SELON LE PRESIDENT DU CONSEIL DE SECURITE DE L’ONU, «...

Vendredi 07.04. 2017

SELON LE PRESIDENT DU CONSEIL DE SECURITE DE L’ONU, « IL EST URGENT ET IMPERATIF DE DENONCER ET TRADUIRE EN JUSTICE LES RESPONSABLES DE VIOLATIONS  DU DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE ET DES DROITS DE L’HOMME… » : MYTHE OU REALITE ?

Suite à la montée de violences ces derniers temps dans les préfectures de la Ouaka, de la Haute-Kotto, de la Basse-Kotto et du Mbomou entre la coalition FPRC-MPC-RPRC menée par Nourredine Adam et l’UPC du général Ali Darassa d’un côté, et les Anti-Balaka à l’UPC de l’autre, le président du conseil de sécurité de l’ONU est monté au créneau pour condamner avec la dernière rigueur ces actes barbares et demande que les auteurs soient traduits en justice. Selon lui, « le conseil rappelle également qu’il est urgent et impératif de dénoncer et de traduire en justice les responsables de violations du droit international humanitaire, de violations des droits de l’homme et autres atteintes portées à ceux-ci, y compris la violence sexuelle et sexiste ».

Cette demande du président du Conseil de Sécurité coïncide avec celle des femmes de la Ouaka à l’occasion de la célébration de la résolution 1325 des Nations Unies. Selon elles,  il faut procéder à «l’arrestation et à la traduction en justice de tous les chefs des groupes armés opérant en RCA, ceci, sans distinction aucune ». Le mot urgent signifie qu’il y a une nécessité qui s’impose. Mais l’attitude des Nations-Unies à travers les casques bleus opérationnels en RCA nous amène à poser la question suivante : cette demande exigée par le président du conseil de sécurité est-elle un mythe ou une réalité ?

Depuis la date du 24 mars 2013 jusqu’au jour d’aujourd’hui, les véritables ennemis du peuple et de la république sont connus de tous. Ce n’est un secret pour personne. Malheureusement, ils ne sont nullement inquiétés par la justice et continuent sans cesse de rendre la vie difficile à la population civile. Les Nations-Unies étaient là quand l’ex chargé d’affaires de l’embrassade des Etats-Unis à Bangui, David Brown a demandé l’arrestation du leader de l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC), le soi-disant général Ali Darassa. Nous osons croire qu’il a prêché dans le désert du Sahara. Car depuis lors, c’est un silence de cimetière qui ne dit pas son nom. Ali Darassa est toujours libre comme le vent dans la nature et continue de tuer, piller, incendier. Et ce, en présence des Casques Bleus des Nations-Unies pourtant déployés en RCA avec pour principale mission la protection des populations civiles. Incroyable, mais pourtant bien vrai. C’est le même cas de figure avec les Abdoulaye Hissen, Aroune Gaye, Tidiani Mahamat et tant d’autres. Combien de mémorandums ont été remis à la Minusca pendant la transition par la population du 3ème arrondissement exigeant l’arrestation de ces derniers ? Dieu seul le sait. Même les mandats d’arrêts délivrés par les autorités judiciaires et remis à la Minusca sont devenus aujourd’hui lettre morte. Et la Minusca se plaint du fait que c’est Abdoulaye Hissen, Azore Khalité et autres qui constituent la menace pour la population civile dans l’arrière- pays. Comment ont-ils fait pour quitter le Km5 et franchir la barrière du Pk 12 afin de se retrouver aujourd’hui dans l’arrière-pays ?

Après le carnage des éléments de Mahamat Alkhatim sur les paisibles populations civiles de Kaga-Bandoro à la mi-septembre dernier, une enquête a été ouverte par les Nations-Unies pour faire toute la lumière sur ces graves violations des droits de l’homme. Hélas, cette enquête attend le retour de Jésus Christ pour être close. Et Mahamat Alkhatim continue de défier de jour en jour les autorités centrafricaines et la Communauté internationale. La preuve en est que Alkhatim est toujours omniprésent sur la scène des tueries et des massacres perpétrés sur des personnes civiles dans la Ouaka, la Haute-Kotto, la Basse-Kotto et le Mbomou.

Selon certaines informations qui nous sont parvenues, ce sont encore les éléments de Alkhatim associés à ceux du mouvement RJ qui ont assiégé la ville de Ngaoundai, occasionnant de pertes en vies humaines et de dégâts matériels considérables. « La Minusca a renforcé ses dispositifs dans les régions en proie à la violence pour protéger les populations civiles ». Mais c’est le contraire de la situation que nous vivons en fin de compte. Quand l’acte est consommé, c’est à ce moment là que la Minusca sort de sa coquille pour compter les morts et les blessés. Des troupes bien formées et opérationnelles depuis trois (03) ans auraient compris la stratégie d’attaques des groupes armés et prendre toutes les mesures nécessaires qui s’imposent pour protéger effectivement les civiles. Est- ce le cas de la Minusca ?

D’après le porte-parole de la Minusca, Vladimir Monteiro, « la justice est entrain de faire son travail par la mise en place de la Cour Pénale Spéciale (CPS) ». Faut-il dans ce cas d’espèce croiser les bras et regarder les populations civiles massacrées par des criminels sans foi, ni loi ? Quelles sont réellement les dispositions prises par les Nations-Unies pour sécuriser les civiles à Koui, Bocaranga, Kaga-Bandoro, Bakala, Ippy, Bria pour ne citer que ces quelques villes sous l’emprise des groupes armés ?

Le sang a déjà trop coulé sous le pont. Que les Nations-Unies cessent de rouler le peuple centrafricain dans la farine. L’urgence de l’heure est de traquer ces hors la loi en attendant la mise sur pied effective de la CPS pour permettre à la population centrafricaine de respirer un nouvel air et vaquer librement à ses occupations quotidiennes. Le président du conseil de sécurité doit cette fois ci veiller sur sa parole. Nous sommes des êtres humains aspirant à une vie descente.

Bénistant MBALLA

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