Des milliers de personnes abattues par la GP

Jeudi 13.07.2017 : 10H37

RAPPORT D’ENQUETES DE l’onu.  Des milliers de personnes abattues par la Garde presidentielle et les FACA de bozize, ainsi que l’aprd de demafouth

 

Le 28 décembre 2005, une centaine de rebelles de l’APRD a pris d’assaut le village de Bodjomo, près de Markounda.

·  Le lendemain de l’attaque, le 29 décembre 2005, des soldats des FACA et la Garde présidentielle ont fait leur entrée dans la zone de Bodjomo où ils ont abattu sept civils. Elles ont également incendié des villages dans la région de Bodjomo, détruisant ainsi plus de 500 habitations. Cette riposte a marqué le coup d’envoi de la tactique de la terre brûlée pour dissuader la population locale d’héberger ou de soutenir les rebelles, ou la punir le cas échéant.

·  Du 19 août 2006 à fin janvier 2007 environ, des soldats des FACA et de la Garde présidentielle ont incendié plus de 2 500 huttes dans près de 30 villages autour de Kaga-Bandoro, dont 150 huttes à Nana-Outa (août 2006), deux résidences à Kia (octobre 2006), 13 habitations à Futa et 84 autres à Ngoumourou (entre octobre et décembre 2006), 14 maisons à Boskoubé et 75 autres à Boskoubé Moderne  (novembre 2006), 40 habitations à Patcho (décembre 2006), 54 maisons à Yamuvé (janvier 2007), 176 habitations à Yamissi et Ngoulekpa (janvier 2007), 52 maisons à Inguissa (janvier 2007), 106 habitations à Pougaza et Béré (janvier 2007), 44 maisons à Kpokpo et dix autres à Gazao (janvier 2007). Les troupes des FACA et de la Garde présidentielle avaient coutume de tirer en l’air pour effrayer la population civile, avant de piller les maisons et d’incendier les villages. Le butin était chargé dans des camions et ramené à la base des FACA à Kaga-Bandoro.

Parfois, les soldats des FACA et de la Garde présidentielle tuaient des personnes prises au piège dans leurs habitations. Ainsi :

·  Le 3 décembre 2006, des soldats des FACA ont tué deux hommes âgés en mettant le feu à leurs habitations pendant une contre-offensive contre l’APRD à Zoumebeti. Les FACA ont également réduit le village en cendres après la mise à sac des biens des villageois. Lors de cette attaque, les soldats des FACA ont utilisé des mortiers et des roquettes contre la population civile.

·  Le 11 février 2006, en représailles à l’opération de l’APRD du 29 janvier, des soldats de la Garde présidentielle ont attaqué - à bord de trois véhicules- plusieurs villages dans la région de Paoua, le long de la route reliant Nana-Barya, Boguila, Beboura et Bemal. Ils ont ouvert  le  feu  au  hasard  sur  la  population  civile  et  tué  au  moins 30 habitants dans des villages situés le long de la route précitée.

Dans sa guérilla contre les forces gouvernementales, l’APRD s’en est fréquemment pris à des institutions de l’État, telles que des bases militaires, des postes de police et de douane et des administrations locales. De plus, ce mouvement a également ciblé et tué des administrateurs civils, personnifiant ainsi ses assauts contre les institutions de l’État. Le 29 janvier 2006, des éléments de l’APRD ont pris pour cible la ville de Paoua. Ils ont mené un raid sur le quartier général de la police et la base militaire des FACA, et se sont emparés d’armes.

·  Dans la nuit du 7 au 8 mars 2006, les rebelles de l’APRD ont abattu le maire de Bossangoa, alors qu’il était au volant de son véhicule. Ils ont par la suite revendiqué la responsabilité de cet assassinat.

·  Dans la nuit du 15 au 16 mars 2006, des hommes armés soupçonnés d’appartenir à l’APRD ont tué à son domicile le maire de Korom-M’Poko, une autre commune de la préfecture de l’Ouham.

Les populations civiles, prises en tenailles durant les affrontements armés entre la Garde présidentielle et les FACA, d’une part, et l’APRD, d’autre part, se sont vues reprochées fréquemment de soutenir l’adversaire et ont reçu des mesures punitives visant à faire cesser toute coopération avec l’ennemi. En effet, étant donné que les deux camps exigeaient des civils qu’ils signalent la présence de troupes ennemies, ceux qui le faisaient s’exposaient à des représailles sévères de l’autre camp.

·  En mai et juin 2006, dans et autour de la ville de Gbazara, située sur la route reliant Batangafo et Kabo, l’APRD a exécuté un informateur présumé des FACA. En réaction au retour des rebelles dans la région, les FACA y ont brûlé un grand nombre d’habitations en mai et juin 2006. La région de Kabo a continué à être le théâtre d’une intense activité contre les insurgés jusqu’à la fin de l’année 2006.

·  De septembre 2006 à décembre 2006, à Ouandago, préfecture de Nana-Gribizi, des soldats des FACA et de la Garde présidentielle ont tué huit civils, violé un nombre indéterminé de femmes  et  de fillettes, torturé des civils,  pillé et incendié plus  de 1.050 habitations, 60 entrepôts et 19 commerces. Ils ont également mis le feu à la gendarmerie locale de Ouandago. Les combats entre l’APRD et les FACA/la Garde présidentielle ont atteint leur paroxysme au début et à la mi-octobre 2006. 

En 2007, le conflit armé entre l’APRD et les FACA et la Garde présidentielle s’est poursuivi, notamment dans les préfectures d’Ouham-Pendé et de la Nana-Gribizi.

·  Le 05 janvier 2007, au marché de Kaga-Bandoro, des soldats des FACA et de la Garde présidentielle ont exécuté publiquement deux civils, des hommes soupçonnés d’appartenir à des groupes de rebelles armés. Les FACA les ont ensuite photographiés et ont paradé dans la ville avec leurs cadavres.

·  Egalement le 05 janvier 2007, des soldats des FACA et de la Garde présidentielle ont abattu un soldat démobilisé qui travaillait dans son champ à Kaga-Bandoro, malgré le fait qu’il ait montré son certificat de démobilisation. En outre, les soldats des FACA et de la Garde présidentielle ont perturbé les funérailles de la victime en tirant en l’air pour disperser les civils qui s’étaient rassemblés. Certaines des personnes présentes  ont été arrêtées et libérées peu après.

·  Le même jour, près du marché de Kaga-Bandoro, des soldats des FACA et de la Garde présidentielle ont tué deux femmes car ils les accusaient d’approvisionner les rebelles.

·  En janvier 2007, des rebelles de l’APRD ont lancé une attaque sur Paoua au cours de laquelle ils ont commis des pillages ciblant apparemment la communauté peule.

·  Alors que l’APRD se retirait de Paoua suite à cette attaque, les FACA sont arrivées et ont  recherché  les  rebelles  qui  battaient  en  retraite.  Durant  cette  opération,  ils ont commencé à ouvrir le feu sur la population. Ils ont tué un nombre indéterminé de civils, les exécutants à bout portant, les soupçonnant de soutenir l’APRD. Les FACA ont également torturé plusieurs autres personnes et incendié des habitations dans des villages situés sur la route reliant Paoua et Bozoum, préfecture de l’Ouham-Pendé.

Au cours des premiers mois de l’année 2007, les rebelles de l’APRD ont poursuivi leur stratégie d’attaque d’installations gouvernementales au nord-ouest de la République centrafricaine. Bien que les rebelles de l’APRD n’aient pas effectué d’opérations à grande échelle contre les populations civiles, ils ont commis des meurtres ciblés contre des fonctionnaires gouvernementaux. À compter de la mi-avril 2007, l’APRD et les forces du gouvernement se sont affrontées à plusieurs reprises dans la région de Ngaoundaye, préfecture de l’Ouham-Pendé, située à l’intersection des frontières de la République centrafricaine, du Tchad et du Cameroun.

·  Le 29 mai 2007, les rebelles de l’APRD ont pris d’assaut la ville de Ngaoundaye et tué son sous-préfet.

·  Entre le 30 mai et le 1er juin 2007, poursuivant leurs expéditions punitives contre les localités théâtres d’opérations rebelles, des soldats de la Garde présidentielle et des FACA ont lancé une opération de représailles aveugles sur la ville de Ngaoundaye, qu’ils ont entièrement incendiée. Ils ont brûlé plus de 450 habitations et attaqué ses habitants, tuant et blessant un nombre indéterminé de civils et contraignant ainsi toute la population à fuir la localité.

·  Le 12 janvier 2008, le commandant des unités de la Garde présidentielle, déployées dans le Nord-Ouest, a ordonné l’arrestation du maire de Markounda et son transfert à Bossangoa. Ce même commandant l’a finalement fait transférer dans le centre de détention de Bossembélé, connu pour être un centre de torture. Le maire avait été arrêté pour avoir conseillé à ses administrés de fuir Markounda avant l’arrivée d’un contingent de la Garde présidentielle en janvier 2008. Il a été libéré le 07 février 2008 sans jamais avoir été inculpé officiellement.

Recrutement et emploi d’enfants

 

(Suite au prochain numéro)

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