L’Editorial de Julien BELA : ENFIN, UN CLIN D’ŒIL A LA PRESSE

Mercredi 21 Déc. 2016 : 13H11

 ENFIN, UN CLIN D’ŒIL A LA PRESSE

Cm n 2369 du mer 21 decembre 2016

Monsieur Vladimir Monteiro, porte-parole de la MINUSCA, a bien voulu rendre une visite de courtoisie dans les rédactions de la presse privée centrafricaine. Du moins, les rédactions crédibles, qui paraissent régulièrement et qui ont un minimum de respect pour l’éthique et la déontologie de leur noble mission. La mission principale de la Minusca s’articule autour de la sécurité et la recherche de la paix. C’est une mission qui a aussi un caractère multidimensionnel.

Il faut admettre que les forces internationales en Centrafrique ne datent pas d’aujourd’hui. Elles ont subi plusieurs mutations, passant de la CEEAC à l’Union Africaine et aujourd’hui, sous la coupe des Nations Unies sous le sigle MINUSCA (Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations-Unies pour la Stabilisation en République Centrafricaine). Tous ces efforts consentis par la Communauté internationale sont orientés vers la sécurité, la paix, la réconciliation nationale et la cohésion sociale.

Le parent pauvre de cette croisade internationale a toujours été la presse privée de Centrafrique. Plusieurs journalistes de la presse privée sont morts assassinés dans le conflit. Les matériels de travail ont été arrachés par les ex-combattants Séléka : ordinateurs portables, cameras, appareils photos, enregistreurs, téléphones portables... La presse privée a été réduite à sa plus simple expression, elle est obligée de faire recours à de vieux ordinateurs abandonnés pour tenter de maintenir en vie, le droit du public à l’information. Les rédactions sont réduites au strict minimum en terme de ressources humaines. Il fallait faire la politique de ses moyens pour éviter de mettre la clé sous la porte.

Le passage de monsieur Vladimir Monteiro dans les rédactions reste énigmatique. Est-ce une lueur d’espoir ? Il y a quelques années, une mission des Nations-Unies, composée exclusivement des journalistes venus de New-York, a séjourné à Bangui pour faire l’état des lieux des médias nationaux. Nous nous attendions à un geste substantiel des Nations-Unies à la presse privée. Malheureusement, il n’y a eu aucune suite à cette mission. Comment parvenir à une presse responsable, crédible, si la Communauté internationale ne met pas la main à la pâte ?

Nous avons un département des Sciences de la Communication à l’Université de Bangui qui est l’ombre d’elle-même, faute d’enseignants qualifiés. C’est un problème. Le HCC et l’OMCA ont du plomb dans les ailes. Et pourtant, le travail reste entier pour faire éclore une presse responsable, crédible, respectueuse de l’éthique, de la déontologie et de la charte du journaliste. L’après Bruxelles interpelle la presse. Comment être efficace devant ce dénuement total ? Comment suivre les comités techniques sectoriels mis en place par le gouvernement ? Un partenariat direct doit s’établir entre les différents comités sectoriels et la presse, afin d’avancer la main dans la main. Nous attendons un coup de pousse des différents partenaires œuvrant dans le secteur médiatique.     

Julien BELA

 

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