RAPPORT D’ENQUETES DE l’onu . :

Vendredi 22/09/2017: 10H4

RAPPORT D’ENQUETES DE l’onu . :

 

  Le conflit armE entre l’UFDR eT LE GOUVERNEMENT DE LA RCA, ET ENTRE L’UFDR (ALLIEE AU GOUVERNEMENT) ET LES GROUPES ARMES ETHNIQUES RUNGA ET KARA

 

Le conflit armé entre l’UFDR et le Gouvernement de la République centrafricaine, et entre l’UFDR (alliée au gouvernement) et les groupes armés ethniques Runga et Kara :  d’octobre 2006  à avril 2007 et d’avril 2007 à décembre 2012

Le conflit armé impliquant la rébellion de l’UFDR a débuté entre octobre et décembre 2006, lorsque l’UFDR s’est emparée des principales villes des préfectures de la Vakaga et du Bamingui-Bangoran (Birao, Ouanda-Djallé, Sam Ouandja, Ouadda et Ndélé), ce qui a provoqué une intervention militaire de l’armée française, à la demande du gouvernement centrafricain, pour reprendre ces villes.

Suite à un accord signé entre le gouvernement et l’UFDR en avril 2007, l’UFDR s’est alliée avec les FACA dans les préfectures de la Vakaga et de la Haute-Kotto, pour combattre d’autres groupes armés rivaux constitués respectivement par les groupes ethniques Runga (CPJP) et Kara, au nord-est de la République centrafricaine. Les combats entre les FACA/UFDR et ces groupes ont continué jusqu’en 2012 au moins, année pendant laquelle ces groupes armés – aux objectifs disparates et à l’histoire chargée de rivalités –  ont  fusionné pour créer la Séléka et renverser le Président Bozizé.

Un certain nombre d’incidents graves, commis pendant le conflit au nord-est de la République centrafricaine à partir de 2006 et documentés dans ce rapport pourraient constituer des crimes de guerre, s’ils ont établis devant un tribunal. A titre illustrative :

●  Suite à la brève prise de contrôle par l’UFDR de Birao dans la préfecture de la Vakaga en mars 2007, les FACA ont repris le contrôle de la ville avec le soutien de l’armée française qui a effectué un bombardement aérien des positions de l’UFDR. En reprenant la ville, les FACA ont incendié de nombreuses habitations, apparemment en représailles pour le soutien présumé de la population à l’UFDR. En visite à Birao, suite à la prise  de contrôle par les  FACA, le Coordonnateur humanitaire  des Nations Unies pour la République centrafricaine a noté que près de 70 pour cent des habitations (plus de 600) avaient été incendiées ( Il a également comparé la ville à Grozny, la capitale de la Tchétchénie, et nota que seulement 600 des 14 000 habitants étaient revenus à Birao 15 jours après la fin de l’offensive par les FACA. Voir ICG, République centrafricaine : Anatomie d’un Etat fantôme, 13 décembre 2007).

●  Le recrutement de plus de 400 enfants soldats âgés de 12 à 17 ans par l’UFDR entre mars et mai 2007 et les viols, y compris les viols collectifs commis par des rebelles de l’UFDR en fin 2006 et en 2007.

●  Les viols commis par des soldats des FACA, comme les viols de femmes de l’ethnie Gula en décembre 2006 à Birao, à titre de punition pour leur soutien présumé aux rebelles de l’UFDR.

Le conflit armé entre la Convention des Patriotes pour la justice et la paix (CPJP) et le Gouvernement de la République centrafricaine : de la fin 2008 à août 2012.

La rébellion de la CPJP – qui représentait principalement les intérêts du groupe ethnique Runga –contre le gouvernement de la République centrafricaine a commencé fin 2008 dans la région de Ndélé, dans la préfecture de Bamingui-Bangoran. Les attaques menées par la CPJP et les affrontements armés entre la CPJP et les FACA se sont ensuite étendues aux préfectures de la Vakaga et de la Haute-Kotto. Le conflit armé entre la CPJP et le gouvernement de la République centrafricaine s’est poursuivi jusqu’en 2012, année pendant laquelle la CPJP a tardivement signé l’accord de Libreville de 2008. Elle s’est ensuite séparée en factions, dont l’une est devenue un des mouvements fondateurs de la Séléka. La CPJP était également engagée dans un conflit armé avec l’UFDR, le groupe rebelle au service du gouvernement au nord du pays.

Un certain nombre d’incidents qui ont eu lieu au cours de ces années d’affrontements armés entre la CPJP et le gouvernement de la République centrafricaine pourraient constituer des crimes de guerre, s’ils ont établis devant un tribunal. A titre illustratif :

●  En février 2009, dans le village de Sokoumba, dans la préfecture de Bamingui- Bangoran, les FACA ont attaqué des personnes pendant un enterrement et ont procédé à des exécutions extrajudiciaires de plus d’une vingtaine de personnes qu’elles considéraient être des rebelles. Les victimes ont été attachées à des arbres et tuées par balles et par coups de couteau.

●  La torture et l’exécution, en début 2010, de Charles Massi, dirigeant de la CPJP, suite à son arrestation par les autorités tchadiennes qui l’ont remis comme prisonnier au gouvernement de la République centrafricaine.

●  Les attaques menées par la CPJP à Ndélé et ses environs à partir de mars et avril 2010, au cours desquelles femmes de l’ethnie Haoussa ont été tuées et violées.

●  L’attaque par la CPJP, en mars 2011, des villages de Gozbaïda et Lemana, dans la préfecture de Bamingui-Bangoran, au cours de laquelle plusieurs civils ont été tués, dont des femmes brûlées à l’intérieur de leurs maisons.

●  Le recrutement et l’utilisation d’enfants par la CPJP, comme en novembre 2010, dans la préfecture de la Vakaga.

 Le conflit armé entre le Front Patriotique pour le Redressement (FPR) – groupe rebelle tchadien – et les gouvernements du Tchad et de la République centrafricaine sur le territoire centrafricain : de 2008 à septembre 2012.

Le FPR était actif entre 2008 et 2012, dans le centre et au nord du pays, précisément dans les préfectures de la Nana-Gribizi, la Kémo, de Bamingui-Bangoran et de Ouaka.

Les gouvernements du Tchad et de la République centrafricaine ont tenté de maitriser ce groupe armé, en essayant notamment d’obtenir la reddition à des autorités tchadiennes de son leader, le « Général » Baba Laddé, un officier dissident tchadien et de ses combattants. Suite à l’échec de plusieurs de ces efforts, les armées du Tchad et de la République centrafricaine ont organisé une opération militaire conjointe en janvier 2012, afin de déloger le FPR de ses bases, principalement situées dans la préfecture de la Nana-Gribizi. La plupart des éléments  du FPR, y compris son leader Baba Laddé, ont été rapatriés de la République centrafricaine vers le Tchad en septembre et octobre 2012, bien que certains d’entre eux aient aussitôt rejoint la coalition de la Séléka.

Le FPR semble avoir été suffisamment organisé pour constituer un groupe armé et a eu une présence militaire soutenue sur le territoire centrafricain. Durant sa présence sur le territoire de la République centrafricaine, le FPR s’est engagé dans des hostilités contre les FACA et la CPJP qui ont duré assez longtemps et étaient d’une intensité de nature à en faire un conflit armé non international. Un certain nombre de violations et d’abus commis dans le contexte de la rébellion du FPR pourraient constituer des crimes de guerre, s’ils sont prouvés par un tribunal. A titre illustratif :

●  Les actes de violences sexuelles contre plus d’une trentaine de femmes et la destruction de sept villages pendant l’opération militaire conjointe FACA/ANT contre le FPR en janvier et février 2012 dans la région de Ouandago, dans la préfecture de la Nana-Gribizi.

●  Les actes de violences sexuelles commis par des soldats de l’ANT à Ndélé pendant l’opération militaire susmentionnée.

●  Les attaques menées par le FPR dans la préfecture d’Ouaka entre mars et mai 2012, au cours desquelles des civils ont été tués et des centaines de personnes se sont retrouvées sans abri après la destruction de leurs maisons.

 

(Suite au prochain numéro)

 

MINUSCA

 

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