PRISON A PERPETUITE, PEINE MAXIMALE DE LA CPS :

PRISON A PERPETUITE, PEINE MAXIMALE DE LA CPS : L’ENFER  QUI ATTEND LES BOURREAUX DU PEUPLE CENTRAFRICAIN

Touad et procureur cpsLa peine maximale selon la loi sur la Cour Pénale Spéciale (CPS) est la prison à perpétuité. Outre les peines de prison, la CPS pourra également prononcer les peines de travaux forcés. Voilà en quelque sorte l’enfer qui attend les  auteurs intellectuels et complices des massacres, des tueries, des viols, des braquages, des pillages, des incendies, bref, des violations graves des Droits de l’Homme et du droit international humanitaire, commis sur le territoire centrafricain. Et ce, depuis la date du 1er janvier 2003 à ce jour.

Selon l’article 162.2 du code pénal centrafricain, «les crimes de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité sont imprescriptibles et ne peuvent être graciés ou amnistiés ». Cet article cité ci-haut est net et clair, quant à la question de l’amnistie tant souhaitée par les bourreaux du peuple centrafricain et certaines puissances de ce monde. Cette fois ci, il n’y aura pas de prime à l’impunité puisque tout a été déjà ficelé par le Forum National de Bangui.

Combien de lois d’amnistie ont été votées dans le passé ? Et quels en sont les résultats aujourd’hui ? Trop c’est trop, et c’est vraiment déjà trop. Le peuple centrafricain en entier a décidé aujourd’hui de retrouver sa dignité humaine et sa valeur perdue à travers la justice, rien que la justice, un point un trait. C’est l’impunité qui est encore à la base de la  grave crise militaro politique enclenchée en décembre 2012 par l’ex-coalition Séléka dont nous continuons de vivre les conséquences dramatiques  sur les plans sécuritaire et humanitaire.

Depuis la date du 10 décembre 2012 jusqu’au moment où nous mettons cet article sous presse, combien de personnes ont trouvé la mort ? Combien de femmes et des mineurs ont été violées ? Combien d’immeubles publics et privés ont été vandalisés, saccagés et détruits ? Combien de maisons et champs des particuliers ont été incendiés ? Combien de véhicules des humanitaires ont été braqués et pillés par les groupes armés ? Faut-il laisser tous ces crimes impunis ? C’est vraiment inadmissible.

La Communauté internationale doit être franche et sincère vis-à-vis des populations centrafricaines qui souffrent comme des animaux sauvages depuis plus de cinq (5) ans. « On ne poursuit pas deux lèvres à la fois », dit un dicton populaire. Comment comprendre que la communauté internationale qui soutient l’Etat de droit, à travers la justice (CPS) puisse croiser les bras et observer les groupes armés et certaines puissances tirer le drap de leur côté ?

L’Union Africaine (UA), dans sa démarche de sortie de crise en République Centrafricaine, se penche beaucoup plus du côté des groupes armés. Le panel des facilitateurs de l’initiative africaine, a rencontré non seulement les leaders des groupes armés, mais également les représentants des ONG de défense des Droits de l’Homme, de la société civile voire de la Plateforme des Confessions Religieuses en Centrafrique.

Curieusement, le panel des facilitateurs se contente de publier les fameuses revendications tordues des groupes armés qui, d’ailleurs ne cadrent pas avec les réalités du terrain. Pourquoi ne pas aussi publier les recommandations des représentants des organisations de  la société civile pour faire la part des choses ? Cela n’étonne personne puisque la France et le Tchad ont toujours la main mise sur l’Union Africaine qu’ils manipulent à volonté.

L’Union Africaine, une grande organisation des Africains, navigue à contre courant des réalités des pays de la sous-région. Presque tous les pays de l’Afrique Centrale traversent des crises militaro politiques voire des mouvements terroristes. Mais l’UA n’a jamais apporté une solution concrète même, ne fusse qu’à un seul pays. L’exemple frappant est celui de la RCA où l’UA vogue au gré du vent ou rame à contre courant sans apporter une solution concrète à la crise que traverse le pays de feu Barthelemy Boganda. Et ceci, depuis plus de cinq années. Incroyable, mais pourtant réel.

Qu’à cela ne tienne, la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) et la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), croisent les bras et observent les crimes et exactions se poursuivre allégrement  sur l’ensemble du pays, sans pour autant prendre de mesures concrètes qui s’imposent. Et tout porte à faire croire que la CEMAC, la CEEAC et l’UA sont des coquilles vides, incapables de trouver des solutions aux multiples crises dans les pays de la sous-région.

Heureusement, le peuple centrafricain n’est plus dupe. Tout ce qui se fait en cachette est désormais  compris par tout le monde. C’est pourquoi, l’idée d’une soi-disant amnistie, est rejetée aujourd’hui en bloque par toute la population. Seule la justice peut nous libérer définitivement de l’emprise des groupes armés.

 

Bénistant MBALLA

 

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