RAPPORT : Violations graves commises par les forces rebelles

Jeudi 29 juin 2017 : 09H28

RAPPORT D’ENQUETES DE l’onu :Violations graves commises par les forces rebelles de Bozizé

 

Les rebelles du Général Bozizé comptabilisaient 500 à 600 hommes, y compris d’anciens soldats des FACA, d’anciens combattants tchadiens ainsi que des hommes sans emploi et des jeunes vagabonds recrutés en République centrafricaine et au Tchad en échange de promesses d’importantes récompenses financières individuelles. Le Général Bozizé et ses alliés appelaient ces combattants, les « libérateurs » ou « patriotes ». Pour les besoins  de ce rapport, le terme « libérateurs » sera donc utilisé pour se référer aux soldats et mercenaires qui ont  aidé Bozizé dans sa rébellion.

Les « libérateurs » étaient divisés en unités de commandement, chacune dirigée par un commandant. Le fils du Général Bozizé, Francis Bozizé, s’occupait de la logistique et Parfait Mbay était le porte-parole du groupe. Les rebelles du Général Bozizé possédaient des équipements militaires - notamment des appareils de communication et des armes -, dont certains saisis aux FACA, ainsi que des véhicules. Certains d’entre eux portaient un uniforme militaire, mais la plupart était en tenue civile. Le Gouvernement tchadien a également fourni un appui logistique, notamment des uniformes, des armes, des munitions et des véhicules. Les rebelles du Général Bozizé n’étaient pas payés, ils étaient indisciplinés et peu, voire pas du tout, entraînés.

De janvier à février 2003, avant de s’emparer de Bangui le 15 mars, les forces rebelles de Bozizé ont conservé ou repris le contrôle des villes du centre et du nord-ouest de la République centrafricaine, comme Markounda (Ouham), Sibut (Kémo) et Damara (Ombella- M’Poko). À cette période, de nombreuses sources les ont identifiées comme étant les auteurs de meurtres et viols de civils, et de pillages à grande échelle (60 Département d’État des États-Unis, Country Reports on Human Rights Practices, 2003. En février 2003, les réfugiés centrafricains de Makourda ont expliqué qu’ils ont dû fuir lorsque les rebelles ont pris le contrôle de

leur région et tué et pillé des civils. Voir AFP, Des milliers de Tchadiens et Centrafricains fuient la République centrafricaine vers le Tchad, 21 février 2003. Voir FIDH, Fin de la transition politique sur fond d’impunité – Quelle réponse apportera la CPI ?, 4 mars 2005 ; ICG, République centrafricaine : Anatomie d’un Etat fantôme, 13 décembre 2007. Le rapport Global Justice Meets Local Civil Society: The ICC’s Investigation in the CAR indique que des meurtres, des mauvais traitements, des pillages, des destructions d’infrastructures publiques et de nombreux incendies de villages ont été commis par les des deux côtés, celui de Bozizé et celui de Patassé.

Voir Marlies Glasius, Global Justice Meets Local Civil Society: The ICC’s Investigation in the CAR, volume 33, n° 4, octobre-décembre 2008, p. 415.).

A partir de janvier 2003, alors qu’ils ont commencé à prendre le contrôle d’autres villes dans le Nord-Ouest, les « libérateurs » de Bozizé ont tué un nombre indéterminé de civils et pillé des biens dans la région de Markounda. Plus de 3 000 personnes ont alors fui Markounda à partir de janvier 2003. Le HCR les a retrouvées dans la brousse (61 AI, Cinq mois de guerre contre les femmes, 10 novembre 2004; FIDH, Oubliée, stigmatisée: la double

souffrance des victimes des crimes internationaux, octobre 2006 ; AFP, Exactions en République centrafricaine : vif regain de tension avec le Tchad, 20 février 2003 ; PANA, Mgr Paulin Pomodimo nommé à la tête de l'archidiocèse de Bangui, 26 juillet 2003. Mgr Paulin Pomodimo, qui était évêque de Bossangoa au moment de l’attaque des rebelles de Bozizé sur la ville fut nommé archevêque de Bangui par la suite. Lors d’une visite de courtoise du nouveau Bozizé, Mgr Paulin Pomodimo a réclamé réparation pour le « très lourd tribut » payé par l’Eglise pendant sa rébellion, précisant que des diocèses entiers ont été saccagés et tout leur patrimoine systématiquement pillé et emporté au Tchad.).

En 2003, les « libérateurs » de Bozizé ont attaqué et pillé les institutions religieuses de Sibut, y compris le Petit séminaire, la congrégation de la Sainte Famille et l’Institut Biblique Baptiste. Ils ont tiré sur au moins deux sœurs de la congrégation de la Sainte Famille et ont blessé un membre du Petit séminaire. Ils ont volé tous les biens de valeur qu’ils ont pu trouver (véhicules, carburant, argent, fournitures de bureau, etc.). Ils ont également pillé la pharmacie locale et menacé le personnel de l’hôpital local (62 Entretien du Projet Mapping, Sibut, Kémo, août 2016 ; BONUCA, Rapport interne sur les droits de l’homme  en République centrafricaine, mai 2003).

 

Violences sexuelles et basées sur le genre

 

De janvier à mars 2003, les troupes de Bozizé ont violé un nombre indéterminé de femmes et de fillettes dans les villes dont ils avaient pris le contrôle. La Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) a recensé 293 cas de viol durant cette période, dont 21 (7 pour cent) qui auraient été commis par les troupes de Bozizé.

Par exemple, en janvier et février 2003, les rebelles de Bozizé ont violé quatre femmes à Sibut. L’une d’elles a été violée devant son père, un haut fonctionnaire du gouvernement.

Les « libérateurs » de Bozizé ont également violé un nombre indéterminé de femmes à Damara après avoir pris le contrôle de la ville en février 2003. Des incidents similaires ont été rapportés à Kaga-Bandoro (Nana-Gribizi) et Bossangoa (Ouham).

 

(Suite au prochain numéro)

 

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