LE PALUDISME : LA GRANDE TUEUSE, LA MALADIE...

Mercredi 26 Avril 2017 : 10H21

LE PALUDISME : LA GRANDE TUEUSE, LA MALADIE LA PLUS RENCONTREE EN AFRIQUE

 

A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le paludisme, célébrée le 25 avril de chaque année dans le monde entier, Médecins Sans Frontière (MSF) a organisé ce jour, un café de presse y relatif avec les chefs de mission à Bangui. Ce café de presse s’est déroulé sous la paillotte de la coordination de MSF Belgique, au rond-point du quartier Sango, ex-Ciot, à 09 heures. Cette rencontre a été animée par Anne-Marie Boyeldieu, Brian Willet, Emmanuel Lampaert et Dambélé Youssouf, respectivement chefs de mission MSF France, Suisse, Belgique et chef de mission adjoint MSF-Espagne.

Deux (2) modules ont été au menu de ce café de presse, à savoir la présentation du paludisme et les nouvelles activités menées par MSF durant le premier trimestre 2017.

S’agissant du premier module développé par Anne-Marie Boyeldieu, cheffe de mission MSF-France, elle a clairement signifié que le paludisme est la maladie la plus fréquemment rencontrée par MSF dans ses projets en Afrique et plus particulièrement en République Centrafricaine. Aussi le paludisme est la grande tueuse. Ceux qui paient le plus lourd tribut de cette maladie sont les enfants de moins de cinq (5) ans et les femmes enceintes. A cela s’ajoutent la diarrhée, les maladies respiratoires… En RCA, ce sont les régions du Nord et du Centre, principalement les villes de Kabo, Bossangoa, Batangafo et autres qui sont très touchées par le paludisme car plus de 80.000 personnes sont atteintes.

Le vecteur du paludisme est l’anophèle qui pique des individus. La 1ère destination du parasite est le foie. Les symptômes qui apparaissent en premier lieu sont les frissons. Après avoir touché le foie, le parasite attaqe les globules rouges. L’éclatement de ces derniers provoque un accès de fièvre. Le parasite peut atteindre aussi le cerveau.

Dans ce cas, un dépistage rapide s’avère important par un diagnostic précoce qui permet d’éviter l’évolution du paludisme vers une forme grave et qui entrainera la mort dans près de 30% des cas ; seuls les patients réellement atteints de paludisme seront traités, ce qui limite l’apparition de résistance aux médicaments ACT ; les malades présentant un test négatif au paludisme pourront recevoir un traitement approprié à la maladie qui est à la base de leurs symptômes.

Pour MSF, il faut être plus proche des communautés afin de réduire le nombre de malades du paludisme et de décès évitables. Pour ce faire, MSF a mis en place des agents de santé communautaires qui seront formés pour diagnostiquer et fournir un traitement précoce dans les villages des zones rurales. Ces agents référeront aux centres de santé les cas qu’ils ne savent pas traiter. L’avantage est que les villageois qui devaient parcourir 10 à 15 kilomètres pour accéder au centre de santé le plus proche, n’auront plus que 5 kilomètres maximum à faire pour trouver l’agent de santé le plus proche.

Les défis du paludisme à relever sont, entre autres le paludisme simple qui nécessite la prise de médicaments pendant trois (3) jours à la maison ; le paludisme sévère dont la personne doit être hospitalisée, sans oublier des complications possibles qui sont des troubles neurologiques, anémie sévère, hypoglycémie, défaillance des organes.

Pour traiter ses patients atteints de paludisme, MSF utilise les ACT, c’est-à-dire la polythérapie à base d’artémisinine car ils sont actuellement la thérapie la plus efficace.

Pour boucler ses propos, Anne-Marie Boyeldieu de dire, « la meilleure façon de se protéger du paludisme, c’est de se protéger des moustiques ».

Donc, il s’avère indispensable, de dormir sous une moustiquaire imprégnée ; de pulvériser de l’insecticide et procéder à l’assainissement des lieux de vie ; en cas de symptômes, faire tester les personnes afin de réduire le développement d’une forme sévère du paludisme.

Le second intervenant, Brian Willet a brossé les nouvelles activités menées par MSF au courant du premier trimestre 2017 (janvier à mars). A entendre le chef de mission MSF-Suisse, au premier trimestre 2017, MSF a lancé plusieurs campagnes de vaccination multi-antigènes pour protéger les enfants de moins de cinq (5) ans contre la poliomyélite, le tétanos, la diphtérie, la coqueluche, l’hépatite B, la rougeole (Mbaïki) et certaines formes de pneumonie et de rougeole. Près de 90.000 enfants sont visés dans différents endroits du pays. Les vaccinations multi-antigènes se sont déroulés à Carnot où 13.596 enfants ont été vaccinés. A Bria, 6.000 enfants ont été ciblés par la vaccination tandis que dans la Lobaye, 7.000 sont ciblés.

En outre, MSF a renforcé ses activités pour les populations civiles prises au piège des violences et qui n’ont pas d’accès aux soins de santé. Des interventions ont eu lieu sur les axes Bambari-Mbrès, Bria-Ippy, Bakouma-Nzacko. Les services de chirurgie ont été renforcés à Bria et Bambari, et un plan de réponse à un afflux de blessés a été mis en place à Mbrès. MSF a redéployé aussi des équipes à M’Poko, Mamadou-Mbaïki et Carnot.

En réponse aux questions des journalistes, MSF a signifié que 2/3 des enfants de moins de cinq (5) ans décèdent suite au paludisme qui reste la 1ère cause de mortalité en RCA. Et le taux de paludisme dans le Sud-ouest de la RCA est de 68%. Notons enfin que MSF a traité 582.072 cas de paludisme en RCA en 2016.

Sur le plan mondial, 2.299.200 cas de paludisme ont été traités par cette ONG en 2016 et 2.114.900 en 2014.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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