FAUT-IL DEMANDER LE DEPART DE LA MINUSCA OU LEUR RECADRAGE ?

Lundi 24 octobre 2016

FAUT-IL DEMANDER LE DEPART DE LA MINUSCA OU LEUR RECADRAGE ?

Minusca111Les derniers évènements douloureux survenus à Kaga-Bandoro, Ndomété, Kouango, Koui, Ngakobo, pour ne citer que ces villes, ont poussé les uns et les autres à faire des déclarations ou des réclamations à l’encontre des Casques Bleus de la Minusca. Car, les habitants des localités attaquées par les hommes en armes assimilés aux combattants Séléka, ont clamé haut et fort que la Minusca est complice des actes barbares commis par la Séléka et qu’elle est de connivence avec ce groupe politico-militaire. Les accusations portées sur les hommes de Parfait Onanga-Anyanga étaient si accablantes et graves car celles-ci peuvent être qualifiées de « non assistance aux personnes en danger ».

C’est ainsi que le Groupe de Travail de la Société Civile (GTSC), lors de la conférence de presse du 17 octobre 2016 à Bangui, a mis en cause les forces internationales dans les tueries, les massacres qui se sont déroulés dans les villes citées ci-haut et a demandé le départ pur et simple de la Minusca de notre pays. « Nous voulons le retrait de la Minusca de Centrafrique et que les responsables soient sanctionnés », a déclaré Gervais Lokosso, coordonnateur du GTSC. Et la rédaction de « Centrafric Matin » s’interroge ainsi : le GTSC a-t-il pris  des mesures nécessaires pour protéger les populations civiles au cas où la Minusca partirait, car les Forces de Défense et de Sécurité n’ont pas de matériels adéquats ? C’est bon de demander à la Minusca de quitter le territoire centrafricain pour leur passivité, leur immobilisme, leur inaction à protéger les populations civiles. Sur ce point, tout le monde sait que la Minusca a failli à sa mission de protection. Mais il faut d’abord s’assurer de la dotation en équipements militaires de nos Forces Armées Centrafricaines (FACA) pour tenir un tel langage. Le mieux serait de réclamer le départ des contingents au sein de la Minusca qui agissent de connivence avec les groupes armés et qui assistent sans réagir aux massacres des populations civiles.

Nous citons entre autres les contingents pakistanais, mauritanien, bangladeshi et tant d’autres qui brillent par leur incompétence, et qui ne respectent pas les principes d’impartialité, de neutralité dans la crise centrafricaine. Ce sont ceux-là que le GTSC doit demander leur départ. Car n’oublions pas que certains contingents font leur travail comme il se doit mais ce sont des mains invisibles que nous connaissons tous qui les empêchent parfois. Mais demander le départ de la Minusca en bloc, ce serait creusé notre propre tombe, le même jour où ces Casques Bleus doivent quitter le sol centrafricain. Car en l’absence de ces derniers, les groupes armés vont s’acharner comme des criquets dévastateurs sur la population centrafricaine toute entière. Exiger la levée de l’embargo sur les FACA et sur les armes à destination de la Centrafrique, sera un atout pour le gouvernement de procéder au réarmement des FACA et de les déployer sur toute l’étendue du territoire national. Si le GTSC, par la voix de son coordonnateur, Gervais Lakosso, persiste et signe pour la levée de l’embargo, nous pensons pour notre part que la paix et la sécurité que les Centrafricains réclament depuis fort longtemps, reviendront un jour en Centrafrique. Réclamer le départ de la Minusca aujourd’hui, c’est prêcher dans le désert. Il vaut mieux demander à la Minusca d’être appuyée par les FDS pour protéger les civils.

Le recadrage de certains contingents dans d’autres villes de nos provinces peut apporter un nouveau souffle aux populations et contribuer à la paix. Car, baser le contingent camerounais à la frontière centrafricano-camerounaise, c’est permettre aux militaires camerounais de grignoter une partie de notre territoire. Et c’est justement ce qui se fait d’ailleurs. De plus, mettre un contingent de la Minusca dont son pays est musulman dans une zone contrôlée par la Séléka, c’est favoriser la complicité de ces Casques Bleus avec ces hommes en armes. Il en est de même pour les Anti-Balaka où un contingent d’un pays à majorité chrétienne ne peut être basé dans leur zone. Si les responsables de la Minusca agissent de cette façon, nous osons espérer que les Casques Bleus pourraient faire leur travail normalement, en toute impartialité et neutralité.

Au cas où toutes ces mesures ne sont pas respectées par la Minusca, alors, en ce moment-là, nous pouvons réclamer leur départ. C’est vrai, nos compatriotes qui meurent comme des mouches, cela fait mal. Ça fâche. Mais comme nous n’avons pas nos propres moyens pour protéger nos compatriotes et défendre notre territoire, prenons notre mal en patience. Tôt ou tard, nous serons libérés par nos FDS et ces touristes militaires regagneront leur pays respectif.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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