CONDAMNATION SUR CONDAMNATION ALORS QUE...

Vendredi 19.05.2017 : 10H05

CONDAMNATION SUR CONDAMNATION ALORS QUE LES TETES TOMBENT SANS CESSE DANS L’ARRIERE-PAYS : TRAQUER LES AUTEURS INTELLECTUELS

Le mois de mai 2017 a été très sanglant, très meurtrier. Des centaines de nos compatriotes ont perdu leur vie suite aux attaques incessantes, interminables diluviennes des groupes armés, tant des branches dissidentes de la Séléka que des Anti-Balaka ou des hommes armés non identifiés. De Niiem-Nyelowa a Bangassou où les gens vivaient en parfaite harmonie, en passant par Bria, Alindao, pour ne citer que ces quelques villes, on assiste à des exactions odieuses, horribles, inhumaines, bestiales, indignes, perpétrées par les rebelles qui règnent en maître absolu dans certaines régions du pays. Ils sèment la terreur, la désolation, la tristesse au sein des populations civiles qui ne savent plus à quel saint se vouer pour se protéger.

De la Présidence de la République à l’Assemblée Nationale, en passant par la Primature, les sièges des partis politiques, de la société civile, des ONG des Droits de l’Homme et même de la Minusca qui est censée protéger actuellement le peuple centrafricain, ce sont des condamnations sur condamnations, qui pleuvent à longueur de journée. Pendant ce temps, les combattants non conventionnels s’adonnent à cœur joie aux tueries, aux massacres, aux carnages, aux incendies de maisons. L’être humain, pourtant sacré aux yeux de Dieu Tout-Puissant, est devenu un objet sans valeur. Même un poulet coûte plus cher qu’un centrafricain. Tout se passe comme si les démons de la mort sont tombés sur la tête des uns et des autres. Le pays de feu président fondateur Barthélémy Boganda se transforme peu à peu à un champ de bataille ou à une jungle où chacun dicte sa loi. Les plus forts dominent les faibles, surtout ceux qui ont des armes se croient tout permis et pensent détenir la clé de la vie ou de la mort de leurs concitoyens.

Dans ce micmac, ce chaos indescriptible, c’est toujours le même refrain qu’on entend, qui revient : condamnation. A quoi servent réellement ces condamnations ? Ont-elles changé l’objectif, la vision des groupes armés ? Nous pensons pour notre part que ces condamnations ne font que les grandir. Par exemple, quand quelqu’un dit aujourd’hui, « je condamne avec la dernière énergie les actes commis par les 3R… », ce mouvement politico-militaire se croit au-dessus de l’autre et excelle dans les exactions. Il se croit tout permis. Demain, il fera la même chose, et ainsi de suite pour que son nom soit diffusé sur les ondes et publié dans les journaux. C’est dire que les condamnations sur condamnations accentuent les actes barbares des hommes en armes.

D’où nécessité de passer à une autre chose pour les faire changer d’avis. Le sang des Centrafricains a assez coulé sous le pont. A l’allure où vont les choses, il ne restera plus de centrafricains dans l’arrière-pays. Tous risqueraient de disparaître dans la nature comme une traînée de poudre. Et c’est ce que font aujourd’hui les rebelles, en tuant nos compatriotes dans la brousse.

Il est urgent, et capital de passer à la vitesse supérieure pour épargner des vies humaines en danger constant. Pour ce faire, la réhabilitation et le redéploiement, dans l’arrière-pays de nos Forces Armées Centrafricaines (FACA) déjà formées par l’EUTM et remises au gouvernement, le jeudi 11 mai 2017, s’avèrent indispensables. Le gouvernement doit chercher des voies et moyens, en commun accord avec la Minusca, pour équiper nos Forces de Défense et de Sécurité (FDS) afin d’œuvrer aux cotés des Casques Bleus de la Minusca pour ramener la paix et la sécurité, le plus rapidement possible en RCA.

La Minusca, de son côté, doit changer de stratégie en optant pour la force. Si des civils innocents sont tués en même temps que les forces de la paix, il ne fait aucun doute que la crise centrafricaine a pris une autre tournure. « Aux grands maux, de grands remèdes », dit-on. La Minusca a l’obligation de hausser le ton devant ces hors-la-loi, ces criminels, ces bandits de grand chemin qui ne faiblissent pas dans la violence inouïe. L’époque de caresser, les rebelles dans le sens du poils, est révolu. Le moment est venu d’être dur avec eux et de ne plus céder à leurs revendications fantaisistes. N’oublions pas qu’un rebelle est un rebelle. Quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, il reste et demeure toujours rebelle. L’option militaire peut clouer son bec et le pousser à accepter de déposer les armes pour faire la paix. Sans cette option, le gouvernement et la Minusca vogueront au gré du vent ou rameront à contre courant.

Nous ne nous opposons pas à la poursuite du dialogue. Si certains veulent faire la tête, il faut trouver des remèdes adéquats pour eux. Dans le cas contraire, nous compterons et pleurerons nos morts sans cesse, pourquoi pas au retour du Fils de l’Homme ? La situation sécuritaire qui prévaut aujourd’hui sur l’ensemble du territoire est inquiétante et risque de remettre en cause les efforts déployés par les uns et les autres.

Il faut agir vite, au lieu de ne condamner que les exactions des combattants des groupes armés non conventionnels qui écument à petit feu le peuple centrafricain.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

 

 

 

 

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