MICHEL DJOTODIA, « LA SELEKA EST LA FIN DE LA REBELLION EN RCA » :

MICHEL DJOTODIA, « LA SELEKA EST LA FIN DE LA REBELLION EN RCA » : QUE CHERCHAIT-IL AVEC BOZIZE A TRAVERS L’ACCORD DE NAIROBI ?

 

 

Michel Djotodja s’est autoproclamé président de la République après la conquête du pouvoir de Bangui le 24 mars 2013. Dans sa déclaration à la nation, Michel Djotodia a affirmé haut et fort sur les ondes de la radio nationale que, « la Séléka est la fin de la rébellion en RCA ». Malheureusement, Djotodia n’a pas mis du temps au pouvoir puisqu’il était incapable de contrôler tous les éléments de l’ex-coalition Séléka qui se livraient non seulement à la destruction des tissus socio-économiques du pays, mais aussi aux actes barbares de tout genre : tueries à grande échelle, massacres, viols, pillages, incendies de villages et maisons, de champs et greniers agricoles, et que savons-nous encore ? Les Anti-Balaka à leur tour ont décidé d’agir pour soi-disant libérer le peuple centrafricain sous l’hégémonie des Séléka. Hélas, ce n’était pas le cas. Ils étaient devenus en un laps de temps, les véritables charcutiers humains avec des massacres et des destructions, du jamais vus et connus dans l’histoire de la RCA.

Les chefs d’Etat de la CEEAC se sont vus obligés de contraindre Djotodia à la démission à Ndjamena au Tchad, le 10 janvier 2014. Ferdinand Alexandre Nguéndé a pris le relais pour diriger le pays pendant deux (02) semaines. Vient ensuite Catherine Samba-Panza élue par les Conseillers nationaux pour diriger la transition et conduire le peuple centrafricain aux élections pour sortir le pays de la crise. Les ex-séléka ne juraient que par Michel Djotodia pour revenir au pouvoir et gérer la RCA. C’était dans ce sens qu’ils persistent et signent dans les tueries et les massacres après la démission de leur chef charismatique. Il en est de même des Anti-Balaka, fruits de l’ex-président déchu François Bozizé qui ne rêvent que du retour de ce dernier au pouvoir.

Depuis leurs pays d’exil, Bozizé et Djotodia ne cessent de manipuler leurs éléments à rendre la vie difficile au peuple centrafricain tout en détruisant le pays. A Nairobi, Bozizé et Djotodia ont scellé une alliance contre nature dans le but de revenir au pouvoir. Malheureusement, l’accord a été balayé d’un revers de la main par la présidente de transition, Catherine Samba-Panza. Immédiatement après le rejet de l’accord de Nairobi par le pouvoir de Bangui, les deux guerriers ont organisé et planifié la somatisation du pays à travers le coup d’Etat manqué du 26 Septembre 2015, soldé par plus de deux cent (200) morts, ainsi que des blessés. Que cherchaient Bozizé et Djotodia à travers l’accord de Nairobi ? Et s’ils arrivaient à revenir au pouvoir, qui cédera le pouvoir à l’autre ? Où est le sérieux dans la déclaration de Michel Djotodia quant à la fin de la rébellion en RCA, du moment où c’est lui-même qui tire les ficelles dans l’ombre et pousse certaines branches de la Séléka à continuer de tuer et de détruire le pays ?

Bozizé et Djotodia sont à l’origine de la crise qui continue de perdurer en RCA. Ce sont eux qui attisent la flamme de la violence dans les régions où les groupes armés dictent leur loi aux populations civiles. Pourtant, Bozizé et sa famille ont géré la RCA comme leur propre patrimoine avant de trahir toute la République, en abandonnant des tonnes d’armes et de munitions à la Séléka, pour prendre la tangente par la suite. Est-ce aujourd’hui que Bozizé et ses parents peuvent faire mieux ? C’est le même cas de figure avec le régime de Djotodia qui était totalement plongé dans la barbarie. Djotodia lui-même était conscient de sa défaite à cause des exactions des combattants Seléka sur les populations civiles. Comment peut-on expliquer l’attitude de ces deux (02) personnes qui ont lamentablement échoué dans le passé et qui  préfèrent encore revenir au pouvoir ?

Au lieu de chercher à empirer la situation, ils doivent revenir et se faire juger sur leur propre territoire par la Cour Pénale Spéciale (CPS) qui est entrain de se concrétiser lentement mais sûrement. Sans pour autant nous tromper, Bozizé et Djotodia seront les premiers clients de la CPS. Ils doivent expliquer au peuple centrafricain la raison de sa souffrance. Depuis 2002 à ce jour, les souffrances des Centrafricains ont dépassé le seuil de l’intolérable à cause d’un groupuscule de personnes qui pensent détenir le titre foncier de la RCA. La CPS a l’obligation de fouiller, bêcher, sarcler sur l’ensemble du territoire, les auteurs, coauteurs et complices des plus graves violations des Droits de l’Homme pour donner le véritable sens à « l’impunité zéro » prônée par les autorités centrafricaines, les Nations-Unies, les Etats-Unis, la France…

 

Bénistant MBALLA

 

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