NON AU DEPART DE LA MINUSCA TOUTE ENTIERE, OUI A CELUI DES ...

Jeudi 27 Oct. 2016 : 10h41

NON AU DEPART DE LA MINUSCA TOUTE ENTIERE, OUI A CELUI DES CONTINGENTS COMPLICES DES EXACTIONS

Minusca 3La Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations-Unies pour la Stabilisation  en République centrafricaine (MINUSCA), est déployée dans notre pays le 15 septembre 2014. Elle succédait ainsi à la Misca, la force africaine. Voilà exactement deux (2) ans et quelques mois que cette force onusienne se trouve sur le territoire centrafricain. Leur mission principale reste et demeure la protection des populations civiles et la défense de l’intégrité territoriale en attendant la restructuration et l’opérationnalisation effectives de nos Forces de Défense et de Sécurité (FDS). Mais force est de constater que la mission des Casques Bleus de la Minusca ne fait que tourner en rond. Les Centrafricains ne savent plus à quel saint se vouer pour se protéger. Car les exactions des groupes armés sur les populations civiles s’accroissent à un rythme exponentiel, effréné, au vu et au su de certains contingents.

C’est pour cette raison que le Groupe de Travail de la Société Civile (GTSC) dont Gervais Lakosso est le coordonnateur, a demandé à la population Banguissoise d’observer une ville morte, ce lundi 24 octobre, ce qui a été fait. Malheureusement, il y a eu des pertes en vies humaines et des blessés parmi les manifestants. Aujourd’hui, la société civile accuse la Minusca d’être à l’origine de ces morts d’hommes. La Minusca, de son côté rejette en bloc l’accusation portée contre ses hommes (Casques Bleus). C’est un véritable jeu de ping-pong que les Centrafricains observent en ce moment. Mais comme une enquête est ouverte pour situer la responsabilité des uns et des autres, attendons de voir les aboutissants pour en dire plus.

Il convient tout de même de signaler que la principale réclamation de cette plate forme de la société civile est le départ de la Minusca toute entière. Sur ce, les avis étaient partagés. Les uns étaient pour ; d’autres étaient contre ; et certains parlaient du recadrage des Casques Bleus. Vu les opinions des uns et des autres, nous disons pour notre part qu’il est impossible de demander le départ de la Minusca. Les raisons de ce refus sont diverses et variées : un(1), l’embargo sur les Forces Armées Centrafricaines (FACA) et les armes à destination de la RCA n’est pas encore levé ; deux (2),  les FACA ne sont pas encore opérationnelles, ni dotées des matériels adéquats pour faire leur travail convenablement sur le terrain ; trois (3), les forces de sécurité intérieures (gendarmerie et police) sont sous-équipées et ne pourront faire face à quoi que ce soit ; quatre (4), exiger le départ de la Minusca, c’est ouvrir la voie, le boulevard aux hors-la-loi de faire ce qu’ils veulent. Nous ne pouvons énumérer toutes les raisons. Et les centrafricains qui s’opposent aussi à la demande de ce retrait de la Minusca, réclamée à cor et à ri par la société civile en savent davantage que nous. Au moment opportun, ils nous diront toute la vérité sur ce refus. Comme les responsables de la Minusca ont annoncé et continuent d’annoncer tambour battant que cette mission onusienne appuie le gouvernement, nous osons espérer que les Casques Bleus vont désormais appliquer à la lettre les différentes résolutions (2127,2149, 2301) votées par le Conseil de sécurité des Nations-Unies.

Mais ce que nous devons réclamer, c’est plutôt le départ de certains contingents de la Minusca qui assistent aux massacres, aux tueries des populations civiles, sans pour autant leur apporter des protections nécessaires. Ceux-là doivent absolument déguerpir et laisser la place aux vrais soldats onusiens qui sont impartiaux et neutres et qui protègent réellement les civiles. Ce sont ceux-là que les Centrafricains en ont besoin. Interrogés à ce sujet, la majorité des Centrafricains ont pointé du doigt le contingent pakistanais en premier lieu, suivi des Bangladeshi, des Mauritaniens, et nous en passons. Donc, les plus hauts responsables de l’ONU, doivent prendre leur responsabilité dès à présent. Car nous pensons que d’autres pays comme l’Angola, l’Afrique du Sud, le Soudan veulent bien aider la RCA à sortir de ce bourbier. Il faut leur laisser le temps de voler au secours du peuple centrafricain en détresse. Un (1), deux (2), trois (3), voire quatre (4) contingents qui ne font pas leur travail comme il se doit, doivent impérativement quitter le sol centrafricain. Si c’étaient les soldats centrafricains qui assistaient sans réagir aux massacres des Pakistanais et autres, quelle serait la réaction du peuple pakistanais ? Sans nous tromper ou nous voiler la face, les Pakistanais allaient exiger aussi le départ des soldats centrafricains.

La passivité de certains contingents a débordé le vase et franchi le seuil de l’intolérable. Les Centrafricains ont crié leur ras-le-bol à travers cette ville morte. La balle est désormais dans le camp de l’ONU. Le peuple centrafricain attend d’un pied ferme une décision courageuse venant des Nations-Unies, comme ce fut le cas pour le contingent de la RD-Congo, accusé d’abus sexuels et de viols.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUNVENDA

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