LOMBARD : «LES CENTRAFRICAINS ONT DROIT AUX RICHESSES DU PAYS»

Vendredi 13 Janv .2017 : 11H05

  LOUISA LOMBARD : «LES CENTRAFRICAINS ONT DROIT AUX RICHESSES  DU PAYS»

 

La Centrafrique est souvent présentée comme un « Etat failli » («failed state» en anglais) qu'il faut reconstruire et consolider. Mais est-ce vraiment la bonne approche? Louisa Lombard prône une nouvelle manière d'appréhender les problèmes du pays et appelle à la mise en place de politiques plus innovantes. Elle propose notamment une « politique de distribution ». L'universitaire, professeur à Yale, publie State of rebellion , aux éditions Zed Books. En ligne de New Haven, aux Etats-Unis, elle est l'invitée de RFI.

Vous voudriez, je pense, qu’on se débarrasse de certains stéréotypes ou d’idées reçues concernant ce pays et notamment l’idée que la Centrafrique est un Etat failli. Vous dites que cette analyse de l’Etat failli n’est pas bonne. Pourtant elle structure l’approche de beaucoup d’organisations extérieures intervenant en Centrafrique ?

Louisa Lombard : C’est bien cela le problème, c’est-à-dire que l’on ne peut pas penser à une manière d’organiser la politique qui soit différente de celle des Etats que l’on voit en Europe, par exemple. Le fait que la Centrafrique ne ressemble pas à cet Etat-là, cela apparaît comme un problème pour différents organismes internationaux.

Et cela pose un problème pour régler les problèmes des Centrafricains ?

A mon avis oui, parce que toutes ces interventions internationales qui existent coûtent très cher. Tous ces efforts pour faire construire et faire consolider l’Etat centrafricain sont là, mais cela ne change pas le fait que pour construire et consolider un Etat, en Centrafrique, il faut des quantités et des sommes énormes d’argent ! On fait donc des petites choses et à la fin du projet, il n’y a pas eu un grand changement et on continue à œuvrer toujours de cette manière. Or, à mon avis, il y a d’autres façons d’intervenir.

Une chose que l’on pourrait faire, par exemple, c’est mettre en place une politique de distribution où tous les Centrafricains recevraient une certaine quantité d’argent. Ce n’est pas un salaire, mais c’est juste une manière de dire aux Centrafricains : « Vous êtes des personnes dignes, vous avez droit à une partie juste des richesses de ce pays ». Ainsi, de l’argent serait donné aux Centrafricains qui le dépenseraient dans leur communauté et qui ferait évoluer un tout petit peu l’économie et peut-être aussi les autres services.

RFI

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