CHAPITRE V – LES REPARATIONS :

Mercredi 25.10.2017 : 10H22

RAPPORT D’ENQUETES DE l’onu . :

 CHAPITRE V – LES REPARATIONS : LA SATISFACTION, LA READAPTATION,

ModalitEs de mise en œuvre des rEparations

D. La satisfaction

 

Parmi les mesures de satisfaction pour les victimes, les autorités de la République centrafricaine ont établi une Journée nationale en mémoire des victimes du conflit, qui a été commémorée pour la première fois le 11 mai 2016. Un éventuel processus de recherche de la vérité devrait permettre de révéler la vérité, aidant ainsi les victimes à tourner la page. Au regard des clivages sociaux du récent conflit, en particulier les attaques contre des communautés entières sur la base de leur religion et ethnicité, il est important que les événements de mémorialisation et commémoration soient bien conçus, de nature transformative, et qu’ils protègent la confidentialité des victimes (telles que des victimes de violences sexuelles liées au conflit). En même temps, il faut veiller à ce que les événements  de mémorialisation et commémoration ne deviennent pas à l’avenir des outils politiques, pour raviver le conflit en fustigeant et en blâmant des groupes entiers.

 

E. La réadaptation

Un grand nombre de victimes du conflit ont besoin d'une aide spécifique médicale, sociale, juridique et psychologique pour pouvoir commencer à reconstruire leur vie. Les victimes sont devenues orphelines, elles ont été mutilées, violées, handicapées ou laissées incapable de reprendre et reconstruire leurs vies. De nombreuses victimes de violence sexuelle subissent des conséquences à long terme, y compris des infections par le VIH, la naissance d’un enfant à la suite d'un viol ou d'esclavagisme sexuel, à l'instar des femmes retenues en captivité par  les combattants de la LRA.

Alors que les organisations humanitaires en République centrafricaine - qui fournissent depuis longtemps la plus grande partie des soins de santé, en particulier en dehors de Bangui - répondent aux besoins des victimes du conflit et à la population générale, des mesures supplémentaires doivent être mises en place, sous l’autorité du gouvernement, afin d’intégrer une réadaptation dans le cadre d’un programme national de réparations. Il pourrait s'agir par exemple d'un programme national rudimentaire d'assurance maladie en vertu duquel les personnes admissibles et les personnes à leur charge auraient droit à une couverture gratuite de leurs dépenses de santé récurrentes et au traitement des graves complications liées aux préjudices subis pendant le conflit.

Outre l’aspect du genre, l’aspect culturel doit également être pris en compte dans les mesures de réadaptation pour les victimes. Par exemple, il y a des manières différentes de comprendre et de traiter un traumatisme résultant de violences sexuelles liées aux conflits. Cette réalité, ainsi que le point de vue de la victime, doivent être pris en compte dans les services de réhabilitation fournis. Une attention particulière doit également être accordée aux besoins psychosociaux, éducatifs et juridiques des jeunes garçons et filles séparés des groupes armés.

Des mesures urgentes, telles qu'un traitement médical, doivent aussi être proposées aux victimes particulièrement nécessiteuses, notamment les femmes, les garçons et filles et les personnes âgées, et ce avant même qu'un programme de réparation officiel supposant une classification des types de préjudices subis et une identification complète des victimes, ne soit mis en place. Ces services peuvent être fournis sans préjudice des autres formes de réparation susceptibles d'être proposées aux victimes ultérieurement dans le cadre d'un programme de réparations.

 

F. Modalités de mise en œuvre des réparations

En ce qui concerne les modalités de mise en œuvre des réparations éventuelles, plusieurs approches sont possibles. Une institution nationale pourrait être constituée dans le but de préparer les solutions durables pour les personnes déplacées en raison du conflit, notamment de fixer les paramètres de restitution des terres, des logements et des biens. Le travail de la Commission Vérité, Justice, Réparations et Réconciliation pourrait permettre d’arriver à une vision des préjudices subis plus centrée sur les victimes et sensible au genre, et de formuler des recommandations sur les formes de réparation les plus appropriées selon les diverses catégories de victimes. Une commission en charge des réparations pourrait se charger de fixer les modalités d'évaluation des préjudices et d’apporter diverses formes de réparations individuelles ou collectives aux victimes. Enfin, un fonds fiduciaire, auquel divers partenaires au développement de la République centrafricaine contribueraient, pourrait être mis en place afin de fournir les ressources indispensables à la mise en œuvre du programme de réparation.

 

(Suite au prochain numéro)

 

MINUSCA

 

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