QUI EST SIDIKI ET COMMENT EST-IL PARACHUTE EN RCA ?

Lundi 21 Novembre 2016 : 10h45

QUI EST SIDIKI ET COMMENT EST-IL PARACHUTE EN RCA ?

Aboubakar sidiki cameroun 1Durant ces derniers temps, une nouvelle rébellion a vu le jour en RCA. Elle s’appelle Retour, Réclamation, Réhabilitation (RRR). Elle s’est implantée dans le Nord-ouest de la République centrafricaine, précisément dans la ville de Koui, située dans la préfecture de l’Ouham-Péndé, non loin de la frontière centrafricano-camerounaise. Les Centrafricains du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest qui s’attendaient au retour de la paix et de la sécurité sur toute l’étendue du territoire national à travers le Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR), étaient surpris d’entendre parler d’une nouvelle rébellion dont le chef est un certain Sidiki. Mais qui est cet homme ? Et comment est-il arrivé en Centrafrique ?

Nous ne vous disons pas assez mais suivons les témoignages d’un habitant de Koui qui s’est refugié dans la ville de Bouar pour échapper à la foudre de Sidiki et de ses hommes. C’est sous couvert d’anonymat qu’il témoigne. « Je suis né et grandi à Koui. Aujourd’hui, je suis à Bouar parce que Sidiki a occupé la ville de Koui. Tous les habitants de ladite ville, certains se sont déplacés à Bocaranga, d’autres à Bouar dont moi-même », a-t-il martelé.

Mais à la question de savoir qui est Sidiki, il déclare : « Sidiki n’est pas un centrafricain, mais plutôt un Camerounais. Il habite la ville de Maroua, au Cameroun. Son père est Camerounais et sa mère est tchadienne. Donc c’est un tchado-camerounais ». Cet habitant de Koui n’est pas resté là. Il a décrit l’arrivée de Sidiki dans la région comme suit : « Sidiki est parachuté dans ma ville par les forces internationales qui sont déployées en Centrafrique pour protéger les populations civiles et qui en principe ne font rien pour notre protection. C’est le contingent de la Minusca d’un pays limitrophe de la RCA et qui a été remplacé par le contingent congolais qui a amené ce sanguinaire pour nous exterminer tous. Aujourd’hui, dans la ville de Koui, ce sont les Camerounais qui règnent en maître absolu. Ils font du commerce de tramadol, ce médicament qui est très nocif pour la santé et rend parfois fou certains jeunes qui en consomment beaucoup.

Quand les Casques Bleus congolais de la Minusca sont arrivés dans la zone, nous les avons accueillis à bras ouverts et les ont applaudis. Aujourd’hui, ils sont encore plus pires que ceux qui nous ont amenés Sidiki. Au moment où les Anti-Balaka de la localité se sont organisés et se sont rendus dans la ville de Koui pour les bouter hors du territoire national, les Casques Bleus congolais les ont pris à partie, soi-disant que ce sont des voleurs de bétail. Voyez-vous comment ces soldats onusiens agissent ? », s’est-il interrogé.

Il a déploré aussi les conditions de vie des déplacés de Koui à Bouar. « Nous menons une vie dure ici car nous n’avons rien emporté avec nous dans notre fuite. Tous nos biens ont été détruits et saccagés. Nos maisons et villages ont été incendiés par ces criminels étrangers. C’est grâce à l’hospitalité des habitants de Bouar que nous vivons. Une famille peut accueillir dix (10) à quinze (15) personnes sous son toit. Vraiment, nous vivons comme des animaux. Aucune aide alimentaire ne nous a été fournie par le gouvernement. Nous nous débrouillons pour survivre. C’est vraiment grave. Les soldats onusiens ne sont pas des Casques Bleus mais plutôt des Casques Rouges », a-t-il indiqué.

Vous avez suivi de bout en bout le témoignage de cet habitant de Koui. C’est un témoignage accablant. Pour ce faire, il serait mieux que les Casques Bleus qui sont déployés dans cette partie du pays agissent conformément au mandat onusien qui leur est confié. Ils doivent être neutres et impartiaux. Ajouter des malheurs aux malheurs des Centrafricains, serait vraiment absurde. Car les Centrafricains aspirent aujourd’hui à la paix, rien que la paix. Comme la Minusca est une force de maintien de la paix, il serait mieux que certains contingents qui agissent comme bon leur semble, se conforment strictement aux différentes résolutions votées par le conseil de sécurité de l’ONU pour la République centrafricaine. C’est ce que les Centrafricains attendent dès maintenant. Ils sont fatigués de cette crise larvée.

Mieux vaut leur donner la chance de respirer un nouvel air. La crise a trop duré et les exactions des rebelles étrangers sur la population centrafricaine ont dépassé le seuil de l’intolérable. Nous exhortons ces combattants à ne plus s’en prendre aux populations civiles.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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