LA MINUSCA ET TOUTE LA COMMUNAUTE INTERNATIONNALE ...

Mardi 05.09.2017 : 10H47

LA MINUSCA ET TOUTE LA COMMUNAUTE INTERNATIONNALE DEMISSIONNAIRES DEVANT LES VIOLENCES EN RCA : LA CRISE CENTRAFRICAINE TOMBEE DANS L’OUBLIETTE

La crise centrafricaine verra-t-elle un jour le bout du tunnel ? Les groupes armés cesseront-ils de commettre les exactions sur les populations civiles ? Difficile de le dire. Car les violences ne faiblissent pas. Chaque jour qui passe, amène son lot de malheurs. Depuis que l’ex-coalition Séléka est entrée en rébellion contre le régime de François Bozizé-Yangouvonda le 10 décembre 2012 à Ndélé jusqu’à la prise de pouvoir le 24 mars 2013, le malheur des Centrafricains s’accroit de jour en jour : des maisons incendiées, des personnes abattues sans aucune forme de procès, des édifices publics et privés détruits, la liste n’est pas exhaustive.

Ces actes barbares, indignes, inhumains, bestiaux commis sur les innocents sont et demeurent impunis. Les combattants des groupes armés sont libres comme le vent. Ils ne sont nullement inquiétés. Malgré la main tendue du chef de l’Etat, professeur Faustin Archange Touadéra, ces hommes en armes font toujours ce qui leur semble bon. La personne humaine, pourtant sacrée aux yeux de Dieu, est devenue un objet sans valeur. Les femmes et les enfants continuent de payer le plus lourd tribut de cette crise larvée. Ils sont violés, massacrés, abusés sexuellement par leurs bourreaux, alors que les associations, les ONG, les organismes qui défendent les Droits des femmes et des enfants ne se comptent plus au jour d’aujourd’hui en RCA. Chaque jour, des séminaires, des ateliers sont organisés au sujet des violences faites aux femmes et aux enfants. Aucun changement dans leur vécu. Ils sont constamment pourchassés dans la brousse par les groupes armés. A quoi servent les mille et un (1001) séminaires et ateliers ?

Dans certaines villes de nos provinces telles Bangassou, Zémio, Kaga-Bandoro, Bria, Mobaye, Niem-Yélowa, les populations ne broient que du noir. Certaines ont pris leurs jambes au cou et sont déjà passées les frontières de la RCA pour se réfugier dans les pays voisins. D’autres se sont terrées dans la brousse pour espérer échapper aux foudres et aux furies des groupes armés. Malgré tout, des chasses à l’homme sont organisées par les combattants non conventionnels contre les populations civiles. Ce ne sont pas les habitants de Mobaye , Bangassou et tant d’autres qui nous démentiront. Ces actes barbares se poursuivent allègrement sous la barbe des Casques Bleus de la Minusca et de toute la communauté internationale qui sont déployés en grand nombre au chevet de la République Centrafricaine depuis le déclenchement de la crise à ce jour.

C’est dans ce contexte et sans nous voiler la face que nous avons affirmé que la Minusca et toute la Communauté internationale sont démissionnaires devant les violences commises sur les civils. Ils assistent sans réagir aux massacres alors que le génocide est à la porte de la RCA. Si vraiment la Minusca est en RCA pour accompagner les autorités à sortir le pays du gouffre, nous ne serons pas là. Tantôt les gens nous disent que la Minusca à elle seule ne peut ramener la paix et la sécurité en RCA, tantôt on nous fait comprendre que la Minusca protège normalement les populations civiles. Où est le sérieux dès lors que les violences s’amplifient ? La Minusca et cette communauté internationale ne roulent-elles pas le peuple centrafricain dans la farine ? Sont-elles venues en RCA pour accompagner les violences ? Il ne fait aucun doute car des efforts concrets ne sont pas encore déployés par la Minusca. Les Centrafricains ne se reconnaissent pas dans les actions menées sur le terrain par cette force onusienne. Si la Communauté internationale et la Minusca commencent déjà à tenir un double langage à propos de la crise centrafricaine, c’est déjà une fuite en avant, un goût d’inachevé.

Donc la crise que traverse notre pays est tombée dans l’oubliette. Et les Centrafricains ont l’obligation de parler le même langage pour sortir le pays du fond du gouffre. Nous devons nous mobiliser autour des autorités légitimes. La sécurité est l’affaire de tout le monde et non du gouvernement et de la Minusca. Au Rwanda, la force onusienne avait abandonné la population civile dans la gueule des lions, des loups. La solidarité du peuple rwandais l’a aidé à mettre fin au génocide. Pourquoi ne pouvons-nous pas épouser la méthode rwandaise pour sortir de ce bourbier ? Quand les orphelins sont abandonnés à leur triste sort par les proches de leurs père et mère, ils se mettent ensemble, conjuguent leurs efforts et s’en sortent toujours mieux. Etant donné que la crise centrafricaine est tombée dans l’oubliette et que la Minusca et la Communauté internationale sont démissionnaires devant les violences faites aux civils, nécessité oblige de nous réunir, nous entendre, nous pardonner et nous réconcilier pour espérer à la paix et à la sécurité sur toute l’étendue du territoire national.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA 

 

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