L’AFRIQUE CENTRALE ENGLUEE DANS DES CRISES MULTIFORMES, ...

Jeudi 26 janvier 2017 : 09H59

L’AFRIQUE CENTRALE ENGLUEE DANS DES CRISES  MULTIFORMES, EST EMBOURBEE : TCHAD, CONGO-BRAZZA, RDC, GABON,
CAMEROUN, RCA

Chefs d etat 2

Qui peut faire quoi pour son voisin dans la zone CEMAC ? Il est difficile de le dire. Chaque pays dans la région CEMAC est confronté à une crise aiguë, d’autres à une double crises. Sur six (6) pays de la zone CEMAC, cinq (5) sont empêtrés : le Tchad et le Cameroun doivent faire face au terrorisme avec le phénomène Boko Haram. Mais, dit-on, le malheur ne vient jamais seul. La chute du prix du baril de pétrole a engendré une crise  économique sans précédent au Tchad et au Cameroun, notamment au Congo-Brazza, au Gabon et en RDC. Le Gabon, le Congo- Brazza doivent gérer une crise poste-électorale ayant entrainé la violence. La RDC quant elle, cherche encore sur quel pied, danser le tango électoral, une crise pré-électorale qui a failli de peu embraser l’ensemble du pays. La RCA n’est pas du reste avec une crise militaro-politique qui dure et perdure, depuis 2012, à ce jour.

A l’exception de la Guinée Equatoriale, les cinq (5) autres membres de la CEMAC sont en ébullition. Le Cameroun fait face à des manifestations de la partie anglophone. L’Afrique Centrale, le cœur du continent africain, est dans l’instabilité totale. La CEDEAO est plus tranchante et ne lésine pas sur les moyens d’éteindre le feu en Gambie. Yahya Jammeh a été sans ménagement mis à la porte et doit faire valoir le reste de sa vie en exil. Cependant, le retour d’Adama Barrow devient très délicat du fait du paysage ambigu de l’Armée gambienne. Le chef d’Etat-major de l’armée a réaffirmé sa fidélité et sa loyauté à Yahya Jammeh, suite à son volte-face électoral. L’Armée entière ne peut aller en exil en suivant son chef suprême. La phase la plus délicate de cette crise, concerne la cohabitation entre Adama Barrow, démocratiquement élu et l’armée nationale gambienne. Yahya Jammeh n’a-t-il pas piégé Adama Barrow et la CEDEAO à travers l’armée ? La prudence affichée par la CEDEAO en dit long et les forces déployées en Gambie doivent sécuriser le processus démocratique sur une période bien déterminée, afin de donner une chance à Adama Barrow d’asseoir son système et de prendre cette armée en main. La promptitude de la CEDEAO, sa réaction rapide, sa clairvoyance et son objectivité ont permis d’éviter le pire, le bain de sang inutile et faire l’économie des vies humaines. La Commission de l’Union Africaine elle-même, doit s’inspirer de la réaction de la CEDEAO, sans calcul, sans parti pris, sans bureaucratie suicidaire, mais en toute objectivité. Ce schéma aurait été valable pour le Burundi et il n’y aurait pas autant de morts par règlements de compte. Et le Burundi n’est pas encore sorti de l’auberge. La RDC est un géant aux pieds d’argile qui a frôlé l’apocalypse. Les morts se comptent par dizaines à l’Est du pays. Rebellions d’un côté, crise pré-électorale de l’autre, l’équation comporte plusieurs inconnus, même si des efforts sont déployés par les évêques pour éliminer bon nombre d’inconnus. Il n’en demeure pas moins que le président Kabila reste une véritable calamité en termes de démocratie. Kabila veut absolument sauter son ombre comme au Congo-Brazzaville, au Tchad et au Gabon, malheureusement la traversée vers la rive du hold-up électoral est semée d’embûches et périlleuse. La zone CEMAC et par extension la CEEAC, est assiégée par les mauvais esprits anti-démocratiques. Les Africains du centre de l’Afrique soufflent le chaud et le froid et tirent l’enfer par la queue. Les organisations régionales, sous régionales doivent tirer les leçons de l’exemple de la CEDEAO. C’est une question de conviction et de  volonté politique, de crédibilité de ces différentes organisations. L’Afrique politique doit faire preuve de maturité, de discernement, de clairvoyance et surtout de conviction démocratique sans faille. Le potentiel économique de l’Afrique centrale rend tous les dirigeants aveugles et sourds. L’Afrique Centrale s’apparente à un pandémonium où l’être humain n’est nullement sacré.

La CEDEAO a percé l’abcès gambien et le peuple est dans la joie. Les exilés depuis plusieurs années dans les pays voisins, retrouvent le chemin de leur pays, de leur village, de leur domicile. Une nouvelle ère de liberté, de respect des droits humains, de la liberté d’expression, souffle sur la Gambie, grâce à la solidarité sincère et franche de la CEDEAO. Si la population est partie massivement en exil, peut-on parler des médias, de la liberté de la presse ? La dictature, un mal qui rongera encore très longtemps l’Afrique centrale, car la CEMAC, tout autant que la CEEAC, ont du chemin à parcourir pour atteindre le degré de maturité de la CEDEAO.

 

Julien BELA

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