FAUT-IL ETRE MINISTRE OU DG POUR DEVELOPPER SON PROPRE PAYS ?

Vendredi 23/12/2016 : 10H14

FAUT-IL ETRE MINISTRE OU DG POUR DEVELOPPER SON PROPRE PAYS ? QUE FONT LES OPERATEURS ECONOMIQUES ET HOMMES D’AFFAIRES ?

L’Etat, pour bien fonctionner doit être structuré. D’où la mise en place des institutions républicaines composées du Chef de l’Etat, du président de l’Assemblée Nationale et des députés de la nation ainsi que du premier ministre, chef du gouvernement et des ministres. C’est la logique de la hiérarchisation de l’Etat dans tout pays au monde.

Un ministre est avant tout un agent de l’Etat, nommé par décret du président de la République sur proposition du premier ministre chef du gouvernement. A ce titre, le ministre est appelé à assumer la politique du gouvernement dans le département qu’il dirige. Et ce, dans l’intérêt général de la nation. C’est dans ce contexte que les départements ministériels travaillent en collaboration avec les structures tant nationales qu’internationales à l’exemple des groupement d’ONG nationales et internationales voire le secteur paraétatique. Cela témoigne qu’il faut une relation entre gouvernants et gouvernés allant dans le sens de la créativité et de la productivité pour asseoir la base d’un développement véritable. Malheureusement, le patriotisme n’est pas centrafricain. Pour beaucoup de personnes, il faut être soit fonctionnaire ou agent de l’Etat, soit ministre ou Directeur général d’une société d’Etat afin de travailler et développer son propre pays. Mais les réalités sur le terrain démontrent autres choses.

Chaque année, de futurs cadres sortent avec des diplômes d’études universitaires ou des écoles de formations professionnelles et n’arrivent plus à trouver du travail à faire car l’Etat n’a pas les moyens de les prendre en charge et donc de les intégrer si vite dans la fonction publique. C’est de cette manière que le chômage est toujours à la hausse en RCA. Or, nous avons aussi en RCA des hommes de valeurs à l’exemple des Opérateurs économiques et hommes d’affaires qui peuvent bien aider ces jeunes diplômés sans emploi à sortir de la souffrance et de la misère. Un opérateur économique à lui seul peut créer une entreprise, recruter les jeunes et les initier par la suite dans divers domaines : la maçonnerie, l’élevage de petits bétails (cabris, porcs, …), la menuiserie, le petit commerce, les activités génératrices de revenus. Ce faisant ainsi, il pousse les jeunes et notamment son pays à aller de l’avant. Mais c’est la volonté qui manque à nos opérateurs économiques et hommes d’affaires.

Certains hommes d’affaires et opérateurs économiques centrafricains préfèrent aller créer et investir dans d’autres pays, au détriment de leur propre pays. Nous connaissons des bailleurs centrafricains qui ont de grandes entreprises à l’étranger. Rien ne semble les émouvoir par rapport à la situation de leurs compatriotes ainsi que de leur pays. Or, ce ne sont pas les cadres qui manquent en RCA. Nous avons de futurs cadres, ressortissants des écoles de formations professionnelles à l’exemple de ceux de l’ISDR de Mbaïki et ceux de l’école des mines et de la géologie. Un collecteur de diamant, peut solliciter du gouvernement avec son appui la création d’une société d’Etat des mines pouvant permettre à ces jeunes de mettre en valeur ce qu’ils ont appris pour faire évoluer le pays. Est-ce le cas de la situation que nous vivons en RCA ? Combien d’opérateurs économiques ou hommes d’affaires ont au moins créer une entreprise en RCA ?

Si nous avons des hommes d’affaires et opérateurs économiques qui œuvrent comme le groupe KAMACH et l’ONG « ALIMA », la RCA pourrait déjà être largement en avance en terme de développement. Pour preuve, plusieurs ressortissants de la Faculté des Sciences et de la Santé (FACSS) sont recrutés par l’ONG « ALIMA » et mettent en valeur ce qu’ils ont appris à l’Université. Non seulement ils travaillent pour gagner leur pain quotidien, mais aussi pour réduire le taux de chômage endémique des jeunes. S’il faut penser toujours être ministre ou directeur général pour agir en faveur de son propre pays, comment sera la situation ?

Pourtant, nous connaissons des hommes d’affaires et opérateurs économiques qui gagnent mieux même que les ministres et directeurs généraux. Pourquoi alors ne songer que de devenir toujours ministre ou DG ? Est-ce pour l’honneur ? D’ailleurs pour être ministres ou DG, il faut de la compétence. A quoi bon nommé même un illettré ? Parce qu’il est riche ? La vie, c’est la complémentarité. C’est pourquoi, il y a toujours des hauts et des bas. Mais cela n’empêche personne de mettre en valeur ses connaissances et son savoir-faire au service de son pays. il est impensable de voir le peuple centrafricain mourir et souffrir de la famine, de la pauvreté, de la maladie, de la misère alors qu’il a tout. Retroussons les manches, travaillons durement pour le développement de notre pays comme l’a dit Barthélemy Boganda : « Le travail, unique voie de développement ». Hommes d’affaires, opérateurs économiques, bref peuple centrafricain, mettons la main à la pâte et nous progresserons.

 

Bénistant MBALLA

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