions, la population centrafricaine sera condamnée à vivre dans la misère, la souffrance, bref la pauvreté absolue.

Face à ce tableau noir, sombre, sinistre, chacun doit faire son examen de conscience et poser les questions suivantes :   N’ai-je pas contribué à la destruction de mon pays ? Et que dois-je faire maintenant pour contribuer à la restauration de la sécurité, de la paix, de la cohésion sociale, du vivre ensemble et de la réconciliation nationale ? C’est sur ces deux (02) questions fondamentales que le peuple centrafricain du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest doit réfléchir pendant cette journée du 11 mai 2017, commémorant la mémoire des victimes de cette crise qui continue de ravager le pays.

Nous venons de franchir un pas avec la réussite des élections couplées de 2015-2016. Aujourd’hui, la RCA s’est dotée de toutes les institutions qui fonctionnent. Mais les attentes de la population sont nombreuses. Parmi les multiples défis à relever, la priorité des priorités demeure la paix et la sécurité. Pour arriver à ces deux (2) choses, nous devrons nous tolérer et demander pardon les uns aux autres. C’est de là que peut découler le vivre ensemble et la cohésion sociale qui favoriseront le retour à une paix durable. Nous devrons également bannir l’esprit de la vengeance, de la haine de la rancœur... car n’oublions pas que ce sont ces maux qui continuent d’alimenter les tensions entre les communautés.

« Quand une partie du corps est malade, c’est l’ensemble du corps qui souffre ». Cela signifie que, quand une partie de la population souffre ou est en danger, c’est toute la population qui est en péril. Hélas, la solidarité n’est pas centrafricaine. Quand on tue, pille, viole, incendie, c’est l’affaire des autres. Ici à Bangui, c’est la caravane des festivités. Les bars-dancings, les caves, les gargotes sont pleins à craquer. Les gens mangent, boivent, dansent, pendant qu’à l’intérieur du pays, c’est la désolation au sein des populations civiles : lamentations, cris de détresse, pleurs, grincements de dents. L’UNITE, prônée par feu Barthélémy Boganda, père fondateur de la RCA, n’est plus d’actualité. Chacun se réfère aujourd’hui à son clan, son ethnie, sa région… c’est le constat amer que nous faisons d’un peuple qui peine à retrouver la stabilité, la paix, la sécurité, la cohésion sociale, le vivre ensemble et la réconciliation nationale. Il faut penser aux victimes.

 

Bénistant MBALLA

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire