EXIGER LE DEPART DE LA MINUSCA AUJOURD’HUI, C’EST VERSER...

Mercredi 26 octobre 2016 : 09h40

EXIGER LE DEPART DE LA MINUSCA AUJOURD’HUI, C’EST VERSER DE L’HUILE SUR LE FEU : LA SOCIETE CIVILE DOIT SE RESSAISIR

Minusca 5Où était la société civile centrafricaine quand les mercenaires étrangers tuaient, pillaient, violaient, incendiaient, braquaient sous le règne de Michel Djotodia ? Nulle part. La société civile en ce temps-là n’existait que de nom. Il a fallu le courage du peuple centrafricain, sans une arme en main pour s’opposer à la rage destructrice des mercenaires qui se trouvaient au sein de l’ex-coalition. Si les forces internationales ( Sangaris et Minusca ) n’étaient pas déployées à temps en RCA, ceux-là qui ont trouvé aujourd’hui leur langue pour parler devraient être enterrés depuis fort longtemps. Comment expliquer l’attitude de ces mêmes personnes qui, hier ont pris la tangente pour aller trouver refuge chez ces forces internationales, mais aujourd’hui exigent leur départ malgré la situation sécuritaire alarmante du pays ? Et si la Minusca décide aujourd’hui de partir, la société civile sera-t-elle réellement en mesure de protéger la population civile sans les Forces de Défense et de Sécurité ? Les auteurs de cette pétition qui exigent le départ de la Minusca, ont-ils pesé les conséquences des actes qu’ils posent ? La société civile doit se ressaisir. Autant d’interrogations qui nous rendent perplexes.

Ces forces internationales déployées en RCA ne sont pas des extraterrestres. Ce sont des êtres humains qui ont la même couleur de sang comme les Centrafricains. Elles ont aussi sacrifié leur vie pour venir au secours de la population civile en détresse. Sous la pluie et dans la fraîcheur, elles sont constamment sur le terrain pour veiller sur les populations civiles. Comment ne peut-on pas reconnaître ce sacrifice ? « Toutes œuvres humaines ont leurs limites ». C’est pourquoi, nous constatons qu’il y a effectivement certaines failles dans leurs missions. Mais la solution n’est pas d’exiger leur départ. Il faut demander au conseil de sécurité de l’ONU de revoir certaines dispositions du nouveau mandat de la Minusca. Par exemple, ordonner l’utilisation de la force en cas de besoin, ce qui ne figure pas dans le nouveau mandat de la Minusca. Cela pose un réel problème puisque les Casques Bleus ne peuvent aller au-delà de ce qui est dit dans leur mandat. Heureusement, les mentalités ont changé, car cette journée ville morte, bien que largement suivie, a été diversement appréciée par la population centrafricaine. Pour les uns, « la Minusca doit partir ». Pour d’autres, « La solution n’est pas d’exiger le départ de la Minusca. C’est de demander aux responsables de la Minusca de changer de stratégies pour réduire ou empêcher les violences des groupes armés sur les civiles ». Et nous osons croire que c’est la meilleure solution.

La société civile dispose-t-elle de quels moyens pour demander le départ de la Minusca ? Il est certes vrai que la situation qui continue de prévaloir dans le pays fait trop de mal au cœur. Mais nous devrons prendre notre mal en patience en attendant que nos Forces de Défense et Sécurité soient opérationnelles. La nouvelle mission européenne EUTM est actuellement en pleine phase de restructuration de l’armée nationale. Dans peu de temps, nous aurons notre armée nationale. C’est de là que les choses sérieuses peuvent commencer. Nous interpellons la Minusca à changer de stratégie afin de protéger effectivement les populations civiles. Le sang des innocents a trop coulé. De grâce, donnons une chance à la paix en RCA.

 Bénistant MBALLA

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