Le conflit armé entre la coalition Séléka ...

Mardi 26.09.2017 : 10H26

RAPPORT D’ENQUETES DE l’onu . :

 

  Le conflit armE entre LA COALITION DE LA SELEKA ET LE GOUVERNEMENT DE LA RCA : DE DECEMBRE 2012 A MARS 2013

 

Le conflit armé entre la coalition de la Séléka et le Gouvernement de la République centrafricaine : de décembre 2012 à mars 2013

Comme conclu dans de précédents rapports, y compris celui de la Commission d’enquête internationale sur la République centrafricaine (2014), un conflit armé a opposé les Séléka  aux forces loyales au Président Bozizé vers la fin de 2012. Les premières offensives majeures menées par les Séléka ont été celles de Ndélé, Sam Ouandja et Ouadda pendant le mois de décembre 2012, et ce conflit armé s’est terminé le 24 mars 2013, ou peu après cette date, lorsque les Séléka ont pris la ville de Bangui.

Plusieurs incidents qui ont eu lieu durant le conflit entre les Séléka et les Forces loyales au Président Bozizé entre la fin 2012 et le 24 mars 2013 pourraient constituer des crimes de guerre, s’ils ont été établis devant un tribunal, notamment :

●  Les exécutions extrajudiciaires, les actes de violences sexuelles, y compris les viols collectifs, et les pillages commis par la Séléka après avoir pris le contrôle des villes suivantes : Ndélé en décembre 2012, Mobaye en janvier et février 2013, Dékoa et Bambari en février 2013, Kaga-Bandoro et Bangui en mars 2013.

●  Les attaques contre des écoles, des églises et des hôpitaux, ainsi que leur destruction, et le pillage, en particulier d’édifices publics et d’organisations humanitaires, par les troupes de la Séléka ;

●  Le recrutement et l’utilisation d’enfants comme boucliers humains par la Séléka, notamment pendant la bataille de Damara du 22 au 23 mars 2013 ;

●  La torture, par les forces de sécurité gouvernementales, en fin 2012, de 150 partisans présumés de la Séléka à Bangui, dans un centre de détention à Bossembélé ;

●  Le meurtre, le 23 mars 2013, par un soldat des FACA, de 13 à 17 personnes soupçonnées de soutenir la rébellion Séléka, dans le cimetière de Ndrès, à Bangui.

Le Projet Mapping est en accord avec les conclusions de la Commission d’enquête internationale sur la République centrafricaine, selon lesquelles, suite à la prise du pouvoir par Michel Djotodia, il y a eu une période durant laquelle la Séléka a commis des violations généralisées, mais n’a pas fait face à une opposition armée organisée, de nature à conclure à l’existence d’un conflit armé. La Commission d’enquête a conclu que « le niveau des hostilités pendant la période du 24 mars 2013 à début décembre 2013, n’a pas atteint le seuil requis pour conclure à l’existence d’un conflit armé ». Elle s’est fondée principalement sur le fait que, même en tenant compte des attaques anti-Balaka du 6 au 7 septembre 2013 à Bossangoa, il n’y avait pas eu d’affrontements violents et soutenus entre les anti-Balaka et la Séléka jusqu’en décembre 20131097.

Le conflit armé entre les Séléka/ex-Séléka et les anti-Balaka : de juillet 2013 à 2015

Un conflit armé était en cours entre les ex-Séléka et les anti-Balaka de 2013 à 2015. La Commission d’enquête internationale sur la République centrafricaine a formulé ses  premières conclusions, à savoir que ce conflit armé a commencé en décembre 2013.  Toutefois, les informations analysées par le Projet Mapping tendent à montrer que, suite à leur création en juillet 2013, les anti-Balaka ont eu des confrontations avec la Séléka/ex-Séléka et ont mené des attaques de manière répétée dans au moins quatre différentes préfectures du pays, avec une intensité et un niveau d’organisation suffisants pour conclure à l’existence  d’un conflit armé quelques mois avant décembre 2013. Les premiers rapports faisaient allusion à des groupes qui s’attaquaient à la Séléka ou alors à des « archers » locaux, à des groupes d’auto-défense communautaires locaux ou encore à des anti-Balaka), mais avec le recul, il semble aujourd’hui qu’il s’agissait plutôt d’attaques coordonnées menées par un nouveau groupe armé ( Voir Centralafricanrepublicnews (blog), Centrafrique : Le Chef des anti-Balaka de Bouar parle, 29 octobre 2013. (Il s’agit d’un entretien accordé en octobre 2013 par un leader anti-Balaka à Bouar, qui y fait allusion aux attaques récemment menées par les anti-Balaka dans plusieurs parties du pays, y compris à Bohong, Boda, Bossangoa, Gaga, et Bangassou. Ses propos laissent supposer une certaine coordination entre ces différents groupes anti-Balaka locaux).)

Au tout début du conflit armé entre les éléments de la Séléka et les anti-Balaka, si les faits sont établis devant un tribunal, certains pourraient ainsi révéler la commission de crimes de guerre :

●  En août et septembre 2013 à Bohong, dans la préfecture de l’Ouham-Pendé, des affrontements entre la Séléka et la milice locale anti-Balaka, ont fait plus de 50 morts.

●  Du 6 au 7 septembre 2013, les anti-Balaka ont mené plusieurs attaques coordonnées contre des campements d’éleveurs et des centres de négoce aux alentours de Bossangoa, dans la préfecture d’Ouham, au cours desquelles des civils musulmans ont été tués, des centaines de maisons brûlées et des troupeaux de bétail enlevés.

●  Le 7 octobre 2013, les anti-Balaka ont attaqué les éléments de la Séléka dans la ville minière de Gaga, près de Yaloké, dans la préfecture de l’Ombella-M’Poko. Les affrontements avec la Séléka, qui en ont suivi, ont causé la mort de dizaines de civils.

●  Le 26 octobre 2013, des anti-Balaka ont attaqué Bouar, dans la préfecture de la Nana- Mambéré, provoquant une riposte armée de la Séléka qui a causé la mort de plus de 10 civils.

●  En novembre 2013, les anti-Balaka ont attaqué des campements d’éleveurs peuls à Boali, dans la préfecture de l’Ombella-M’Poko et ont tué des dizaines de Peuls, considérés comme partisans de la Séléka.

En conséquence, la position du Projet Mapping est qu’un conflit armé opposant les anti- Balaka à la coalition de la Séléka avait commencé quelques mois avant décembre 2013. Toutefois, cette question ne pourra être tranchée définitivement que par un tribunal.

Aux incidents susmentionnés qui ont eu lieu entre août et novembre 2013, s’ajoute une escalade du conflit après les attaques des anti-Balaka, du 5 décembre 2013 à Bangui.  Plusieurs incidents documentés dans le cadre du conflit qui a suivi pourraient, s’ils sont  établis devant un tribunal, constituer des crimes de guerre, notamment :

●  Les meurtres, les actes de violence sexuelle et la destruction de biens commis par les Séléka et les anti-Balaka, le 5 décembre 2013, et pendant les jours qui ont suivi, à Bangui et Bossangoa. On a estimé que plusieurs centaines de civils ont été tués du 5  au 6 décembre 2013 à Bangui.

●  Le meurtre de soldats de la MISCA par des anti-Balaka et des ex-Séléka, comme à Bangui, les 25 et 26 décembre 2013.

●  Les attaques menées à partir de janvier 2014, par les anti-Balaka contre des civils dans des villages à l’ouest du pays qui avaient déjà été évacués par des ex-Séléka, et le meurtre de membres de la population musulmane, y compris ceux qui fuyaient.

●  L’attaque de l’hôpital principal de Boguila, le 26 avril 2014, par un groupe d’individus armés, présumés être des éléments ex-Séléka, au cours de laquelle ils ont tué au moins 16 civils, dont trois employés de MSF, et en ont blessé beaucoup d’autres.

●  Le recrutement et l’utilisation d’enfants aussi bien par les anti-Balaka que par les Séléka/ex-Séléka.

●  Le pillage de biens privés appartenant aux membres de la population musulmane, et les attaques contre des mosquées par des groupes anti-Balaka.

( Suite au prochain numéro)

MINUSCA

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