OEUVRONS TOUS POUR LA PAIX AFIN QUE BRUXELLES SE CONCRETISE

Mardi 22 Novembre 2016 : 11h19min

OEUVRONS TOUS POUR LA PAIX AFIN QUE BRUXELLES SE CONCRETISE

 

Une conférence internationale des bailleurs de fonds pour la République Centrafricaine s’est tenue le jeudi 17 novembre 2016 à Bruxelles, en Belgique. Plus de quatre vingt (80) délégations venues du monde entier y ont pris part. Le président de la République, chef de l’Etat, professeur Faustin Archange Touadéra a conduit une forte délégation centrafricaine à cette table-ronde des donateurs. A l’issue des travaux qui se sont déroulés, une promesse d’un montant de 2.268.000.000 de dollars américains a été annoncée par les partenaires bilatéraux et internationaux de la RCA. Tous les Centrafricains du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, ont accueilli avec satisfaction cette promesse de financement des projets présentés par le gouvernement.

Mais faut-il que cette promesse se concrétise sur le terrain. Et sa concrétisation ne peut que passer par la paix et la sécurité sur toute l’étendue du territoire national. Car vous êtes sans ignorer que l’argent n’aime pas le bruit des bottes. Le gouvernement centrafricain a fait un pas de géant pour obtenir ce financement pour le relèvement de l’économie et la consolidation de la paix et de la cohésion sociale. Nous osons croire que bon nombre de financements de ces projets iront dans le sens de la paix. C’est pour cette raison que nous demandons aux uns et aux autres d’œuvrer pour la paix afin que Bruxelles se concrétise. Car sans la paix, il n’y a pas de développement. Les fonds qui seront débloqués dans les jours à venir pour la reconstruction des tissus économique, social cultuel, sportif, éducatif, sanitaire, et nous en passons, sont conditionnés par le retour de cette pierre précieuse qui est la paix et que les centrafricains courent derrière depuis plus de quatre (4)ans.

Pour ce faire, le FPRC, le RPRC, l’UPC, le MPC et Anti-Balaka version Mokom, ces groupes rebelles réfractaires au processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR), doivent œuvrer pour la paix, rien que la paix. Car au début de leur rébellion, ils avaient affirmé haut et fort qu’ils ont pris les armes parce que leurs régions étaient marginalisées. Le moment est venu  pour que ces régions soient dotées des infrastructures dignes de ce nom. Et Bruxelles a ouvert cette voie. La balle est désormais dans le camp du FPRC de Nourredine Adam, du RPRC de Joseph Zoundéko, de l’UPC du tristement célèbre peulh Ali Daras, du MPC piloté par le carnassier de Kaga-Bandoro, Mahamat Alkhatime et la branche Anti-Balaka de Mokom. Si ces groupes armés s’alignent derrière le processus DDRR tout en s’abstenant dès maintenant à faire usage des kalachnikovs, des lance-roquettes, des obus, des grenades, bref des engins militaires sur les civils, la mise sur pied effective de la promesse des donateurs, n’est qu’une question des jours et non des mois.

Les combattants des groupes armés doivent comprendre qu’il y a un temps pour faire la guerre et un temps pour faire la paix et reconstruire tout ce qui a été détruit. Le génocide a eu lieu au Rwanda en 1994. Aujourd’hui, les Rwandais, Hutus et Tutsis, vivent en parfaite harmonie. Or, en Centrafrique, des mauvaises langues disent que c’est une crise confessionnelle. Mais en réalité, il n’en est rien. A Ndélé, Birao, Bangassou, Bouar, pour ne citer que ces quelques villes, musulmans et non musulmans vivent ensemble, se côtoient et se partagent les idées. Pourquoi dans d’autres régions sous les bottes du FPRC, de l’UPC, du RPRC, du MPC, cette cohésion sociale ne peut pas se concrétiser ? C’est tout simplement parce que les seigneurs de guerre tels Nourredine Adam, Ali Daras, Mahamat Alkhatime, Joseph Zoundéko et Mokom ne veulent pas entendre parler de la paix. Et si demain, les régions qu’ils contrôlent ne bénéficient pas des projets de développement, quels arguments vont-ils avancer encore pour justifier leur réticence, la poursuite de la guerre ? C’est toute la question que les Centrafricains se posent aujourd’hui.

De grâce, que nous soyons musulmans, chrétiens, animistes et autres, la RCA nous appartient. C’est le pays que le feu président fondateur Barthélemy Boganda, paix à son âme, nous a légué. Prenons soin de lui. Oeuvrons tous pour la paix afin que les 2.268.000.000 de dollars américains soient débloqués pour la reconstruction de notre beau et cher pays, la RCA. Car un adage populaire dit, « qui veut aller loin, doit ménager sa monture ». Ménageons maintenant notre monture pour le relèvement de notre pays, car aucun étranger ne le fera à notre place. A bon entendeur, salut !

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire