LA DISSOLUTION DE L’ASSEMBLEE NATIONALE PLANE DANS L’AIR POUR

Mardi 06.06.2017. : 09H40

LA DISSOLUTION DE L’ASSEMBLEE NATIONALE PLANE DANS L’AIR POUR « REBELLION » CONTRE LA REPUBLIQUE : BLOCAGE DE LA LOI SUR LA BONNE GOUVERNANCE

Meck et ass 1

La loi sur la bonne gouvernance est une loi phare, pérenne qui doit réguler la gestion de la chose publique. La première loi envoyée à l’examen du Conseil des ministres, puis de l’Assemblée Nationale par Emmanuel Macron, nouveau président de la France, porte sur la moralisation de la vie publique. La France est trop loin devant la RCA, membre du G7, G20, donc un pays développé. Mais le problème de la moralisation de la vie publique se pose encore avec acuité. Qu’en sera-t-il de la RCA, un pays le plus pauvre au monde, l’une des lanternes rouges de la planète ? Les Centrafricains confondent très largement biens publics et biens privés, les caisses de l’Etat avec leurs propres poches, les détournements des véhicules et des matériels de l’Etat, la corruption rampante devenue une seconde nature. Le changement de mentalité pour asseoir la bonne gouvernance n’est pas une chose aisée.

C’est dans ce sillage qu’un chef d’Etat démocratique convaincu, ne pouvait qu’initier une loi sur la bonne gouvernance, afin qu’il régule la vie publique en Centrafrique. Comment des députés de la nation peuvent-ils bloquer un tel texte de loi ? Il a fallu des tractations pour faire passer en son temps, la loi des finances en cours d’exécution. Faut-il confondre le rôle d’un député avec celui d’un gourou de l’opposition ? Le rôle fondamental d’un député est de voter les lois de la République. Cette « rébellion parlementaire » a-t-elle réellement un sens ? Les intérêts de la République ne passent-ils pas avant nos intérêts personnels et égoïstes ? C’est la première fois dans l’histoire de la République Centrafricaine, que les Centrafricains observent un comportement bizarre et bizarroïde à l’Assemblée Nationale.

Il n’y a qu’une seule logique, la haine afin d’empêcher Touadéra par tous les moyens. Les groupes armés à l’aile droite, l’Assemblée Nationale à l’aile gauche et voilà, la boucle est bouclée. Les députés ont abandonné leurs électeurs à leur triste sort pour jouer les sous-marins torpilleurs de toutes les actions du gouvernement. Des querelles de personnes rejaillissent dans les affaires de l’Etat et deviennent un prétexte pour bloquer un texte aussi important qui va réguler la vie de la nation, conscientiser  la population, responsabiliser notre administration. Il n’y a d’autres solutions que la dissolution immédiate d’une telle Assemblée Nationale. Beaucoup risqueront de ne pas retrouver leur siège à l’Assemblée Nationale. D’ailleurs l’Assemblée Nationale était déjà très mal partie, car beaucoup de députés ont été beurrés. La misère morale couplée à la misère intellectuelle, culminent dans la misère financière. Les chômeurs, la population rurale démunie ont-ils vendu leur âme au diable ? Comment vivait chaque député avant les élections ? Les députés n’ont-ils pas des indemnités mensuelles et celles des sessions extraordinaires ? Les frais de missions à l’étranger ?

Les populations déplacées internes et celles en exil, ont-elles ce que gagne un député par mois ? En voulant trop gagner, on risque de tout perdre et à qui la faute ? La cupidité et l’avidité financières sont vices au sein de la société. Tous ceux qui y excellent, ont tous les problèmes du monde tout au long de leur vie. Beaucoup de députés ne sont plus eux-mêmes. Va-t-on à l’Assemblée Nationale pour s’enrichir sur le dos des électeurs ? Donald Trump, le chef de l’Exécutif américain, ne s’embarrasse de rien, « les Américains d’abord ». En RCA, « les députés d’abord, sinon rien », quel paradoxe ! Touadéra dit, « les Centrafricains d’abord », les députés répondent « notre ventre d’abord ». Faut-il les considérer comme des députés de la nation ou des députés de leurs propres intérêts égoïstes ?

Que pensera la Communauté internationale dont le cheval de batailles est la bonne gouvernance ? La transparence, la crédibilité et l’intégrité ? Depuis plus de trente ans, le tribalisme a fait irruption dans la gestion de la chose publique, le copinage, la corruption, le népotisme. Les mentalités sont totalement tordues et fonctionnent à l’envers. Il faut bien les redresser un jour ou l’autre. Cela n’est possible que dans un régime démocratique qui affirme la primauté du droit comme régulateur suprême de la société. La loi sur la bonne gouvernance est l’outil essentiel et fondamental de la Haute Autorité chargée de la bonne gouvernance, une institution qui existe, qui vit et qui n’attend que cette loi pour se mettre au travail. Ce sont les députés qui étranglent cette institution, la paralysent et l’empêchent de travailler, de se mettre au service de la République. Dans les pays qui nous entourent, la dissolution serait, depuis  la loi des finances, une réalité. Les Centrafricains se préparaient à aller aux urnes pour élire de vrais députés patriotes, des députés de la nation. Ainsi, les Centrafricains vont congédier les chasseurs de prime avec une farouche opposition politique qui couve.

Pendant que les députés jouent à l’incivisme parlementaire, la mission FMI est totalement satisfaite de la gouvernance en Centrafrique. N’eut été les groupes armés qui empêchent toutes les actions de développement, l’économie nationale devait décoller. Néanmoins elle est sur la bonne voie. C’est une honte pour l’Assemblée Nationale de bloquer une loi sur la bonne gouvernance. D’ailleurs cela se justifie dans la mesure où la moralité des dépenses à l’Assemblée Nationale laisse perplexe. Une gerbe de fleurs à titre d’exemple, peut-elle coûter quatre-vingt mille (80.000) à quatre-vingt-dix francs (90.000F) CFA ? L’Assemblée Nationale veut rouler sans phare dans les ténèbres.  Les réflexes du passé, les mauvaises manières de servir, la gabegie, reviennent au galop. L’orthodoxie financière, la transparence, l’intégrité ne sont pas du goût de l’Assemblée Nationale. Au regard de tout ce qui précède, la dissolution de l’Assemblée Nationale s’impose.

 

Julien BELA

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