DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES

Mardi 20.06.2017 : 10H48

DEPECHE RJDH-RADIO COMMUNAUTAIRES

LA RENCONTRE DE ROME DIVERSEMENT APPRECIEE PAR LA CLASSE POLITIQUE

La classe politique apprécie diversement l’approche de la Communauté Sant-Egidio de convier les leaders politiques et des groupes armés à Rome pour rechercher la solution à la crise que traverse le pays. Positions exprimées lors des interviews accordées au RJDH par Joseph Bendouga  et Léa Mboua-Dounta ce 15 juin à  Bangui.

La contradiction exprimée autour de l’implication de la Communauté Sant-Egidio intervient dans un contexte où le dialogue politique exprimé par la classe politique devient de plus en plus une évidence. Plusieurs personnalités de la classe politique et représentant les groupes armés y compris les pouvoirs publics sont présentes à Rome deux ans après l’invitation des leaders politiques par cette communauté ayant permis l’organisation des élections groupées de fin 2015 et début 2016.

Joseph Bendounga, président du parti MDREC est sceptique et qualifie de mafia l’apport de Sant-Egidio. « Sant Egidio  est une sorte de mafia politique religieuse et c’est un centre qui est mis en place pour s’accaparer de la crise pour sa publicité  au détriment des acteurs de ce pays, toutes ses actions sont un coup d’épée dans l’eau », a-t-il précisé avant d’ajouter que. « Saint Egidio ne fait rien de bon. Nous n’avons besoin de personne. Nous avons juste besoin que le gouvernement doit réarmer nos FACA, C’est à nous centrafricains de faire sortir notre pays de cette crise et un accord signé ne changera pas la situation », a-t-il persisté.

Léa Mboua Doumta, présidente du Parti de l’Unité Nationale est optimiste et salue le travail de Sant-Egidio « la crise centrafricaine est trop profonde, il ne faut pas arrêter de diaboliser avec les gens, nous saluons le travail de la communauté Sant-Egidio qui fait un travail de lobbying auprès d’autres institutions telles que le Conseil de Sécurité des Nations-Unies, c’est grâce au plaidoyer de Sant-Egidio que le pape est venu en RCA, il est important de mettre à contribution les leaders politiques pour trouver une solution à la crise centrafricaine », a-t-elle indiqué.

Selon les investigations de RJDH, l’approche de Sant-Egidio fait suite à la volonté des pouvoirs publics à satisfaire la demande de la classe politique. Joseph Bindoumi, président du comité de suivi du forum de Bangui est favorable au dialogue tout en rejetant l’idée du partage de poste et de l’amnistie. « Conditionner la paix à un dialogue veut dire que c’est nous qui entretenons la violence et ce n’est pas ce dont le peuple a besoin au sortir de la transition avec le retour à l’ordre constitutionnel », a déclaré Joseph Bindoumi.

La Communauté Sant-Egidio s’est investie pour la réconciliation et la paix en République Centrafricaine. Elle a œuvré pour la libération du prêtre polonais kidnappé par le FDPC d’Abdoulaye Miskine. Son invitation à Rome des leaders politiques et des groupes armés s’inscrit dans le cadre d’un travail de suite pour la paix et la réconciliation après la venue du pape François dans ce pays.

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UN VILLAGE PROCHE DE NDELE OCCUPE PAR LES REFUGIES TCHADIENS

Des réfugiés tchadiens sont arrivés depuis une semaine au village Ambassala situé à 90 km de Ndélé, localité située au nord du pays. Ces réfugiés disent fuir les exactions des Zakawa, proches du régime d’Idris Deby Itno, présence qui inquiète les habitants de Ndélé.

Cette fuite vers la Centrafrique intervient dans un contexte où la sécurité transfrontalière se débat au Conseil de Sécurité des nations-Unies, alors que la frontière entre le Tchad et la Centrafrique est fermée depuis 2014 sur décision des autorités tchadiennes.

Selon les informations du RJDH, au moins 1000 personnes sont arrivées au village Ambassala. « Ces réfugiés sont venus du village Mambassa au Tchad. Ils fuient les exactions des Zakawa, qui les accusent de couper les bois en désordre et que leurs bêtes détruisent les champs », a rapporté une source locale qui est entrée en contact avec ces réfugiés.

Les informations du RJDH indiquent que plusieurs personnes seraient arrêtées, leurs maisons pillées, ce qui a poussé tout un village à rentrer en Centrafrique pour se mettre à l’abri des exactions.

De sources concordantes, les autorités locales de Ndele, accompagnées par la Minusca se sont rendues ce 15 juin dans ce village pour s’enquérir de la situation. Pour le moment, l’inquiétude plane parmi la population d’Ambassala qui demande aux autorités de sécuriser le secteur et la frontière.

Les habitants de Ndélé exigent la sécurisation du secteur alors que le Tchad, la Centrafrique et le Soudan ont mis en place une force tripartite pour la sécurité transfrontalière.

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LA CONNIVENCE FPCCD-SELEKA INQUIETE KINSHASA ET BANGUI

Il y a trois semaines, le Ministre des Affaires Etrangères de la RD Congo, Léonard She Okitundu était en Centrafrique. Après sa visite, trois membres du mouvement politico-militaire congolais, le Front du Peuple Congolais pour le Changement et la Démocratie (FPCCD), accusés de tentative de déstabiliser la RCA et aussi la RDC ont été arrêtés à Bangui. Leur chef, le Colonel John Tshibangu a bénéficié de passeport centrafricain délivré du temps de la Séléka.

Depuis le déclenchement de la rébellion Séléka et la suite des événements en Centrafrique, le pays est devenu le terreau par excellence où se rassemblent, groupes armés, mercenaires et contrebandiers du monde. C’est le cas d’une entente qui existerait entre le leader du FPCCD, l’ancien colonel John Tshibangu dont ses hommes ont été arrêtés il y a quelques jours à Bangui.

Inquiet de la présence des combattants du FPCCD à Bangui, Kinshasa a dépêché son Ministre des Affaires Etrangères de la RD Congo, Léonard She Okitundu à Bangui. Ensuite, les Forces de Sécurité Intérieure de la RCA ont arrêté vendredi dernier les sieurs Freddy Libeba et Alexandre Mitshiabu, notamment chargé des opérations et directeur du renseignement du FCCPD. Puis un troisième membre lundi dernier. Sur le troisième homme, le Ministre de la sécurité publique de la RCA, Jean Serge Bokassa a indiqué qu’« il s’est présenté comme leur comzone à Bambari, ce qui démontre une organisation présente dans des endroits sensibles ». Ces faits confirment la connivence entre des mouvements centrafricains, en l’occurrence l’ex-Séléka et des groupes étrangers venus de la RDC.

Bangui a révélé que Freddy Libeba procédait au recrutement des congolais en RCA et a signé une entente avec l’ex-Séléka en vue de mener des opérations en Centrafrique et en RDC.

Mais le leader du FCCPD, le Colonel dissident, John Tshibangu a nié tout rapprochement de son mouvement avec l’ex-Séléka et qu’il n’a aucun lien avec son N°2 Noureddine Adam. Pourtant, cet ancien officier congolais est titulaire d’un passeport centrafricain « au nom de Samuel Nguerefara » émis à Bangui le 21 août 2013 et « signé en personne par le ministre de la Sécurité et de l’Immigration de l’époque, un certain Noureddine Adam, la veille de son départ du gouvernement ». Petit à petit les voiles se lèvent sur les événements qui ensanglantent l’Est centrafricain et les méthodes pour plonger la RCA dans une crise confessionnelle.

Crise à dimension sous régionale

Loin l’idée de la théorie du complot, il faut admettre que les facteurs de la crise centrafricaine sont endogènes et exogènes. Avant, la possible entente entre l’ex-Séléka et la rébellion congolaise du FCCPD, le général soudanais Moussa Assimeh faisait la pluie et le beau temps à Bangui du temps de la Séléka. C’était sur négociation de Khartoum que le janjawid était rentré dans son village proche de Birao.

Un autre est aussi le chef de l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC), Ali Daras qui s’impose sur les terres centrafricaines à l’Est et jouit d’une liberté malgré ses nombreux crimes. C’est un ancien lieutenant du rebelle tchadien, Baba Ladé qui rackettait en Centrafrique. Il est en lutte avec le FPRC dont ses membres sont proches du Tchad.

Dans ce lot, des combattants tchadiens sont aussi enregistrés et se considèrent en terrain conquis soit du côté de l’UPC (Peulh) soit avec le FPRC. Tout comme les 3R, un autre groupe armé aux confins centrafricano-tchado-camerounais commandé par Sidiki. Aussi, tout comme la LRA établie à l’Est et au Nord de la RCA.

Si aujourd’hui, certains de ces mouvements armés n’inquiètent pas les pays d’origine de leurs chefs, néanmoins, ils constituent une bombe à retardement.

La RD Congo, qui ne dispose plus de contingent en Centrafrique ne peut que s’inquiéter de la présence de dissidents politico-militaires à son régime en RCA.

Cette épisode rappelle aux centrafricains l’axe Jean Pierre Bemba qui croupit à la Cour Pénale Internationale.

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BANGUI SE PREPARE POUR LE FORUM PANAFRICAIN DE LA JEUNESSE

10 pays qui ont connu la crise comme la Centrafrique seront représentés dans un Forum Panafricain prévu du 28 au 30 juin 2017 à Bangui. L’insécurité transfrontalière, l’éducation, l’entreprenariat, l’emploi des jeunes, la santé et les enfants enrôlés dans les groupes armés constituent le menu de cette rencontre africaine de Bangui.

Le Forum Panafricain s’inscrit dans le cadre du projet conjoint de réduction de la vulnérabilité des adolescents et des jeunes, appuyé par l’UNFPA et l’Unicef et qui vient clôturer les activités de ce projet, notamment l’analyse des besoins, les aspirations des jeunes et leurs talents d’adolescents et jeunes que le Conseil National de la jeunesse Centrafricaine (CNJ) a mis en œuvre.

La première vice-présidente du CNJ, Pamela Derom, parle d’une rencontre opportune pour les jeunes et pour le pays, « c’est un moment de partage d’expérience entre les jeunes des pays qui ont aussi connu les violences, comment ils s’en sont sortis et l’implication des jeunes centrafricains pour contribuer à la sortie de crise dans ce pays au travers d’autres expériences. C’est un moment opportun pour mettre en place une feuille de route pour la résolution des crises dans nos pays », a-t-elle présenté.

Dix (10) pays africains ont déjà confirmé leur participation à ce Forum. Pour Pamela Derom, deux jeunes représenteront leur pays, « tout est prêt, nous avons déjà pris des dispositions pour  accueillir nos hôtes », a-t-elle souligné.

Le Forum panafricain s’articule autour du thème : « La jeunesse face aux défis de l’insécurité transfrontalière, de l’intégration régionale et du développement socio-économique ». Un pré-forum entre les jeunes centrafricains est prévu avant celui qui réunira des jeunes africains, une première rencontre du genre après le retour à l’ordre constitutionnel le 30 mars 2016.

En Centrafrique, les jeunes sont considérés comme des acteurs et des victimes de la crise qui perdure dans le pays depuis 2013.

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LE TCHAD DECIDE D’ENQUETER SUR LES EXACTIONS COMMISES PAR SES SOLDATS EN RCA

Dans le rapport de la Commission des Nations-Unies pour les Droits de l’Homme et la Mission des Nations-Unies pour la Stabilisation de la Centrafrique (MINUSCA), l’Armée Tchadienne a été accusée d’exactions sur la population civile en Centrafrique. Après la dénonciation de cette accusation par le Tchad, il a ouvert le 16 juin une information judiciaire pour faire la lumière sur le comportement de ses soldats qui étaient déployés en République Centrafricaine.

Ainsi, le Garde des Sceaux et ministre de la Justice chargé des droits de l’Homme, le professeur Ahmat Mahamat Hassane a déclaré que le Tchad est un Etat de droit et «nous avons donc décidé d’ouvrir une information judiciaire qui nous permettra de déterminer si un ou des éléments des forces armées de défense et de sécurité serait impliqué dans les crimes graves reprochés et répertoriés dans ce rapport du haut-commissariat des Droits de l’Homme des Nations-Unies au niveau de la République sœur de la Centrafrique».

Concernant le rapport préliminaire incriminant les militaires tchadiens, Ahmat Mahamat Hassane a rappelé les démarches du Tchad pour démentir les allégations de la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU et de la Minusca. «Nous avons pris le temps de mettre en place une équipe d’experts qui doit travailler sur ce rapport et voir si certains éléments de l’armée tchadienne ont commis des exactions » a expliqué le Garde des sceaux avant d’ajouter que « le comité des experts est entrain de répondre point par point aux accusations portées dans la collectivisation de la faute contre le Tchad et les insinuations politiques de déstabilisation ».

Le mapping de l’ONU a documenté 620 crimes de 2003 à 2015. Publié le 30 mai, il rend coupable le contingent tchadien déployé en RCA en 2013 dans le cadre d’abord de la Force Multinationale de la CEEAC et de la Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique (MISCA).

*** RJDH ***

 

 

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