BRAS DE FER ENTRE YAHYA JAMMEH ET LA CEDEAO :

Mercredi 18 janvier 2016 : 12H18

BRAS DE FER ENTRE YAHYA JAMMEH ET ADAMA BARROW D’UNE PART, ET D’AUTRE PART ENTRE YAHYA JAMMEH ET LA CEDEAO : POURQUOI LES PRESIDENTS AFRICAINS NE RECONNAISSENT PAS LEUR DEFAITE ?

 

 

A l’approche de la fin du mandat de Yahya Jammeh, le président gambien sortant et de l’investiture du président entrant, Adama Barrow, élu démocratiquement par le peuple de la Gambie, la tension monte de part et d’autre. Et pourtant, à l’annonce des résultats de l’élection présidentielle qui a donné vainqueur l’opposant Adama Barrow, le président sortant qui a été battu par ce dernier, Yahya Jammeh l’a appelé au téléphone pour le féliciter. Ce qui prouve à suffisance qu’il a reconnu les résultats de ce scrutin présidentiel.

Chose curieuse, quelques jours après la publication des résultats officiels et cette reconnaissance par Yahya Jammeh, ce dernier, dans une allocution au peuple gambien, dit ne pas se reconnaître dans les résultats publiés. En un laps de temps, Yahya Jammeh a rejeté en bloc les résultats et a déposé des recours à la haute juridiction du pays. Quelle mouche l’avait piqué pour accepter au départ l’élection d’Adama Barrow à la tête de la Gambie ? Aujourd’hui, il bloque l’investiture du nouveau président élu, prévue pour le 19 janvier 2017. C’est ainsi qu’un bras de fer est ouvert entre Yahya Jammeh, président sortant et Adama Barrow, président entrant. Ce dernier se trouve présentement au Sénégal. D’après son conseiller sur la Radio France Internationale (RFI), il a clairement fait savoir que Adama Barrow sera investi en Gambie le 19 de ce mois. Est-ce possible au vu de ce qui se passe dans ce pays ? Yahya Jammeh acceptera-t-il de céder son fauteuil au président sortant ? Où se déroulera la cérémonie de l’investiture d’autant plus que Yahya Jammeh est encore plus fort car l’armée gambienne est avec lui ? Autant d’interrogations qui nous laissent perplexes.

De l’autre, on observe un bras de fer entre Yahya Jammeh et la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Les Chefs d’Etat de cette communauté Ouest-africaine font pression sur Yahya Jammeh afin qu’il accepte le verdict des urnes. Cette pression diplomatique ne semble pas trouver un écho favorable. Yahya Jammeh persiste et signe alors qu’il est lâché par ses pairs. Qu’adviendra-t-il dans les jours à venir ? Dieu seul le sait. En attendant, des tractations se poursuivent pour convaincre le président sortant à céder le pouvoir  au président entrant. C’est ainsi que le Maroc a dépêché quelques émissaires auprès de Yahya Jammeh pour le convaincre à abandonner le pouvoir et à s’installer au Royaume du Maroc. Acceptera-t-il ? Il le faut. Et c’est un impératif.

Pour votre gouverne, et d’après des sources  concordantes, l’option militaire, est envisagée au cas où Yahya Jammeh continue toujours de camper sur sa position. C’est vraiment regrettable pour l’Afrique. Dans ce cas de piètre figure, pourquoi les  présidents africains organisent des élections ? Qu’est-ce qui les pousse à ne pas reconnaître leur défaite ? Hier, c’était le président gabonais, Ali Bongo. Aujourd’hui, c’est Yahya Jammeh ?  A qui sera le prochain tour ? L’Afrique est vraiment mal partie. Pourquoi nous accusons toujours les puissances occidentales d’être à l’origine de nos malheurs ? Le mal africain, ce sont les africains eux-mêmes. Si l’option militaire est mise en œuvre pour éjecter Yahya Jammeh du pouvoir, nous pensons qu’il y aura des pertes en vies humaines. Allons-nous mettre ces tueries à l’actif des occidentaux ? Impossible, faux et archi-faux.

Tous les présidents africains qui s’accrochent mordicus au pouvoir sont des Sanguinaires. Ils ont peur de la justice. Car, quand ils sont au pouvoir, ils agissent comme bon leur semblent, foulant aux pieds les lois de leur pays.  Les exactions sur leurs concitoyens deviennent monnaie courante. Même les étrangers ne sont pas épargnés. De jour en jour, on entend par-ci, par-là des coups de feu. Et ceux qui meurent sous les  balles sont leurs compatriotes qui les ont portés à la magistrature suprême de l’Etat. Dans ce cas, faut-il continuer de leur faire confiance ? Cette époque est révolue. Si un président africain est battu dans les urnes, il doit impérativement reconnaître sa défaite au lieu de chercher des boucs émissaires. La démocratie, c’est le « pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Il est inadmissible et intolérable que les présidents battus aux élections ne reconnaissent pas les résultats des urnes.

Yahya Jammeh doit partir et céder son fauteuil le 19 janvier prochain à Adama Barrow. Il ne faut pas qu’il ait peur de la justice de son pays ou de la justice internationale, car elle est faite pour tout le monde. S’il n’a commis aucun crime durant son régime, nous ne voyons pas pourquoi il sera poursuivi. Il ne détient pas le titre foncier de la Gambie. Avant lui, il y avait un président. Après  lui, il y aura un autre, et ainsi de suite. Que les présidents africains qui organisent les élections acceptent le verdict des urnes quand ils sont battus pour ne pas ternir l’image de l’Afrique.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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