CEDEAO TOTALEMENT DIFFERENTE DE LA CEMAC,...

Mercredi 25.01.2017 : 14H41

CEDEAO TOTALEMENT DIFFERENTE DE LA CEMAC, EN EFFICACITE DANS LE TRAITEMENT DE CHOC D’UNE CRISE POLITIQUE : CAS YAHYA JAMMEH

 

La CEDEAO n’est pas passé par quatre chemins pour barrer la route à la dictature ronflante. Tous les cas de figure ont été envisagés en un temps record pour arrêter le volcan gambien. Elle n’a pas lésiné sur les moyens, quand bien même les partisans du dialogue ont d’assaut Banjul jusqu’à la dernière heure fatidique pour le tortionnaire Yahya Jammeh. Les Forces de la CEDEAO étaient déjà pré positionnées, prêtes à en découdre avec un dictateur toxique pour la consommation démocratique des gambiens. C’est une épine extraite des pieds du peuple gambien dont beaucoup vivaient en exil au Sénégal, au Burkina Faso, voire au Mali. Une ère nouvelle de liberté s’ouvre en Gambie où le peuple peut de son ombre.

Le succès éclatant de la CEDEAO doit inspirer les chefs d’Etat de la CEMAC, avec une crise larvée en Centrafrique, que la communauté internationale semble oublier pratiquement. La CEDEAO n’a pas eu recours à la France pour résoudre la crise en Gambie. La CEMAC joue avec le feu en RCA bientôt quatre ans. Alors qu’en deux mois, la CEDEAO a résolu l’une de plus grave crise électorale en gestation dans la sous-région ouest africaine. En Centrafrique, chaque pays veut jouer sa propre carte, imposer son leadership et tirer un profit conséquent de la crise centrafricaine. La CEDEAO a fait preuve d’une solidarité sincère, affirmée et sans hypocrisie, ni fourberie, sans virgule dans le dos des autres. Aucun pays n’a voulu s’ériger en donneur de leçon, il fallait tout simplement arrêter par tous les moyens, ce virus de la dictature, qui devait ternir dangereusement l’image de la CEDEAO. L’Union faisant la force le cordon sanitaire très efficace à arrêter net ce saut dans l’abîme de la Gambie. Il n’en demeure pas moins qu’il y a encore en embuscade des partisans du dictateur en exil en Guinée-Équatoriale, d’où la prudence d’un serpent affichée par la CEDEAO quant au retour du démocratiquement élu Adam Barrow.

Il y a donc une nette différence tant qualitative que stratégique entre la CEDEAO et la CEMAC qui semble se complaire dans la crise centrafricaine, alors que le terrorisme apporte son lot de malheur sur une partie de l’Afrique Centrale (Tchad et Cameroun). Des bandits prennent en otage toujours une frange de la population centrafricaine, sous l’œil complaisant de la CEMAC. Et la crise centrafricaine dure et perdure, devient larvée, au point d’être pratiquement oubliée. Touadéra seul est au four et au moulin, face à un groupuscule de récalcitrants téléguidés depuis le Bénin et l’Ouganda. Les Humanitaires soufflent le chaud et le froid, sont tués, braqués et pillés au vu et au su de la CEMAC qui n’ignore pas du tout que la RCA n’a pas d’armée. L’Armée Nationale est en phase de reconstruction, de restructuration, de formation, de moralisation et de conscientisation. La Minusca n’est que l’ombre d’elle-même et personne n’est en mesure de dire à quand, la fin de la crise en Centrafrique.

Il n’y a que la CEMAC pour mettre un terme à la crise centrafricaine, si la volonté politique de ses dirigeants est franche, comme au sein de la CEDEAO qui vient de réussir avec brio la résolution de la crise électorale gambienne. Les Centrafricains ont souffert atrocement durant quatre ans, n’est-il pas temps d’abréger cette souffrance ? Le pays est totalement détruit par ceux-là mêmes qui jouent aux récalcitrants irréductibles est-ce normal ? La CEMAC peut-elle fonctionner avec un pays membre paralysé, réduit à l’extrême précarité, dont la population dépend aux trois quarts de l’Aide Humanitaire ? La CEMAC accorde-t-elle une grâce impériale à ces bandits de grand chemin, sans foi ni loi, sans âme ni conscience ? Le coup d’éclat de la CEDEAO doit inspirer les dirigeants de la CEMAC afin de dire « Trop, c’est trop ».

La Colombie et les FARC, la Syrie et ses multiples rebelles, entrent en négociation pour tenter de faire la paix. Or, en RCA, malgré la volonté opiniâtre affichée par Touadéra depuis son investiture, plus de treize groupes armés ont répondu à son appel. Touadéra a imprimé la non violence, et incrusté le dialogue en lettre d’or vis-à-vis des groupes armés. Il n’a pas de miracle à opérer pour restaurer la paix. Malgré l’assaut de Bruxelles pour soutenir financièrement le programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR), deux groupes armés proches de Djotodia et Bozizé ne veulent nullement entendre raison, que faire ? La balle est dans le camp de la CEMAC et de la Minusca.

 

Julien BELA

 

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