DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES

Vendredi 30 juin 2017 : 10H51

DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES

UNE AFFAIRE DE MOTO TOURNE A L’AFFRONTEMENT INTERCOMMUNAUTAIRE AU SUD-EST DU PAYS

La tension reste toujours tendue entre les communautés à Zemio où des villages et habitations incendiés ont été enregistrés. Information confirmée par le RJDH par de sources administratives et locales.

Selon les témoignages,  tout est partie d’une dispute autour d’une moto entre deux hommes, dont l’un réclame la moto sans en avoir des pièces afférentes et l’autre se dit propriétaire aussi. Face aux disputes, l’avis des autorités judiciaires était sollicité. Mais en défaveur de celui qui croit toujours que c’est sa moto et cette affaire s’est transformée à un affrontement intercommunautaire.

Des villages, habitations et des lieux de culte ont été incendiés, selon le sous-préfet de Zemio Jacques Balétchima, « un jeune en provenance d’un village à 25 kilomètres de Zemio dont sa moto était tombée en panne voulait réparer au niveau de la ville. Un autre de la communauté musulmane a réclamé en disant que c’est sa moto mais n’avait pas apporté des preuves et cela après le verdict du parquet, s’est solder à un affrontement et des maisons et églises ont été brulées » a expliqué le Sous-préfet de Zemio Jacques Balétchima contacté par le RJDH.

Selon le constat du RJDH, l’ampleur de l’affrontement témoigne que les fusillades ne sont les conséquences d’un conflit latent. Certains parlent de la présence des hommes armés qui seraient venus de Bangassou avec l’appellation des Autodéfenses.

Cet affrontement intercommunautaire fait suite à la tension sécuritaire à Bria, l’est de la RCA à un jour après l’accord de cessez-le-feu de Saint ’Egidio le 19 juin dernier.

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 « NOTRE AMBITION, C’EST D’ETRE A LA HAUTEUR DES ATTENTES », SELON LE PROCUREUR ADJOINT DE LA CPS ALAIN OUABY-BEKAÏ

Le  Procureur adjoint de la Cour Pénale spéciale Alain Ouaby-Békaï, dans une interview accordée au RJDH a exprimé la détermination des membres nommés de la cette juridiction de travailler pour rendre justice en Centrafrique.

RJDH : Monsieur le Procureur spécial adjoint bonjour.

Alain Ouaby-Békaï : Bonjour.

Les principaux membres de la CPS sont nommés mais est ce que vous avez commencé à travailler ?

AOB : Merci pour l’intérêt que vous portez à la CPS qui est une chance pour notre pays. La CPS est en train de se mettre progressivement en place. Les membres nationaux et internationaux ont été nommés et le recrutement des officiers de police judiciaire est en cour et d’ici peu les membres de la cour vont prêter serment pour pouvoir effectivement démarrer les activités.

Le bâtiment qui devrait abriter cette instance judiciaire n’est pourtant pas encore libéré.

AOB : Certes, le bureau n’est pas encore libéré, mais un travail de déménagement est en cours. Pour le moment nous avons une salle dans laquelle nous nous réunissons pour travailler et je puis vous dire que les choses sont véritablement en train de se mettre en place.

La CPS a une compétence qui s’étale de 2003 à 2015 mais les organisations de la société civile exigent que le mandat soit étendu jusqu’en 2017. Cette exigence est-elle recevable ?

AOB : Nous sommes régis par les textes de la loi n° 15 de janvier 2015 qui fixe dans le temps l’objectif de la CPS. Ce sont des crimes les plus graves commis en Centrafrique dans la période de 2003 à 2015 qui intéressent la CPS. En tant que juges, on ne peut aller au-delà de ce que le législateur a fait, donc, on ne peut que se tenir à ce que les textes de loi ont dit. Notre ambition à la CPS, c’est d’être à la hauteur des attentes malgré les défis qui sont réels.

Vous pensez à quel défi ?

AOB : Le défi majeur est l’insécurité qui peut freiner l’élan de la CPS. Mais nous en sommes tous conscients, ce qui est un pas. Donc nous devons faire avec les réalités du terrain pour contourner les obstacles.

Monsieur, y a-t-il pas risque d’empiètement dans les relations entre la Cour Pénale Internationale, les tribunaux nationaux et la CPS ?

AOB : Cette question est la bienvenue. Les relations qui existent entre les juridictions sont toutes déterminées par la loi. Il ne peut pas avoir d’empiètement ni de chevauchement entre la CPS, la CPI et les juridictions nationales, parce que l’objectif de la CPS est ciblé. S’il y’a conflit entre la CPS et la CPI, la loi dit que la CPS va se dessaisir au profit de la Cour Pénale Internationale. De même, s’il y’a chevauchement entre les juridictions nationales et la CPS, la loi prévoit que celles-ci doivent se dessaisir au profit de la CPS. Donc, il n’y a pas d’inquiétude à ce niveau.

Cinq ans suffiront à la  CPS de faire tout le travail que la RCA attend d’elle ?

AOB : La cour pénale spéciale est limitée dans le temps. Si à l’expiration de ce mandat il y’a des matières à poursuite, je croie que l’organe compétent verra ce qu’il y’a lieu à faire.

RJDH : Je vous remercie

Alain Ouaby-Békaï : c’est moi qui vous remercie.

 

*****  RJDH ****

 

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