LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE DEFEND-ELLE L’ANARCHIE OU LA ...

Vendredi 25 Août 2017 : 09H56

LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE DEFEND-ELLE L’ANARCHIE OU LA DEMOCRATIE EN RCA ?

Rebelle 01La crise centrafricaine enclenchée par la coalition Séléka le 10 décembre 2012 dans la ville de Ndélé au Nord de la RCA continue son petit bonhomme de  chemin. Elle fait rage dans les villes de nos provinces. Nos compatriotes errent d’un lieu à un autre à la recherche d’un abri sûr. Ils ne savent où mettre la tête. Leurs maisons ont été toutes incendiées, leurs biens détruits. Trouver de quoi à mettre sous les dents est un véritable serpent de mer difficile à avaler. Sortir de son refuge pour faire un pas est une victoire de la volonté. Les combattants des groupes armés qui ont pris contrôle des 75% du territoire national ne laissent aucune chance à la population civile de vaquer à leurs occupations quotidiennes. Nos concitoyens qui tentent de résister à leurs oppressions sont systématiquement abattus sans aucune forme de procès.

Les humanitaires qui leur viennent en aide ou leur portent secours quand ils sont blessés dans les affrontements sont encore devenus leurs ennemis jurés. Combien d’humanitaires ont perdu leur vie dans cette crise larvée ? Des dizaines et des dizaines. Les Casques Bleus, eux aussi ne sont pas épargnés. A Bangassou et ailleurs, des groupes armés s’en sont pris à ces soldats, dits de la paix. D’autres compatriotes qui ne sont ni de près ou de loin impliqués dans la crise subissent aussi les atrocités de ces hommes en armes. Des édifices publics et privés, des locaux des ONG tant nationales qu’internationales sont saccagés, détruits, incendiés et les biens emportés.

Au départ les combattants Séléca avaient justifié leur entrée en rébellion par la marginalisation de la région du Nord. Cette revendication avait été prise en compte par la Communauté internationale, ce qui aurait permis à ces derniers de prendre le pouvoir de Bangui le 24 mars 2013. Par la suite, les actes barbares commis sur les populations civiles ont obligé cette même Communauté internationale à contraindre à la démission, Michel Djotodia Am Non Droko le 10 janvier 2014 à Ndjamena au Tchad. Les Centrafricains s’attendaient à la sécurité et à la paix sur toute l’étendue du territoire national après cette démission. Mais tel ne semble pas être le cas. De jour en jour, des témoignages qui nous parviennent de l’arrière-pays sont tristes et n’honorent pas cette Communauté Internationale et ne la grandissent pas. Des pays qui font partie de cette Communauté Internationale sont accusés d’être de connivence avec les groupes armés. D’autres leur fournissent des armes et munitions pour massacrer les civils innocents. Certains leur apportent des aides financières.

Et au regard de tout ce qui se passe aujourd’hui dans la crise centrafricaine, le Centrafricain lambda s’interroge de la manière suivante : « La Communauté internationale défend-elle l’anarchie ou la démocratie en RCA » ? Observez ce qui se déroule en ce moment dans ce pays. Nous avons l’impression que la démocratie centrafricaine, acquise sous la pluie des balles, est reléguée au second plan. On donne beaucoup d’importance aux combattants rebelles qu’aux personnalités légitimes issues des urnes. A titre d’exemple, les accords signés çà et là à tour de bras par les groupes armés et le gouvernement, ce sont les combattants rebelles qui taillent toujours la part du lion. Car dans toutes les actions que le gouvernement veut entreprendre, il doit nécessairement y impliquer ces hommes en armes. Il ne peut passer outre.

Dans quel pays au monde les groupes rebelles sont traités au même pied d’égalité qu’un gouvernement légitime ? C’est en RCA. Et ce, grâce à la complicité de la Communauté internationale. Les combattants non conventionnels tuent, braquent, incendient, détruisent tout sur leur passage, ils sont toujours caressés dans le sens du poil. D’autres sont appelés le « mal nécessaire » à l’exemple d’Ali Daras qui écume les préfectures de la Basse-Kotto, du Mbomou et du Haut-Mbomou. Ils bénéficient des privilèges que certaines personnalités centrafricaines n’en ont pas. Ils sont constamment dans les avions de la Minusca et voyagent librement à l’intérieur du pays et à l’extérieur comme bon leur semble. Ils sont intouchables. Un individu qui tente de s’en prendre à eux, est l’objet d’attaque de part de la Minusca, en un mot de la Communauté internationale. N’est-ce pas encourager l’impunité et l’anarchie au détriment de la démocratie ? Cela ne fait aucun doute. Aucun Centrafricain n’a besoin d’un verre correcteur ou d’une loupe ultramoderne pour voir ce qui se dessine sur le territoire national.

Où sont passés les pays qui défendent mordicus la démocratie dans le monde ? Ils sont présents en RCA à travers leurs ambassades. Pour prendre une décision courageuse afin de mettre hors d’état de nuire les ennemis de la démocratie, ces pays sont incapables, impuissants. A la lumière de ce qui se passe en Centrafrique, peuvent-ils encore dire qu’ils sont les défenseurs de la démocratie ou des pays démocrates, dans la mesure où ils participent d’une manière ou d’une autre à la destruction, pour ne pas dire à l’enterrement de la démocratie ? Pourquoi les soi-disant défenseurs de la démocratie dans le monde condamnent les présidents dictateurs en Afrique et dans certains pays ? S’ils déroutent, c’est parce que les défenseurs agissent exactement comme eux.

C’est vraiment triste et honteux de constater en RCA que la Communauté internationale défend l’anarchie et non la démocratie. Quelle politique de l’autruche !

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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