L’ETAU DE LA JUSTICE SE RESSERRE AUTOUR DE FRANçOIS

Mardi 04 juillet 2017 : 10H09

L’ETAU DE LA JUSTICE SE RESSERRE AUTOUR DE FRANçOIS BOZIZE POUR CRIMES DE GUERRE ET CRIMES CONTRE L’HUMANITE : MICHEL DJOTODIA SE PASSERA A SON TOUR

Boz et djoto 1Le rapport ‘’Mapping’’ de l’ONU vient de dévoiler les exactions les plus graves commises par l’ex président centrafricain François Bozizé pendant sa rébellion et après son coup d’Etat du 15 mars 2003. Il s’agit entre autres, des exécutions extrajudiciaires, des disparitions forcées, des actes de tortures, des viols, des pillages, des détentions arbitraires, et la liste est non exhaustive. Nous comprenons dorénavant pourquoi la Cour Pénale Spéciale (CPS) travaille en synergie avec la Cour Pénale Internationale (CPI). Même qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, certains auteurs intellectuels de la crise centrafricaine vont passer devant la Cour Pénale Internationale afin d’être jugés. C’est le cas de François Bozizé qui court déjà le risque de passer devant la CPI par rapport à la nature des exactions qu’il a commises pendant sa rébellion en 2002 et après son coup d’Etat du 15 mars 2003.

Le rapport d’enquêtes de l’ONU a étalé au grand jour les violations du droit international humanitaire, les violations des Droits de l’Homme et autres atteintes perpétrées à l’endroit des populations civiles par les forces rebelles de Bozizé. De Janvier à Février 2003, avant de s’emparer du pouvoir de Bangui le 15 mars de la même année et renverser le régime démocratique de feu président Patassé, les forces rebelles de François Bozizé ont pris le contrôle des villes du Centre et du Nord-Ouest de la République Centrafricaine, notamment les régions de Markounda (Ouham), Sibut (Kémo), Damara (Ombella-M’poko). Et d’après le rapport de l’ONU, ces forces rebelles ont été identifiées comme auteurs de meurtres et viols de civils sans oublier les pillages à grande échelle. Le rapport ‘’Global Justice Meets Local Civil Society’’, repris par le rapport ‘’Mapping’’, a indiqué par ailleurs que des mauvais traitements, des pillages, des destructions d’infrastructures publiques et de nombreuses incendies de villages ont été commis par les deux (02) côtés, celui de Bozizé et Patassé.

Ce n’est qu’à partir de Janvier 2003 qu’ils ont commencé à prendre le contrôle de certaines villes de la région du Nord-Ouest,  que les rebelles de Bozizé, connus sous le nom des « libérateurs » ont tué un nombre indéterminé de civils et pillé leurs biens dans la ville de Markounda. Plus de 30.000 personnes ont alors fui la ville. Pendant cette même période, ces « libérateurs » ont attaqué et pillé les institutions religieuses de Sibut, y compris le petit séminaire, la congrégation de la Sainte Famille et l’institut Biblique Baptiste. Certaines personnalités religieuses auraient été tuées et d’autres blessées par balles. Des biens de valeur ont été volés et emportés par ces derniers. Des cas de violences sexuelles et basées sur le genre ont été également signalés dans les villes de Damara, Sibut, Kaga-Bandoro et Bossangoa. Les rebelles de Bozizé ont repris les mêmes actes après avoir renversé le président Patassé du pouvoir le 15 mars 2003 et ceci, en toute impunité.

L’accession de Bozizé au pouvoir en mars 2003 a ouvert la voie à d’autres sources d’impunité. Malgré la nomination d’un premier ministre et la mise en place d’un gouvernement, ces « ex-libérateurs » ont également commis de nombreuses exactions dans la capitale. Dans un article rendu public par l’Agence France Presse (AFP), 50 personnes auraient été tuées. Et le rapport d’enquêtes de l’ONU a précisé que dans les jours qui ont suivi le coup d’Etat du 15 mars, les « libérateurs » et des civils ont massivement pillé Bangui (résidences d’anciennes autorités, les bureaux et certaines agences des organismes internationaux, les résidences du personnel des Nations-Unies, voire des consulaires et missions diplomatiques…). Bozizé cumule une double responsabilités par rapport aux crimes qu’il a commis au moment de sa rébellion et durant son règne au pouvoir. Et les actes qu’il a commis constituent des crimes de guerre et crimes contre l’humanité et donc passibles devant la Cour Pénale Internationale.

Nous osons croire que bientôt, le voile sera levé sur les crimes horribles commis par l’ex coalition Séléka depuis le déclenchement des hostilités le 10 Décembre 2012. Michel Djotodia se prépare à son tour à connaître ce qu’il a commis sur la population civile centrafricaine qui continue de souffrir sur les sites des déplacés et d’errer dans la brousse comme des animaux sauvages. Nourredine Adam, Abdoulaye Hissen et les autres peuvent continuer de tuer, piller, incendier comme bon leur semble. La Cour Pénale Spéciale est déjà là et va s’occuper de leur dossier. Il en est de même pour certains Anti-Balaka qui persistent et signent dans la barbarie.

La prestation de serment des juges de la CPS prouve à suffisance que la justice marche lentement, mais très sûrement. Bientôt, le peuple centrafricain et particulièrement les victimes de la crise vont connaître tous leurs véritables ennemis. Il y a toujours un début et une fin à toute chose. Tôt ou tard, la justice triomphera des forces du mal.

Bénistant MBALLA

 

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