LES CASQUES BLEUS DE LA MINUSCA SONT-ILS DEVENUS

Vendredi 06 Janvier 2017 : 11H26

LES CASQUES BLEUS DE LA MINUSCA SONT-ILS DEVENUS LA CIBLE DES GROUPES ARMES ?

Les Casques Bleus de la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation en République Centrafricaine ont été déployés pour le maintien de la paix. Leur principale mission reste et demeure la protection des civils contre les attaques des groupes armés et celle des institutions de la République.

Après avoir officiellement pris leur fonction le 15 septembre 2014, force est malheureusement de constater qu’ils sont devenus la cible des groupes armés au même titre que les populations civiles. De Koui à Bambari, en passant par Paoua, Bocaranga, Kaga-Bandoro, Bria, Ippy…, ces soldats onusiens sont constamment menacés tant par les Séléka que les Anti-Balaka. Même à Bangui, la capitale, ils ne sont pas épargnés. A chaque marche pacifique ou quelques mouvements sociaux, ils sont pris à partie par ces seigneurs de guerre, ces hors-la-loi, ces malfrats qui n’ont ni foi, ni conscience.

La dernière attaque en date est celle qui s’est produite entre Zémio et Mboki où deux (2) Casques Bleus du  contingent marocain ont trouvé la mort et un autre grièvement blessé. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, on ne connaît pas les auteurs de ces crimes. S’agit-il des éléments de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) de Joseph Kony ou des bandits de grand chemin, communément appelés en Centrafrique, « Zaranguina », c’est-à-dire coupeurs de route ? Difficile de le dire.

Mais au vu et au su des attaques contre les Casques Bleus de la Minusca, ne peut-on pas affirmer qu’ils sont aujourd’hui la cible des groupes armés qui sévissent en RCA ? Il ne fait aucun doute. Cette montée en puissance des attaques contre les soldats onusiens en Centrafrique doit interpeller la conscience des responsables de l’ONU, principalement son nouveau Secrétaire Général. Pour notre part, il s’avère indispensable que la résolution 2301 du Conseil de Sécurité de l’ONU soit revue et adaptée à la nouvelle donne. Car, si les Casques Bleus sont tués par les criminels de tout bord au même titre que les populations civiles, c’est pour autant dire que la crise centrafricaine a pris une autre tournure. Et c’est grave, très grave pour la suite des opérations des Casques Bleus.

Au lieu que les Casques Bleus de la Minusca ne se contentent que de la légitime défense, il serait souhaitable qu’ils soient offensifs et non défensifs. « Aux grands maux, de grands remèdes », dit-on. Car, si au jour d’aujourd’hui les groupes armés n’ont pas compris que les Casques Bleus sont en Centrafrique pour le maintien de la paix, il vaut mieux trouver des voies et moyens pour mettre définitivement un terme à leurs agissements. La crise a trop duré. Il est inadmissible que ces hors-la-loi persistent et signent dans leurs actes barbares contre leurs compatriotes et les soldats onusiens. Les Centrafricains aspirent à la paix et à la sécurité sur toute l’étendue du territoire national pour vaquer librement à leurs occupations habituelles. Si on assiste du jour au jour au regain de violence par-ci, par-là, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Et c’est cette chose que nous voulons qu’elle soit réglée pour toujours.

Il faut absolument changer le mandat des Casques Bleus de la Minusca afin que la crise centrafricaine prenne définitivement fin. Dans le cas contraire, nous tournerons en rond sans pour autant voir le bout du tunnel. Aujourd’hui, ce sont les soldats marocains de la Minusca qui sont visés. Et nous condamnons vigoureusement ces actes barbares. Et demain, quel contingent sera la cible de ces seigneurs de guerre ?

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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