...Attaques contre des journalistes ...

Mardi 11.07.2017 : 11H03

RAPPORT D’ENQUETES DE l’onu :  Attaques contre des journalistes et de defenseurs des droits de l’homme

Des Ministres et d’autres hauts fonctionnaires ont fréquemment menacé des journalistes critiques à l’égard du gouvernement, ce qui a déclenché un mouvement de grève dans les médias. Qui plus est, des agents des forces de sécurité ont souvent harcelé, voire parfois menacé physiquement ou verbalement des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme. Des ONG nationales et internationales ont dénoncé de telles attaques. Plusieurs journalistes ont été arrêtés et condamnés à des peines de prison. Quelques incidents de ce type sont relatés ci-dessous :

Début janvier 2006, le rédacteur en chef du journal Le Citoyen, Maka Gbossokotto, a déclaré avoir été menacé par le Lieutenant Dogo, un soldat de la Garde présidentielle toujours en poste au sein des forces de sécurité en dépit de son limogeage officiel. Maka Gbossokotto avait rédigé un article sur les meurtres de Kapita et Sanzé.

Entre août 2006 et février 2007, la présidente de l’Organisation pour la compassion et le développement des familles en détresse (OCODEFAD), une ONG qui vient en aide aux femmes victimes de viol -, ainsi que plusieurs de ses enfants et membres de  l’ONG ont été attaqués et/ou menacés de mort par des agents du gouvernement et de  la sécurité. Le 1er décembre 2006, la fille de la présidente a été enlevée pendant plusieurs heures et victime d’une tentative de viol. Cédant aux pressions des autorités, le propriétaire de l’immeuble dans lequel se trouvait le siège de l’OCODEFAD a finalement expulsé l’organisation de ses locaux.

Le 22 novembre 2006, le Ministre des Mines, de l’Energie et de l’Hydraulique a dénoncé certains reportages et menacé de mort leurs auteurs, devant l’hôtel Oubangui. Des organes de presse ont observé huit jours de grève pour protester contre ces intimidations (PANA, Vers la fin de la grève des journaux centrafricains, 4 décembre 2006 ; PANA, SOS des défenseurs  des droits de l’homme au patron de l’ONU, 14 décembre 2006 ; Le Monde (AFP), La presse privée centrafricaine reconduit sa grève pour trois jours, 30 novembre 2006 (publié par Centrafrique Infos).

Le 13 décembre 2006, cinq organisations de la société civile - l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture et de la peine de mort (ACAT-République centrafricaine), l’Association des Femmes Juristes de Centrafrique (AFJC), la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme (LCDH), le Mouvement pour la Défense des Droits de l’Homme et Action Humanitaire (MDDH) et l’Observatoire Centrafricain des Droits de l’Homme (OCDH) - ont publié une déclaration condamnant « la situation de danger de mort dans laquelle se trouvent les défenseurs des droits de l’homme en Centrafrique ». Elles ont dénoncé les propos du Président Bozizé qui, le 1er décembre 2006, avait qualifié les défenseurs des droits de  l’homme de « protecteurs de criminels », « d’ennemis de la République » et de « politiciens déguisés ».

Le 25 août 2007, au milieu de la nuit, quatre hommes armés et non identifiés sont entrés chez le journaliste de la Radio Ndéké Luka, Zéphirin Kaya, et ont tiré sur sa famille qui s’était réfugiée à l’arrière de la maison en son absence.

Entre le 11 janvier et juin 2008, plusieurs journalistes ont été arrêtés par les autorités et, dans certains cas, condamnés à des peines d’emprisonnement pour diffamation. C’est ainsi qu’en janvier 2008, Faustin Bambou, le rédacteur du journal Les Collines de Bas-Oubangui, a été appréhendé après avoir rendu compte du détournement commis par deux ministres d’un montant d’environ sept milliards de francs CFA. En mars, Patrick Agoudou du journal La Plume a été arrêté et emprisonné pendant quatre jours  à  la  SRI  pour  avoir  publié  un  éditorial  sur  une  controverse  autour  de  la fédération nationale de football. En juin 2008, Ferdinand Samba, le rédacteur du journal Le Démocrate, a été convoqué trois jours de suite à la SRI où il a été interrogé à propos d’un article critique à l’encontre du Ministre de la Justice. Tous les trois ont fini par être libérés.

Le 16 juin 2008, Maître Goungaye Wanfiyo, avocat et président de la LCDH, a reçu des menaces de mort. Cette intimidation serait liée à l’arrestation de  Jean-Pierre Bemba le 25 mai 2008 suite à sa mise en inculpation par la CPI. Maître Wanfiyo représentait des victimes des atrocités commises par les éléments du MLC de Bemba en République centrafricaine fin 2002 et début 2003.

 

(Suite au prochain numéro)

MINUSCA

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

 
×